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Office Plast se donne les moyens de ses ambitions : augmentation de capital, emprunt obligataire et recherche d’un partenaire stratégique

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Par Imen Nouira

    Après plusieurs années marquées par la pandémie de Covid-19, la flambée des coûts des matières premières, la guerre en Ukraine puis l’incendie ayant touché son usine en 2025, Office Plast engage une restructuration financière destinée à relancer sa croissance. À l’occasion d’une communication financière organisée mercredi 5 août 2026, la société a détaillé un plan articulé autour d’une augmentation de capital, d’un futur emprunt obligataire, d’une ligne de crédit internationale et de la recherche d’un partenaire stratégique.

    Office Plast a présenté, mercredi 5 août 2026 à l’hôtel Novotel Tunis Lac II, les modalités de son augmentation de capital ainsi que les principaux axes de son plan de financement et de développement. La communication financière, animée par le directeur général de la société, Yassine Abid, a également permis de faire le point sur les discussions engagées avec plusieurs investisseurs étrangers, les projets d’investissement envisagés ainsi que les perspectives de croissance du groupe.

    Le dirigeant est revenu sur les difficultés traversées par l’entreprise au cours des cinq dernières années, rappelant les conséquences successives de la pandémie de Covid-19, des perturbations des chaînes d’approvisionnement, de la flambée des prix des matières premières et de l’énergie provoquée par la guerre en Ukraine, avant l’incendie ayant touché le stock de produits finis en 2025.

    « Face à cela, nous avions deux défis à relever. Le premier est de rétablir l’équilibre financier de la société. Le second est de reprendre les projets de développement afin de renouer avec la croissance que nous avons connue durant les premières années de l’entreprise », a expliqué Yassine Abid.

    La société avait clôturé l’exercice 2025 sur une perte nette de 1,41 million de dinars, principalement en raison des conséquences de cet incendie, avec une trésorerie nette négative de 11,54 millions de dinars.

    Une augmentation de capital de 7,33 MDT pour renforcer les fonds propres

    La première partie de la communication a été consacrée aux modalités techniques de l’opération, présentées par Myriam Ben Osman, Private Equity Investment Analyst chez Maxula Gestion.

    Décidée par l’Assemblée générale extraordinaire du 29 avril 2026, l’opération prévoit une augmentation globale du capital de 7.331.082 dinars, qui portera le capital social d’Office Plast de 14.662.164 dinars à 21.993.246 dinars.

    Elle sera réalisée en deux phases successives.

    La première consiste en une augmentation de capital en numéraire de 3.665.541 dinars, par l’émission de 3.665.541 actions nouvelles proposées au prix de 1,640 dinar par action, soit un dinar de valeur nominale et 0,640 dinar de prime d’émission. Le produit brut de cette émission s’élèvera à 6.011.487 dinars.

    Les anciens actionnaires bénéficieront d’un droit préférentiel de souscription à raison d’une action nouvelle pour quatre actions anciennes. La période de souscription est ouverte du 5 au 19 août 2026. En cas de reliquat, une redistribution des actions non souscrites est prévue du 28 août au 1er septembre 2026.

    La seconde phase, conditionnée à la réalisation intégrale de la première, prendra la forme d’une augmentation de capital par incorporation de réserves de 3.665.541 dinars, donnant lieu à l’attribution gratuite de 3.665.541 actions nouvelles, à raison d’une action gratuite pour cinq actions anciennes et nouvelles souscrites. Le droit d’attribution sera exercé à compter du 10 septembre 2026.

    Les nouvelles actions, qu’elles soient souscrites en numéraire ou attribuées gratuitement, porteront jouissance en dividendes à compter du 1er janvier 2026.

    L’opération est conduite avec Maxula Bourse, en qualité d’intermédiaire en Bourse chargé de l’opération.

    Cette augmentation de capital vise à renforcer les fonds propres de la société, améliorer sa trésorerie, réduire son endettement, améliorer sa capacité d’autofinancement et restaurer pleinement sa capacité de production.

    La Bourse comme levier de restructuration financière

    Les engagements recueillis couvrent déjà l’intégralité des 6.011.487 dinars correspondant au montant à lever lors de la première phase. Ils proviennent d’un engagement personnel de Yassine Abid, à hauteur de trois millions de dinars, de deux millions de dinars apportés par des FCPR gérés par Maxula Gestion et de 1.011.487 dinars provenant de FCP gérés par Maxula Bourse.

    Le directeur général de Maxula Bourse, Raouf Aouadi, a indiqué que ces engagements avaient été réunis avant même l’ouverture de la souscription afin de sécuriser l’opération, tout en rappelant que les actionnaires conservaient naturellement leur droit préférentiel de souscription. Il a précisé que Yassine Abid avait lui-même mobilisé deux crédits bancaires de 1,5 million de dinars chacun pour financer sa participation à l’opération.

