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Impayés des hôpitaux : les équipementiers médicaux à bout de souffle, l’ultimatum approche sans issue en vue

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Par Imen Nouira

    À l’approche de l’échéance du 31 août, la crise des impayés continue de peser lourdement sur le secteur des équipements médicaux. Malgré les discussions engagées en juillet avec le ministère de la Santé et l’engagement annoncé de mobiliser des financements pour soulager les entreprises, les professionnels tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Certaines sociétés seraient désormais au bord de la faillite et plusieurs ne seraient plus en mesure de financer leurs importations ni de renouveler leurs stocks, faisant peser une menace sur l’approvisionnement des hôpitaux.

    Le bureau exécutif de la Chambre syndicale des équipements médicaux s’est réuni mardi 18 août 2026 au siège de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), en présence de représentants de plus de trente entreprises adhérentes. Dans un communiqué publié mercredi 19 août, la chambre indique que la réunion a été principalement consacrée à l’actualisation de la situation des créances et factures toujours impayées par les hôpitaux ainsi qu’à la grave crise financière traversée par le secteur.

    Le constat dressé par les professionnels est particulièrement préoccupant. Selon la chambre, l’accumulation des créances et les retards de paiement ont placé un grand nombre d’entreprises dans une situation financière devenue extrêmement difficile, voire « ingérable ».

    Des entreprises au bord de la faillite

    Les tensions de trésorerie affectent désormais directement les capacités financières des entreprises. La chambre affirme que nombre d’entre elles ne disposent plus des financements nécessaires pour importer les équipements médicaux. Elles rencontrent également des difficultés pour renouveler leurs stocks et continuer à approvisionner normalement les établissements hospitaliers.

    Certaines entreprises seraient même désormais au bord de la faillite. Elles ne parviendraient plus à honorer leurs engagements financiers envers leurs fournisseurs et partenaires étrangers ni à exercer normalement leur activité.

    Cette situation fait ressurgir les inquiétudes exprimées début juillet par la profession. Lors d’une conférence de presse organisée le 7 juillet, les représentants du secteur avaient expliqué que les impayés accumulés auprès des structures publiques de santé avaient profondément dégradé la trésorerie des entreprises. Plusieurs sociétés avaient déjà été contraintes, depuis janvier 2026, de suspendre l’approvisionnement des établissements de santé afin de concentrer leurs efforts sur le recouvrement de leurs créances.

    La profession avait également alerté sur la baisse des stocks d’équipements médicaux et de pièces de rechange nécessaires à la maintenance du matériel hospitalier. Les difficultés ne concernent donc pas uniquement les livraisons : elles peuvent également affecter l’entretien et la réparation d’équipements déjà en service dans les hôpitaux.

    Des engagements en juillet, des difficultés qui persistent en août

    Le communiqué intervient alors que le ministère de la Santé avait engagé, en juillet, des discussions avec les professionnels pour tenter de désamorcer la crise.

    Le président de la chambre syndicale, Lotfi Ben Yedder, avait annoncé le 11 juillet qu’une première réunion de travail s’était tenue avec le ministre de la Santé. Il avait alors qualifié les échanges de « positifs » et indiqué que le ministère, en coordination avec celui des Affaires sociales, s’était engagé à mobiliser des financements durant les mois de juillet et d’août afin d’alléger les tensions de trésorerie. Aucun montant n’avait toutefois été annoncé.

    Une commission mixte devait également être mise en place et les réunions devaient se poursuivre pendant trois mois afin de traiter plusieurs dossiers en suspens, notamment les garanties bancaires et les pénalités de retard liées aux perturbations de l’approvisionnement.

    Plus d’un mois après ces annonces, le communiqué du 19 août témoigne toutefois de difficultés toujours importantes. La chambre réclame une intervention urgente des autorités afin d’accélérer le règlement des créances et des dettes dues aux entreprises par les hôpitaux et de mettre en place des solutions rapides permettant d’assurer leur pérennité.

    Le 31 août désormais tout proche

    Cette prise de position intervient surtout à quelques jours d’une échéance particulièrement sensible. Le 7 juillet, le vice-président de la chambre syndicale, Slim Ammar, avait prévenu que si les créances dues à plus de 600 entreprises n’étaient pas réglées avant le 31 août 2026, le secteur se retrouverait dans une situation de « force majeure ».

    Les professionnels avaient alors expliqué ne pas vouloir interrompre leurs activités ni leurs prestations au profit des établissements de santé, mais ne plus disposer des moyens financiers permettant de les assurer dans les conditions actuelles. Le risque évoqué concernait aussi bien les livraisons d’équipements médicaux que les prestations de maintenance.

    Le nouveau communiqué ne revient pas explicitement sur l’ultimatum du 31 août et ne précise pas non plus si les financements annoncés en juillet ont depuis été mobilisés. Il confirme, en revanche, que les difficultés de financement, d’importation et de renouvellement des stocks persistent.

    À quelques jours du 31 août, l’alerte lancée en juillet n’est donc toujours pas levée.

    I.N.

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