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Tensions en Libye : Mostafa Abdelkebir alerte sur les risques sécuritaires et la situation des Tunisiens aux frontières

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    Le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme, Mostafa Abdelkebir, a mis en garde contre le retour des tensions et des affrontements armés dans l’ouest de la Libye, soulignant que les zones de conflit se rapprochent dangereusement de la frontière tunisienne.

    Il est revenu, mercredi 5 août 2026, au micro de Hatem Ben Amara dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM, sur les derniers développements sécuritaires en Libye, il a rappelé que le pays est dirigé depuis 2021 par un gouvernement d’unité nationale, mis en place dans le cadre d’un processus de transition devant conduire à des élections. Toutefois, ce scrutin n’a jamais eu lieu, laissant perdurer les divisions politiques et militaires.

    Selon lui, les affrontements se concentrent principalement dans la région de Zaouïa, située à environ 90 kilomètres de la frontière tunisienne. Cette zone revêt une importance stratégique majeure en raison de la présence d’importantes infrastructures énergétiques, notamment la raffinerie de Zaouïa ainsi que le complexe gazier de Mellitah. Le littoral occidental libyen constitue également une zone d’influence de plusieurs groupes armés ainsi que de réseaux de trafic, ce qui accentue les rivalités sur le terrain.

    Mostafa Abdelkebir a expliqué que les combats opposent différentes milices affiliées au gouvernement d’unité nationale et au Conseil présidentiel. L’objectif de ces affrontements serait de redéfinir les rapports de force et de reprendre le contrôle d’une région considérée comme essentielle sur les plans économique et sécuritaire. Selon lui, celui qui contrôle la région de Zaouïa contrôle de facto une grande partie des infrastructures pétrolières de l’ouest du pays, notamment les installations de raffinage et d’exportation du pétrole.

    Il a également évoqué la situation de la prison de Surman, indiquant que des détenus auraient été libérés dans le contexte des affrontements, un développement susceptible d’aggraver davantage l’instabilité sécuritaire. Les combats auraient, en outre, été marqués par l’utilisation d’armes sophistiquées, notamment de drones.

    Au-delà des préoccupations sécuritaires, le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme a lancé un appel aux autorités tunisiennes concernant les conditions de passage aux postes-frontières avec la Libye. Il a dénoncé une situation qu’il qualifie d’« atteinte à la dignité du citoyen tunisien », affirmant que de nombreux voyageurs restent bloqués dans leurs véhicules pendant plusieurs jours, parfois jusqu’à quatre jours, sous une chaleur accablante, en raison des longues files d’attente et de la lenteur des procédures.

    Qualifiant cette situation d’« inacceptable », Mostafa Abdelkebir a appelé le gouvernement tunisien à engager rapidement un dialogue avec les autorités libyennes afin de trouver des solutions durables aux difficultés rencontrées aux frontières. Selon lui, seules des mesures structurelles et une coordination bilatérale permettront de fluidifier le passage des personnes et d’éviter que ces scènes ne se répètent à chaque regain de tension en Libye.

    R.A.

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