Il suffit parfois d’un camion pour créer l’événement. En ce mercredi 19 août 2026, alors que le soleil tape fort et que la chaleur n’épargne personne, l’arrivée d’une cargaison d’eau embouteillée devant un point de vente à l’Ariana a rapidement attiré les habitants du quartier et les passants.
Une file se forme. Puis s’allonge. Les uns attendent patiemment leur tour, d’autres scrutent le déchargement, avec cette attention que l’on réserve d’ordinaire à une marchandise devenue rare. Ici, pas de soldes ni de produit exceptionnel, mais simplement des bouteilles d’eau.
Pour ne surtout pas laisser passer leur chance, certains automobilistes qui aperçoivent la scène depuis la route garent leur voiture à la hâte et rejoignent la file. Le moindre arrivage peut désormais devenir une occasion à saisir avant que les stocks ne disparaissent à nouveau.
La scène résume à elle seule le quotidien de nombreux Tunisiens depuis plusieurs semaines. Pour trouver de l’eau embouteillée, il faut désormais multiplier les détours, faire le tour des commerces du quartier, appeler les connaissances ou, parfois, attendre qu’un camion arrive et espérer être suffisamment rapide pour repartir avec quelques packs.
Nous sommes en plein mois d’août, sous un soleil de plomb, et des dizaines de personnes patientent dehors pour quelques bouteilles. Une situation qui aurait paru incongrue il y a encore quelque temps et qui tend désormais à devenir une scène familière.
La pénurie, elle, s’éternise. Alors que les annonces d’un retour à la normale se succèdent, les consommateurs continuent de constater, eux, une réalité bien différente sur le terrain. Des rayons vides, des arrivages irréguliers et une eau embouteillée devenue une denrée que l’on cherche, que l’on guette et que l’on s’arrache presque.
À force d’attendre le fameux « retour à la normale », les Tunisiens ont fini par développer leurs propres stratégies. Certains font le tour des commerces. D’autres se passent le mot lorsqu’un arrivage est signalé. Et lorsque le camion finit par apparaître, mieux vaut être là.
En attendant que la situation se débloque réellement, les bouteilles continuent donc de circuler au compte-gouttes, tandis que les files d’attente, elles, s’allongent. Sous le soleil d’août, le simple fait de pouvoir rentrer chez soi avec un pack d’eau ressemble de plus en plus à une petite victoire.
R.B.H










