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« Ils ont changé le numéro de l’année et recyclé les mêmes promesses » : Imed Aouled Jebril étrille le gouvernement sur le PLF 2027

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    Le député Imed Aouled Jebril a violemment critiqué, mercredi 5 août 2026, les orientations du projet de Loi de finances (PLF) 2027 dévoilées la veille par la présidence du gouvernement. Dans un long réquisitoire publié sur les réseaux sociaux, l’élu estime que l’exécutif n’a fait que reprendre, presque mot pour mot, les engagements des années précédentes, sans présenter le moindre bilan des résultats obtenus.

    Mardi, la présidence du gouvernement avait annoncé les grandes lignes du futur budget 2027 à l’issue d’un conseil ministériel restreint. Le communiqué mettait en avant des priorités désormais familières : sécurité alimentaire, hydrique, énergétique et pharmaceutique, justice sociale, développement régional, investissement, emploi, transition numérique ou encore renforcement de l’autonomie économique.

    Pour Imed Aouled Jebril, ce document ne constitue pourtant pas une véritable feuille de route. « Ils ont seulement changé le numéro de l’année », ironise-t-il, estimant que le gouvernement « republie chaque année les mêmes promesses avec les mêmes formulations ».

    Le député reproche d’abord à l’exécutif de ne jamais rendre compte de l’exécution des précédentes lois de finances. Avant de présenter les orientations de 2027, affirme-t-il, le gouvernement aurait dû expliquer aux Tunisiens ce qui avait été promis en 2026, ce qui a effectivement été réalisé, ce qui a échoué, les montants dépensés, les raisons des échecs éventuels et les responsabilités engagées.

    Selon lui, le communiqué gouvernemental se limite à une accumulation de slogans sans les éléments indispensables à toute politique budgétaire. Il déplore l’absence de données chiffrées, d’objectifs mesurables, de calendrier, de projets identifiés ou encore de sources de financement. « Ce qui a été publié n’est pas une orientation pour la Loi de finances ; c’est un assemblage de formules que le citoyen veut entendre, auquel on a retiré toutes les informations qu’il devrait connaître », écrit-il.

    L’élu s’interroge ainsi sur les principaux indicateurs macroéconomiques qui, selon lui, auraient dû accompagner cette présentation : prévisions de croissance, inflation, déficit budgétaire, niveau de la dette publique, besoins de financement, hypothèses retenues sur le prix du pétrole, coût des subventions ou encore volume des investissements publics.

    Il relève également une contradiction entre le communiqué officiel, qui affirme que la ministre des Finances a présenté un exposé détaillé sur l’exécution du budget 2026 et les hypothèses de celui de 2027, et les informations effectivement rendues publiques. « Les Tunisiens n’ont pas vu un seul chiffre de cette présentation détaillée », souligne-t-il, se demandant si ces données existent réellement ou si elles ont été volontairement écartées du communiqué.

    « L’autonomie ne se décrète pas »

    Imed Aouled Jebril cible également le discours gouvernemental sur « l’autonomie » et le « recours aux capacités nationales ». Il rappelle que le budget 2026 repose sur d’importants besoins de financement et qu’une part considérable des dépenses est consacrée au service de la dette. Dans ces conditions, il demande comment l’État entend financer simultanément la réduction du déficit, le soutien au pouvoir d’achat, la relance de l’investissement, la création d’emplois et la réforme des entreprises publiques.

    L’élu multiplie les interrogations : le gouvernement compte-t-il augmenter les impôts, réduire les subventions, emprunter davantage sur le marché intérieur ou extérieur, solliciter de nouveaux financements de la Banque centrale ou encore intensifier le recouvrement fiscal ? À ses yeux, aucune réponse n’est apportée.

    Il juge également peu crédibles les annonces relatives à l’amélioration du pouvoir d’achat, estimant que le gouvernement n’explique ni comment il compte freiner la hausse des prix, ni de quelle manière les revenus et les pensions seraient protégés contre l’inflation.

    Même constat, selon lui, pour le développement régional, l’emploi ou l’investissement. Il dénonce des annonces sans liste de projets, sans enveloppes budgétaires, sans calendrier et sans objectifs chiffrés, alors que les entreprises continuent, dit-il, de souffrir des difficultés d’accès au financement, de la lourdeur administrative, de la fiscalité et des blocages réglementaires.

    Le député critique également le traitement réservé aux entreprises publiques, dont la réforme est annoncée depuis plusieurs années sans programme détaillé, sans estimation des coûts ni calendrier de mise en œuvre. Il estime que parler de restructuration sans plan précis revient simplement à « repousser l’échec ».

    Enfin, il reproche au gouvernement d’invoquer dès à présent les tensions internationales, les perturbations des chaînes d’approvisionnement ou encore les changements climatiques. Pour lui, l’exécutif prépare déjà les justifications d’éventuels échecs futurs au lieu de présenter les solutions qu’il entend mettre en œuvre.

    Dans sa conclusion, Imed Aouled Jebril affirme qu’une loi de finances ne peut se résumer à un exercice de communication. Selon lui, elle constitue un contrat entre l’État et les citoyens, qui doit préciser comment les ressources seront mobilisées, comment elles seront dépensées et quels résultats devront être atteints. À défaut d’un tel exercice de transparence, estime-t-il, le gouvernement « a seulement changé le numéro de l’année et republié les mêmes promesses », sans démontrer les résultats des budgets précédents.

    R.B.H

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    Commentaire

    1. A4

      Répondre
      6 août 2026 | 11h06

      Le train est mal aiguillé !

      LE TRAIN
      Ecrit par A4 – Tunis, le 24 Septembre 2021

      Ils peuvent nous dire et répéter
      Que notre beau train roule et progresse
      Mais il est facile de constater
      Qu’il lance des signaux de détresse
      Que sa mécanique fait des ratés
      Se déglingue et perd toutes ses pièces

      Ils peuvent prétendre qu’il avance
      Qu’il fonce même et qu’il s’emballe
      Qu’il a enfin trouvé sa cadence
      Qui le mènerait vers les étoiles
      Qu’il nous suffit d’un peu de patience
      Pour parvenir à notre idéal

      Ils peuvent tenter des acrobaties
      Nous dire que le nouveau conducteur
      Est le prince de l’orthodoxie
      Malgré son allure d’usurpateur
      Que nous devons tous rester assis
      Et laisser faire le libérateur

      Mais notre beau train est à l’arrêt
      Et vains sont les petits bricolages
      Il n’est pas apte à démarrer
      Il est sur une voie de garage
      Nous voilà hélas très mal barrés
      C’est encore une erreur d’aiguillage !

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