La chambre spécialisée près le tribunal de première instance de Sousse 1 a ordonné, vendredi 31 juillet 2026, la remise en liberté de l’ensemble des personnes placées en détention dans le cadre de l’affaire dite de « Henchir Enfidha », en faisant droit aux demandes déposées par leurs avocats.
Selon une source judiciaire citée par le correspondant de Diwan FM dans la région, la décision concerne tous les prévenus incarcérés dans ce dossier. Les investigations et la procédure judiciaire se poursuivront néanmoins jusqu’à leur terme, conformément aux dispositions légales.
Cette décision intervient au lendemain d’une importante mobilisation organisée à Enfidha par les proches des détenus. Jeudi, des manifestants avaient bloqué une route en incendiant des pneus et installé une tente sur un carrefour pour dénoncer la longueur de la procédure. Ils réclamaient un procès dans des délais raisonnables, affirmant que certains prévenus étaient détenus depuis près de vingt mois sans jugement. Les familles avaient également appelé le président de la République, Kaïs Saïed, ainsi que le ministère de la Justice, à intervenir afin d’accélérer l’examen du dossier.
L’affaire remonte à la visite effectuée par Kaïs Saïed au Henchir Enfidha, le 10 novembre 2024, à l’occasion de la Fête de l’arbre. Après avoir dénoncé des dégradations constatées sur ce domaine relevant de l’Office des terres domaniales (OTD), le chef de l’État avait demandé l’ouverture d’une enquête.
Quelques jours plus tard, le parquet près le tribunal de première instance de Sousse 2 avait confié les investigations à la brigade des recherches et des investigations de la Garde nationale d’Enfidha. L’enquête porte notamment sur les conditions d’organisation des adjudications publiques des récoltes d’olives et des arbres sur pied, ainsi que sur des soupçons de corruption, de blanchiment d’argent, d’atteinte aux biens publics et de détournement de fonds publics.
D’après les proches des prévenus, le dossier concerne 67 personnes, dont certaines comparaissaient déjà en liberté. Tout en affirmant soutenir la lutte contre la corruption, les familles dénoncent la durée de la détention provisoire et soutiennent que les exploitants agricoles avaient obtenu les parcelles dans le cadre d’adjudications publiques organisées par l’État et avaient réglé les sommes qui leur étaient réclamées.
M.B.Z












Commentaire
Roberto Di Camerino
Une preuve supplémentaire qu’il faut retirer au régime toute responsabilité dans la gestion des terres et des entreprises. Ces biens auraient dû rester entre les mains de leurs propriétaires légitimes, au lieu d’être confisqués puis offerts en cadeau à une armée de fonctionnaires incompétents, chargés de les « gérer ». L’histoire a démontré que lorsque l’État s’improvise entrepreneur et propriétaire, il ne produit que gaspillage, corruption, inefficacité et ruine.