Une coupure d’électricité a provoqué, lundi 24 août 2026, l’arrêt de la station principale de pompage de Kerker, qui approvisionne plusieurs zones des gouvernorats de Sfax et de Mahdia. La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) annonce des perturbations et des coupures dans l’alimentation en eau potable à partir de 10 heures et jusqu’à 20 heures. L’incident intervient en pleine poussée de chaleur, alors que les températures peuvent atteindre 47 degrés Celsius ce lundi.
La Sonede précise que cette interruption électrique entraînera « des perturbations et des coupures dans la distribution de l’eau potable » à partir de 10 heures et jusqu’à 20 heures ce lundi.
Plusieurs localités de Mahdia et Sfax concernées
Dans le gouvernorat de Mahdia, les perturbations concernent les délégations d’El Jem, Boumerdes, Sidi Alouane, Melloulech, Bradaa, Chebba, Souassi, Ouled Chamekh, Hebira et Chorbane.
Dans le gouvernorat de Sfax, sont concernés la délégation d’El Hencha, Markez Kamoun relevant de la délégation de Menzel Chaker, la délégation de Jebiniana, la zone d’El Ghraba ainsi que les zones situées en hauteur dans les délégations de Sakiet Ezzit et Sakiet Eddaïer. La Sonede cite également les secteurs d’El Aouabed, El Bokâa El Bidha et la route d’El Aïn, relevant de la délégation de Sfax Sud.
Quand une coupure d’électricité finit par couper aussi l’eau
L’incident intervient alors que les conséquences des interruptions d’électricité sur l’alimentation en eau potable avaient déjà été particulièrement visibles lors de la canicule de juillet.
Mounir Dridi, directeur régional de l’exploitation et de la distribution de l’eau du Grand Tunis à la Sonede, avait indiqué, lundi 20 juillet 2026, que les stations de pompage de la société avaient enregistré entre 700 et mille interruptions quotidiennes de courant durant les journées des 14 et 15 juillet.
Une coupure d’électricité dans une station de pompage entraîne automatiquement l’arrêt des équipements et, par conséquent, l’interruption du remplissage des réservoirs et de l’alimentation du réseau. Lorsque ces interruptions se répètent, les réservoirs se vident progressivement et de l’air pénètre dans les conduites, compliquant ensuite la remise en service.
Le retour de l’électricité ne signifie donc pas nécessairement un rétablissement immédiat de l’alimentation en eau. Mounir Dridi avait expliqué qu’il fallait remettre les installations en fonctionnement, remplir les réservoirs et rétablir progressivement la pression dans les conduites. Selon la longueur du réseau et le niveau de remplissage des réservoirs, le retour à la normale peut nécessiter cinq, six, voire sept heures.
Le responsable avait alors souligné que la multiplication des coupures d’électricité avait considérablement aggravé les perturbations observées sur le réseau de la Sonede.
Une nouvelle poussée de chaleur en toile de fond
La panne enregistrée ce lundi à Kerker intervient alors que la Tunisie traverse une nouvelle poussée de chaleur. Selon l’Institut national de la météorologie (INM), les températures maximales doivent osciller entre 37 et 42 degrés Celsius dans les régions côtières et sur les hauteurs et atteindre 43 à 47 degrés Celsius dans le reste du pays, avec du sirocco.
L’ensemble du territoire est par ailleurs placé sous vigilance météorologique jaune ou orange. Sfax figure parmi les onze gouvernorats placés en vigilance orange, tandis que Mahdia est en vigilance jaune.
Cette nouvelle séquence de chaleur intervient quelques semaines après la canicule de juillet, qui avait fortement sollicité le réseau électrique. Le recours massif à la climatisation avait alors fait bondir la consommation et la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) avait procédé à des délestages dans plusieurs régions afin de maintenir l’équilibre du réseau.
Les difficultés ne se sont d’ailleurs pas limitées à juillet. Les délestages ont repris mercredi 19 août dans plusieurs régions du pays et se sont poursuivis jeudi 20 août. La Steg avait alors annoncé des coupures tournantes susceptibles d’intervenir entre 13h30 et 17 heures et de durer jusqu’à deux heures pour une même zone. Plusieurs localités du gouvernorat de Sfax figuraient parmi les secteurs susceptibles d’être concernés.
Ce nouvel incident intervient alors que le mercure grimpe de nouveau jusqu’à 47 degrés Celsius. Une forte hausse des températures entraîne généralement une augmentation de l’utilisation des climatiseurs et, par conséquent, de la demande en électricité. Rien ne permet toutefois d’établir un lien entre la coupure électrique ayant touché la station de Kerker ce lundi et les délestages. La Sonede se contente d’indiquer qu’une coupure de courant est à l’origine de l’arrêt de la station.
L’incident rappelle ainsi l’interdépendance des réseaux : quelle que soit son origine, une interruption de courant dans une station de pompage peut se répercuter sur l’alimentation en eau et prolonger ses effets plusieurs heures après le rétablissement de l’électricité.
I.N.
*Photo d’illustration











Commentaire
HatemC
Imaginons un instant si l’air était aussi approvisionné dans ce bled …
Quand les services de base — électricité, eau, transports — dépendent tous d’un maillon unique mal entretenu ou saturé, la moindre panne locale provoque immédiatement une crise systémique.
C’est le résultat direct d’années de sous-investissement, de mauvaise gestion des équipements publics et d’absence de plans de secours efficaces. Tant que les infrastructures critiques ne seront pas modernisées et sécurisées de manière indépendante, ce type de réaction en chaîne restera inévitable.
Quand le quotidien s’effondre sur des besoins aussi primaires, le sentiment d’abandon est total.