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Délestages : de nouvelles coupures jeudi dans plusieurs régions, une plage horaire nettement plus large

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Par Imen Nouira

    Les délestages se poursuivent en Tunisie. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) a annoncé, jeudi 27 août 2026, de nouvelles coupures tournantes susceptibles de toucher de nombreuses régions du pays entre 9h30 et 18 heures, soit une plage horaire nettement plus large que lors des précédentes annonces.

    La Steg a publié sept communiqués couvrant le Grand Tunis, le Nord, le Nord-Ouest, le Centre, Sfax, le Sud et le Sud-Ouest. Au total, 194 localités ou secteurs sont explicitement cités. Les coupures pourront intervenir de manière tournante et intermittente, selon l’état du réseau et les impératifs d’équilibre entre production et consommation. Pour le Grand Tunis, la société précise qu’une période de coupure ne devra pas dépasser deux heures.

    La Steg indique également que le courant pourra être rétabli sans préavis. Les listes communiquées ne sont pas définitives et d’autres secteurs pourraient être concernés en fonction de l’évolution de la situation et des besoins d’équilibre entre la production et la consommation.

    Du Grand Tunis au Nord-Ouest

    Dans le Grand Tunis, dix-huit localités ou secteurs figurent dans le communiqué : Mornag, Borj Cedria, Radès, La Goulette, Ben Arous, Mégrine, El Ghazala, Mhamdia, Le Kram, El Medina El Jadida, les Jardins d’El Menzah, Borj Touil, Sanhaja, Jedaida, La Manouba, Aïn Zaghouan, Ennasr et La Soukra.

    Dans le Nord, 36 localités ou secteurs sont répartis entre le Cap Bon, Zaghouan et Bizerte.

    Dans le Cap Bon, les quinze zones annoncées sont Hammam Ghezèze, Hammamet, Menzel Bouzelfa, Menzel Temime, Soliman, Takelsa, Béni Khalled, Béni Khiar, Somâa, Nabeul, Korba, Dar Chaâbane, Tazarka, Maâmoura et Kélibia.

    Dans le gouvernorat de Zaghouan, les sept zones annoncées sont Zaghouan Nord, El Fahs, Bouachir, Zriba, Jebel Oust, Bir Mcherga et Nadhour.

    À Bizerte, quatorze secteurs figurent sur la liste : Ghar El Melh, Utique, Sejnane, El Khetmine, Mateur, Metline, Menzel Jemil, Menzel Bourguiba, Ghazala, Tinja, Jarzouna, Menzel Abderrahmane, Zaouine et Aousja.

    Dans le Nord-Ouest, quatorze zones sont citées : Ouchtata, Rouhia, Bou Salem, Goubellat, Kalaat Khasba, Sidi Ismaïl, Makthar, Ghardimaou, Nefza, Gaâfour, Chemtou, Oued Meliz, Nebeur et Touiref.

    Le Centre, le Sahel et Sfax également concernés

    Dans le Centre et le Sahel, 38 localités ou secteurs sont annoncés : Ksar Hellal, Sayada, Zaouiet Kontoch, Bouhajla, Nasrallah, Menzel Mhiri, Sbiba, Chorbane, Souassi, S’hilat, Bekalta, Rejiche, la zone industrielle d’El Jem, Enfidha, Sidi Bou Ali, Kalâa Kebira, Riadh, Ouled Achour, Jemmal, Sahline, M’saken, Hergla, Bouficha, Kerker, El Alaâ, la zone industrielle d’Enfidha, Hammam Sousse, la cité universitaire de Sousse, Akouda, Kalâa Seghira, Menzel Kamel, Moknine, Chebba, Khezama, Sahloul 3, Ouled Chamekh, Chetouine et Bouhjar.

    Dans le gouvernorat de Sfax, treize zones sont annoncées : El Mahres, Agareb, El Amra, Thyna, Sfax Ouest, Sfax Ville, Jebeniana, El Hencha, Menzel Chaker, Sfax Sud, Sakiet Ezzit, Sakiet Eddaïer et Bir Ali.

    Du Sud au Sud-Ouest

    Dans le Sud, 49 localités ou secteurs sont répartis entre Gabès, Djerba, Kébili, Tataouine, Zarzis-Ben Guerdane et Médenine.

    Dans le gouvernorat de Gabès, les dix zones annoncées sont Matrech, Chenini, El Hamma, Oudhref, Métouia, Mareth, Gabès Ville, Menzel, Jara et Hay El Amal.

    À Djerba, huit zones pourraient être concernées : Guellala, Robbana, El May, Tlalet, Midoun, Houmt Souk, Aghir et Sedouikech.

    Dans le gouvernorat de Kébili, neuf secteurs figurent sur la liste : Souk Lahad, Douz, El Faouar, Nouil, Zaafrane, Kébili, Nezla, Ras El Aïn et Janâoura.

    À Tataouine, six zones sont annoncées : Hay Oued El Gamh, Smar, Ghomrassen, Remada, Tataouine Nouvelle et la cité du Festival.

