Alors que le secteur du médicament en Tunisie traverse une période de fortes tensions, un groupe de 17 députés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a exprimé sa vive préoccupation face aux évolutions récentes liées à la révision des prix de certains médicaments. Dans un communiqué rendu public mardi 4 août 2026, les parlementaires ont signalé que cette question dépassait largement le cadre d’un simple ajustement financier ou administratif, estimant qu’elle touche directement à un droit fondamental : l’accès aux soins.
Les élus ont alerté notamment sur les conséquences que pourraient avoir ces mesures sur les citoyens, en particulier les patients atteints de maladies chroniques dont les traitements nécessitent une prise régulière et continue. Selon eux, toute décision susceptible d’alourdir la facture des médicaments risque d’avoir un impact immédiat sur des personnes qui ne peuvent ni reporter ni interrompre leurs traitements.
« La crise du médicament ne peut pas être réglée en affaiblissant le droit du citoyen aux soins », ont noté les signataires, qui refusent que le patient devienne « la partie qui paie le prix des dysfonctionnements accumulés ». Pour les députés, le médicament ne saurait être considéré comme une dépense optionnelle pouvant être réduite ou différée par les ménages, mais constitue une nécessité liée à la santé, à la dignité et à la sécurité des citoyens.
Reconnaissant l’existence de difficultés structurelles qui affectent depuis plusieurs années la chaîne du médicament en Tunisie, ils ont évoqué notamment les pressions financières et organisationnelles auxquelles sont confrontées la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT) ainsi que les différentes institutions intervenant dans le secteur.
Ils ont souligné que la garantie de la disponibilité des médicaments et la préservation de la sécurité médicamenteuse nationale représentaient une priorité qui fait consensus, considérant, toutefois, que les difficultés actuelles ne peuvent justifier des solutions qui feraient supporter aux citoyens le coût des déséquilibres du système.
Pour ces députés, l’origine de la crise ne réside pas uniquement dans la question des prix. Elle serait liée à un ensemble de facteurs nécessitant une réforme profonde touchant à la gouvernance du secteur, aux mécanismes de financement, aux relations entre les différents acteurs, à la situation des établissements publics, ainsi qu’au rôle joué par les caisses sociales.
Ils ont ainsi appelé à l’élaboration d’une véritable politique nationale du médicament capable de renforcer l’autonomie du pays et de garantir sa sécurité sanitaire.
Dans leur communiqué, les élus ont mis en garde contre les solutions financières provisoires qui, selon eux, risqueraient de déplacer le problème plutôt que de le résoudre, estimant qu’une approche limitée à la révision des prix pourrait simplement transférer la charge d’une institution à une autre, avant de finir par peser directement sur les citoyens.
« Une réforme qui ne protège pas le patient et ne garantit pas la continuité des traitements ne peut être considérée comme une réforme », ont-ils soutenu, appelant à traiter les causes profondes des déséquilibres plutôt qu’à adopter des mesures ponctuelles.
Les députés ont exigé également davantage de transparence dans les décisions relatives à la fixation des prix des médicaments. Ils réclament que les données et critères ayant servi de base aux décisions publiques soient accessibles à l’opinion publique, afin de garantir une meilleure compréhension des choix effectués.
Parmi leurs principales revendications, les signataires ont plaidé pour la mise en place de mécanismes de protection destinés aux patients les plus vulnérables, notamment les personnes souffrant de maladies chroniques et les catégories sociales à faibles revenus. L’objectif, selon eux, est d’éviter qu’une augmentation des coûts ne devienne une cause d’arrêt ou de limitation des traitements.
Ils ont appelé également à une réforme du financement de la Pharmacie centrale et des structures sanitaires afin d’assurer leur équilibre financier et leur pérennité. Dans le même temps, ils ont insisté sur la nécessité de soutenir davantage l’industrie pharmaceutique nationale et la production locale, considérées comme des leviers essentiels pour réduire les fragilités du système.
Les élus ont aussi exigé enfin que les décisions majeures concernant le secteur soient précédées d’une véritable concertation avec l’ensemble des acteurs concernés, notamment les professionnels de santé et les intervenants de la filière pharmaceutique.
Ils ont par ailleurs rappelé que la préservation des équilibres financiers de l’État ne pourrait être dissociée de la protection des droits sociaux. Pour eux, la réforme des secteurs en difficulté demeure nécessaire, mais elle ne doit pas transformer la maladie en une charge supplémentaire pour des familles déjà confrontées à des pressions économiques croissantes.
N.J












Commentaire
AHE
Il n y a rien qui fonctionne dans notre systeme. Absolument rien. Ce matin j ai appris le deces d une personne age de 68 ans. Elle etait hospitalisé en urgence suite à un coup soleil suivi par une perte de conscienc la semaine derniere. Premiere analyse une crise cardiaque. La personne ne peut plus marche. A peine elle peut bouger ses membres. ils l ont libere au bout de 2 jours et une nuit. Le rapport medical dit qu elle n a absolument rien bien qu elle est incapable de se deplacer et de s alimenter. Resultat elle est decede hier chez elle. J ai aucun mot. Je vous laisse commenter.