La Tunisie devrait maintenir une croissance économique modérée en 2026, avec un taux estimé à 2,6%, avant une légère accélération à 2,7% en 2027. C’est ce qui ressort du dernier rapport du Fonds monétaire arabe consacré aux perspectives de l’économie arabe pour l’année 2026.
Selon les prévisions du Fonds, l’économie tunisienne devrait bénéficier en 2026 de l’amélioration de la valeur ajoutée dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, les industries agroalimentaires ainsi que les industries mécaniques et électriques. La reprise de l’activité dans les services, particulièrement ceux liés au tourisme, devrait également contribuer à soutenir la croissance.

Dans le secteur agricole, les autorités ont renforcé plusieurs mesures destinées à améliorer la sécurité alimentaire et l’approvisionnement. Ces mesures concernent notamment les capacités de stockage ainsi que le soutien aux semences et aux engrais, parallèlement à des réformes du système de distribution.
Sur le plan monétaire, la Banque centrale de Tunisie a maintenu une politique prudente face aux pressions inflationnistes. Le taux directeur a ainsi été maintenu à 7% à la fin du mois de mars 2026.
Pour 2027, le Fonds monétaire arabe prévoit une croissance de 2,7% en Tunisie. Cette progression serait notamment soutenue par la mise en œuvre des mesures prévues dans le cadre du plan de développement 2026-2030. Celui-ci vise notamment à simplifier les procédures administratives, soutenir les entrepreneurs, réduire le chômage, accélérer la réalisation des projets locaux et améliorer les infrastructures.
Le rapport relève également une baisse continue de l’inflation en Tunisie pour la troisième année consécutive. Après avoir atteint 9,3% en 2023 puis 7% en 2024, le taux d’inflation s’est établi à environ 5,3% en 2025. Cette évolution s’explique notamment par l’essoufflement de la vague inflationniste mondiale et la baisse des prix de plusieurs matières premières sur les marchés internationaux.

Le Fonds monétaire arabe estime que les perturbations des chaînes d’approvisionnement ainsi que la hausse des coûts du transport et du fret liées aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient ne devraient pas exercer une pression majeure sur l’inflation tunisienne. Celle-ci devrait rester globalement stable en 2026 et 2027.
Les données de l’Institut national de la statistique montrent toutefois que les tensions sur les prix restent présentes. Au premier trimestre 2026, l’inflation s’est établie à environ 4,9% en glissement annuel, avant d’atteindre 5,5% en avril, notamment sous l’effet de la hausse des prix des produits alimentaires ainsi que de l’habillement et des chaussures.
Le rapport évoque également d’autres facteurs susceptibles de maintenir une pression sur les prix, notamment l’augmentation de la masse monétaire et de l’offre de monnaie, mais aussi la complexité du système de distribution. Le nombre important d’intermédiaires entre producteurs et consommateurs contribue, selon le Fonds, à renchérir les prix des produits au stade final.
Dans ce contexte, le Fonds monétaire arabe prévoit une inflation de l’ordre de 5,7% en Tunisie à la fin de 2026, un niveau qui devrait rester pratiquement inchangé en 2027.
Les prévisions du Fonds monétaire arabe placent ainsi la Tunisie sur une trajectoire de reprise progressive, mais avec un rythme de croissance qui demeure limité. La croissance devrait passer de 2,5% en 2025 à 2,6% en 2026, puis à 2,7% en 2027.
L’évolution de l’agriculture, du tourisme, des industries manufacturières et des services, ainsi que la capacité à accélérer la réalisation des projets et des réformes prévues dans le plan de développement 2026-2030, seront déterminantes pour soutenir cette dynamique.
R.A.