    Au-delà de l’opération elle-même, Raouf Aouadi a souligné que cette augmentation de capital illustrait l’un des rôles essentiels du marché financier : accompagner la restructuration financière d’entreprises confrontées à des difficultés conjoncturelles mais disposant d’un potentiel de développement.

    « Le rôle de la Bourse est aussi de financer les restructurations financières », a-t-il déclaré, estimant que l’opération d’Office Plast constituait, selon son expérience, la deuxième restructuration financière de ce type réalisée sur le marché boursier tunisien après celle de Carthage Cement.

    Un plan de financement à plusieurs leviers

    L’augmentation de capital ne constitue toutefois que le premier volet d’un dispositif financier plus large destiné à accompagner le redressement de la société et à financer son développement.

    « Nous n’avons pas mis tous nos œufs dans le même panier », a résumé Yassine Abid, expliquant que l’entreprise avait volontairement multiplié les pistes de financement afin de ne pas dépendre d’un seul scénario.

    Le directeur général a rappelé que le plan de développement présenté lors de la précédente communication financière, en février 2026, nécessitait une levée de fonds de vingt millions de dinars.

    Pour y parvenir, Office Plast mise sur plusieurs leviers complémentaires. Le premier est la présente augmentation de capital. Le deuxième consiste en un emprunt obligataire de dix millions de dinars, qui devrait être lancé dès la clôture de l’opération en cours.

    « Dans le cas où il n’y aurait pas d’avancement clair dans la recherche des partenaires stratégiques, nous allons boucler notre schéma de développement avec l’emprunt obligataire », a expliqué Yassine Abid, précisant que cette opération devrait être finalisée avant la fin de l’année 2026.

    La société a également obtenu un accord de principe pour une ligne de crédit d’un million d’euros sur une ligne de la Banque africaine de développement (BAD), via la BH Bank.

    Selon le management, ce financement, destiné principalement à l’achat de matières premières importées, présente un coût sensiblement inférieur à celui d’un financement bancaire classique.

    Interrogé sur le risque de change, Yassine Abid a expliqué que près de 70% des exportations de la société étaient réalisées en euros. Les achats financés par cette ligne seraient ainsi remboursés grâce aux recettes en devises de l’entreprise, limitant l’exposition aux fluctuations du taux de change.

    Trois fonds étrangers encore en discussion

    Parallèlement, Office Plast poursuit ses discussions en vue de faire entrer un partenaire stratégique à son capital.

    La société avait initialement approché cinq investisseurs potentiels. Trois fonds d’investissement étrangers poursuivent aujourd’hui l’étude du projet.

    Yassine Abid a expliqué que certains fonds n’envisageaient d’intervenir qu’à partir de projets d’une ampleur plus importante, ce qui a conduit Office Plast à élaborer un scénario de développement reposant sur une levée de cinquante millions de dinars.

    Raouf Aouadi a précisé que l’un de ces fonds se trouvait aujourd’hui à un stade plus avancé des discussions. Il a indiqué qu’une réponse était attendue d’ici septembre et que, si un accord était conclu, la société en informerait le Conseil du marché financier et le marché conformément à ses obligations de communication. Il a rappelé que la société ne faisait pas reposer son plan de développement sur cette seule option.

    En cas d’échec des discussions, Office Plast compte poursuivre son programme grâce au montage alternatif reposant sur l’augmentation de capital, l’emprunt obligataire et la ligne de crédit internationale. Les partenaires financiers recherchés interviendraient sous forme de participation au capital, avec un horizon d’investissement d’environ cinq ans avant une éventuelle sortie.

    Le business plan du prospectus et les trois scénarios de développement

    Yassine Abid a tenu à distinguer le business plan figurant dans le prospectus visé par le Conseil du marché financier des scénarios de développement présentés par la société.

    Le business plan intégré au prospectus repose uniquement sur l’augmentation de capital actuellement en cours. Il n’intègre ni l’emprunt obligataire de dix millions de dinars, ni la ligne de crédit internationale, ni l’entrée éventuelle d’un partenaire stratégique. Il table ainsi sur une progression du chiffre d’affaires de 34,33 millions de dinars en 2025 à 58,96 millions de dinars en 2030, soit un taux de croissance annuel moyen de 11,11%. Raouf Aouadi a précisé qu’un nouveau business plan serait présenté lors du lancement de l’emprunt obligataire afin d’intégrer cette nouvelle étape du financement.

