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Mohamed Nekhili : la baisse de l’inflation ne signifie pas que les difficultés ont disparu

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    La baisse du taux d’inflation en Tunisie ne signifie pas pour autant que les difficultés liées au coût de la vie ont disparu. C’est en substance le constat dressé par Mohamed Nekhili, enseignant en droit bancaire, lundi 10 août 2026, au micro de Habib Jegham dans l’émission « Yaoum Saïd » sur la Radio nationale.

    Intervenant sur les dernières données de l’Institut national de la statistique (INS), Mohamed Nekhili a également évoqué la situation de l’eau en bouteille et les coupures d’eau, estimant que les tensions actuellement observées dans plusieurs régions nécessitent davantage de contrôle de la part des autorités.

    Selon lui, la situation de pénurie d’eau embouteillée ne saurait être expliquée uniquement par une insuffisance de l’offre. « Nous avons suffisamment d’eau en bouteille, cela ne permet pas d’expliquer la pénurie que nous constatons », a-t-il estimé, faisant notamment référence aux difficultés d’approvisionnement observées dans plusieurs régions.

    L’enseignant a appelé, dans ce contexte, les services de contrôle du ministère du Commerce à intervenir davantage afin de lutter contre les pratiques d’accaparement et les éventuelles formes de spéculation.

    Mohamed Nekhili a également établi un lien entre cette situation et les coupures d’eau enregistrées dans certaines régions. Il a notamment renvoyé à la situation de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede), estimant que les interruptions de l’approvisionnement en eau potable contribuent à accroître la pression sur la demande en eau embouteillée.

    Revenant sur les chiffres publiés par l’INS le 5 août 2026, Mohamed Nekhili a rappelé que le taux d’inflation s’est établi à 5,1% en juillet, poursuivant ainsi son ralentissement pour le troisième mois consécutif.

    Après avoir atteint 5,5% en mai, puis 5,3% en juin, l’inflation est ainsi revenue à 5,1% en juillet. Cette évolution traduit, selon l’enseignant, non pas une baisse générale des prix, mais un ralentissement de leur rythme d’augmentation.

    Cette distinction est importante, lorsque l’inflation diminue, cela ne signifie pas nécessairement que les prix baissent. Cela signifie que les prix continuent d’augmenter, mais moins rapidement qu’auparavant.

    Le ralentissement observé en juillet est notamment lié à l’évolution du groupe « Alimentation et boissons », dont les prix ont progressé de 6,6% sur un an, contre 7,1% en juin. Malgré ce ralentissement, plusieurs produits de première nécessité affichent toujours des hausses importantes.

    Selon les données de l’INS, les prix de la viande ovine ont augmenté de 16,7% sur un an, ceux des fruits frais de 13,8%, de la viande bovine de 13,7%, de la volaille de 12,5% et des poissons frais de 11,6%. À l’inverse, certains produits ont enregistré une baisse, notamment les huiles alimentaires, dont les prix ont diminué de 4,9%, et les œufs, en recul de 3,8%.

    Pour Mohamed Nekhili, le ralentissement global de l’inflation ne doit donc pas masquer la réalité vécue par les ménages. La persistance de prix élevés pour plusieurs produits essentiels continue de peser sur le pouvoir d’achat.

    Les autres composantes de l’indice des prix affichent également des progressions significatives. Les prix des produits manufacturés ont augmenté de 4,7% sur un an, principalement sous l’effet de la hausse des prix des produits d’habillement et des chaussures, qui progressent de 9,1%, ainsi que des produits d’entretien courant du foyer, en hausse de 4,7%.

    Du côté des services, l’augmentation atteint 4,3% sur un an. Les services d’hébergement enregistrent notamment une forte progression de 16,6%, dans un contexte marqué par le pic de la saison touristique. L’inflation sous-jacente, qui exclut les produits alimentaires et l’énergie, a pour sa part reculé à 4,8% en juillet, contre 4,9% en juin.

    Cette évolution s’explique notamment par la hausse de 1,4% des prix du groupe « Restaurants et hôtels », ainsi que par l’augmentation de 0,7% des prix des groupes « Santé » et « Loisirs et culture ».

    À l’inverse, les prix du groupe « Alimentation et boissons » ont diminué de 0,6% sur un mois. Cette baisse est principalement liée au recul des prix des légumes (-2,9%), de la viande ovine (-1,8%), de la volaille (-1,3%) et des œufs (-0,7%). Les prix des fruits ont toutefois augmenté de 1,9%.

    Selon l’INS, les produits manufacturés et les services demeurent les principaux contributeurs à l’inflation globale, avec respectivement 1,8 point et 1,4 point de contribution.

    Ainsi, si les statistiques montrent une poursuite du ralentissement de l’inflation, Mohamed Nekhili appelle à ne pas perdre de vue les difficultés qui persistent dans le quotidien des ménages. Entre le prix de plusieurs produits alimentaires, la pression sur le pouvoir d’achat et les difficultés d’accès à l’eau potable et à l’eau embouteillée dans certaines régions, la baisse de l’inflation reste encore loin de se traduire par une amélioration uniforme du quotidien des Tunisiens.

    R.A

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    Commentaire

    1. Citoyen_H

      Répondre
      10 août 2026 | 16h35

      PARLER POUR BRASSER DU VENT

      Ken famma inflation, ya wi7
      Ken ma famméch inflation, ya wi7ine.
      Accordez vos violons et soyez un peu sérieux de temps à autre !

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