La condamnation de l’activiste Ghassen Boughdiri à sept mois de prison a été confirmée en appel, vendredi 14 août 2026. Détenu à la prison civile de la Mornaguia, il était poursuivi dans une affaire liée à une manifestation organisée devant les locaux de la compagnie maritime Maersk.
L’information a été annoncée par le comité national de défense des activistes de la Flottille Soumoud et du droit palestinien, qui dénonce une décision qu’il qualifie de « politique » et « vengeresse ».
À l’origine de cette affaire, des faits remontant au 18 mars 2025, lors d’une manifestation organisée devant les locaux de Maersk. Des militants pro-palestiniens reprochaient alors à la compagnie son implication présumée dans le transport d’équipements destinés à Israël, dans le contexte de la guerre à Gaza.
Dans une lettre rendue publique en mai dernier, Ghassen Boughdiri avait contesté les accusations portées contre lui, notamment celles relatives à une « agression violente ». Il affirmait avoir comparu dans des conditions qu’il jugeait contraires aux garanties d’un procès équitable et avoir été contraint de se défendre sans assistance juridique.
La défense conteste les conditions du procès
Dans son communiqué publié vendredi, le comité national de défense des activistes de la Flottille Soumoud affirme que la cour d’appel a confirmé la peine prononcée en première instance.
Il dénonce notamment le refus du juge de faire droit à une demande de la défense visant à reporter l’examen de l’affaire, afin de permettre la consultation d’un certificat médical faisant état, selon elle, de violences qui auraient été infligées à Ghassen Boughdiri par des agents de la société Maersk.
Le comité estime ainsi que la décision judiciaire intervient dans un contexte de poursuites visant plusieurs militants engagés dans la mobilisation en faveur de la cause palestinienne.
Il accuse également les autorités tunisiennes de mener une politique de « harcèlement » à l’encontre des membres de la Flottille Soumoud et appelle à la mobilisation pour obtenir la libération des personnes détenues dans le cadre de ces affaires et l’annulation des condamnations prononcées à leur encontre.
Une condamnation dans un contexte de poursuites contre la Flottille Soumoud
Le cas de Ghassen Boughdiri s’inscrit dans une série de poursuites visant des figures de la mobilisation tunisienne liée à la Flottille Soumoud. Plusieurs militants, parmi lesquels Wael Naouar, Nabil Chennoufi, Mohamed Amine Bennour, Ghassen Henchiri et Jawaher Channa, ont également été arrêtés ces derniers mois.
Ces interpellations avaient été suivies de mandats de dépôt dans le cadre d’une enquête menée par le pôle judiciaire financier, sans que les chefs d’inculpation aient été officiellement détaillés dans un premier temps.
La Coordination tunisienne de la Flottille Soumoud avait, de son côté, annoncé en mars sa transformation en cadre civil et politique indépendant, dénonçant ce qu’elle considère comme une volonté de criminaliser le militantisme en faveur de la cause palestinienne.
Avec la confirmation, vendredi, de la peine de sept mois de prison de Ghassen Boughdiri, cette affaire connaît donc une nouvelle étape judiciaire, tandis que ses soutiens continuent de contester aussi bien les faits qui lui sont reprochés que les conditions dans lesquelles la procédure s’est déroulée.
R.B.H











Commentaire
Roberto Di Camerino
Quels imbeciles! Attaquer le messager, pouquoi pas les fournissuers d’armes eux-memes?
Un morceau dur à avaler?