    Le premier scénario de développement, présenté lors de la communication financière de février 2026, demeure le scénario de référence de la société. Il repose sur une levée de fonds de vingt millions de dinars destinée à financer des investissements industriels, énergétiques et de sécurité. Selon les objectifs présentés par le management, ce scénario vise, à l’horizon 2030, un chiffre d’affaires d’environ 88 millions de dinars, un EBITDA de treize millions de dinars et un résultat net de neuf millions de dinars.

    Les discussions engagées avec certains fonds ont toutefois conduit Office Plast à élaborer un second scénario de développement. Fondé sur une levée de cinquante millions de dinars, il projette, à l’horizon 2030, un chiffre d’affaires consolidé de 113 millions de dinars, un EBITDA de 19 millions de dinars et 45 millions de dinars de ventes à l’export. Selon Yassine Abid, cette seconde hypothèse permettrait d’accélérer le développement du groupe, notamment à travers la diversification industrielle et commerciale.

    Automatisation, énergie et diversification

    Dans le scénario de référence, les investissements seraient concentrés sur trois axes. Le premier concerne la modernisation de l’outil industriel, avec l’automatisation des lignes de production, l’amélioration de la productivité, la réduction du taux de déchets et le renforcement de la sécurité. Le deuxième porte sur la transition énergétique. Office Plast prévoit un investissement d’environ 2,5 millions de dinars combinant cogénération et photovoltaïque. La société estime que ce projet, qui dépend encore de l’accès au gaz naturel, pourrait réduire sa facture énergétique — actuellement de près de 1,8 million de dinars par an — d’au moins un million de dinars par an. Interrogé sur les nouvelles exigences liées à l’empreinte carbone, Yassine Abid a indiqué que cet investissement devait également permettre à l’entreprise de répondre aux normes attendues sur ce plan. Le troisième axe concerne le développement des filiales.

    Dans le scénario de cinquante millions de dinars, environ treize millions de dinars seraient consacrés à Office Distribution et au développement de la marque Purple, notamment à travers la construction d’une plateforme logistique moderne, le renforcement des capacités de stockage, des moyens de transport et du fonds de roulement.

    Le solde serait affecté à la modernisation industrielle ainsi qu’à la diversification dans les emballages plastiques (films étirables, films agricoles, films thermorétractables et plaques en polypropylène) et dans les fournitures scolaires et bureautiques en papier et carton, telles que les chemises, enveloppes, registres, blocs-notes et cahiers. Cette diversification vers le papier permettrait à la société de fournir à ces clients bureautiques une gamme plus diversifiée, a expliqué le DG en réponse à une interrogation de Business News sur ce choix.

    Une activité en reprise, mais encore freinée par les contraintes financières

    La direction a également présenté les indicateurs arrêtés au 30 juin 2026. Au premier semestre, Office Plast a réalisé un chiffre d’affaires de 17,99 millions de dinars, en hausse de 5% par rapport à la même période de 2025. Les ventes sur le marché local ont progressé de 9%, tandis que les exportations ont augmenté de 3%.  La production en valeur s’est établie à 18,91 millions de dinars (+5%), représentant près de 37 millions de pièces produites (+6%).

    Parallèlement, l’endettement global a reculé de 3%, à 18,65 millions de dinars, tandis que les investissements réalisés au cours du semestre se sont limités à 191.110 dinars, en baisse de 71%.

    Yassine Abid a reconnu que ces performances demeuraient inférieures aux objectifs fixés pour 2026, principalement en raison des contraintes financières.

    « Une fois que nous avons le cash, nous achetons mieux et au bon moment », a-t-il expliqué, estimant que le renforcement de la trésorerie permettrait d’améliorer la marge brute grâce à des achats de matières premières réalisés lors des périodes les plus favorables du cycle des prix.

    Le dirigeant a également fait le point sur le projet marocain du groupe. La filiale locale poursuit actuellement son activité de transformation à partir de films PVC produits en Tunisie. Office Plast souhaite désormais acquérir 50% de son capital et a déposé une demande auprès de la Banque centrale de Tunisie afin d’obtenir l’autorisation de transférer les fonds nécessaires.

    À terme, cette implantation doit permettre au groupe de renforcer sa présence sur le marché marocain, présenté comme quatre fois plus important que le marché tunisien, avant d’accélérer son développement en Afrique de l’Ouest.

    Au-delà de cette augmentation de capital, Office Plast a surtout présenté une feuille de route destinée à restaurer durablement son équilibre financier et à relancer sa croissance. Entre restructuration financière, emprunt obligataire, recherche d’un partenaire stratégique et diversification de ses activités, la société entend retrouver la dynamique qui avait marqué ses premières années de développement.

    I.N.

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