    Dans les régions de Zarzis et de Ben Guerdane, dix secteurs figurent dans le communiqué : Mouensa, Chammakh, Ben Guerdane, Hay Mars, Jmila, Jallel, Chahbania, Zaouia, Souihel et Bassatine.

    À Médenine, six zones sont citées : Médenine Ville, Béni Khedache, Hricha, la cité de la route de Gabès, Derghoulia et Hassi Amor.

    Dans le Sud-Ouest, le communiqué de la Steg cite 26 localités ou secteurs : Souk Jedid, Chraïa, El Hammar, Mekarem, Chakhkhar, Nouaïel, Majel Bel Abbes, El Hamma, Lejred, Boudrias, Chebika, Degache, El Gallel, Ouled Haffouz, Laâyoune, Hazoua, Hassi El Frid, Ouled Hamed, Oum Laâdham, El Heguen, Mezzouna, Nefta, El Alanda, Nasrallah, Foussana et El Hichria.

    Le décompte des sept communiqués donne ainsi dix-huit entrées pour le Grand Tunis, 36 pour le Nord, quatorze pour le Nord-Ouest, 38 pour le Centre, treize pour Sfax, 49 pour le Sud et 26 pour le Sud-Ouest, soit 194 localités ou secteurs cités.

    Des délestages désormais étendus sur une grande partie de la journée

    Ces nouvelles annonces s’inscrivent dans une succession de délestages qui rythme désormais cette fin d’été. Mardi 25 août, la Steg avait publié six listes couvrant le Grand Tunis, le Nord, le Nord-Ouest, le Centre, Sfax et le Sud. Les coupures étaient alors susceptibles d’intervenir entre 13 et 17 heures et pouvaient durer jusqu’à deux heures par interruption.

    La pression sur le réseau avait déjà commencé à déborder de cette tranche horaire. Lundi 24 août, après des délestages annoncés entre 13 et 17 heures, les tensions s’étaient prolongées dans la soirée et la Steg avait de nouveau annoncé des coupures entre 22 heures et minuit dans plusieurs régions du pays.

    Ce jeudi, la plage durant laquelle des délestages sont susceptibles d’intervenir s’étend désormais de 9h30 à 18 heures.

    Cette extension intervient alors que les tensions entre production et consommation restent particulièrement fortes. Intervenant jeudi 27 août sur Jawhara FM, Elyes Ben Ammar, secrétaire général adjoint de la Fédération générale de l’électricité et du gaz relevant de l’UGTT, a estimé qu’« il est trop tard pour sauver l’été 2026 ». Selon lui, les délestages devraient se poursuivre tant que la production disponible ne permettra pas de répondre à la demande.

    M. Ben Ammar distingue toutefois les pannes susceptibles d’affecter ponctuellement les équipements du problème structurel auquel fait face le système électrique. Les températures exceptionnellement élevées peuvent fragiliser certaines installations, mais elles ne constituent pas, selon lui, l’origine principale de la crise.

    « La raison principale et importante est le déséquilibre entre la demande et l’offre », a-t-il affirmé.

    Les délestages permettent précisément de réduire temporairement la charge lorsque la consommation menace la stabilité du système et d’éviter un effondrement généralisé du réseau. Ces interruptions peuvent être tournantes et intermittentes afin de préserver son équilibre.

    La situation est d’autant plus complexe que la pointe de consommation n’est plus systématiquement concentrée au milieu de la journée. Selon Elyes Ben Ammar, certains jours, la pointe nocturne dépasse celle enregistrée à la mi-journée. La chaleur accumulée dans les logements et les bâtiments maintient notamment une forte utilisation des climatiseurs plusieurs heures après le coucher du soleil.

    Mardi 25 août, le responsable syndical avait estimé que le déficit entre la demande et les capacités disponibles pouvait atteindre 2.000 mégawatts aux heures de pointe. Il précisait qu’il s’agissait de la puissance manquante à un instant donné lorsque la consommation atteint son maximum et non d’un déficit calculé sur une journée ou un mois.

    D’après son estimation, au moins quatre nouvelles centrales seraient nécessaires pour couvrir un manque de cet ordre. Une réponse qui ne peut cependant pas être mise en œuvre pour l’été en cours, compte tenu des délais nécessaires à la réalisation de nouvelles infrastructures de production.

    Le 24 juillet, Mohamed Atef Bouabdallah, membre de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, avait déjà indiqué que la demande atteignait environ 6.000 mégawatts, alors que la Steg ne pouvait en fournir que 4.400, soit un écart de l’ordre de 1.600 mégawatts à cette date.

    La Tunisie complète par ailleurs sa production nationale par des importations d’électricité depuis l’Algérie. Cette solution atteint toutefois ses limites lorsque les deux pays connaissent simultanément des pics de consommation : le réseau algérien étant alors lui-même fortement sollicité, les quantités disponibles à l’exportation peuvent diminuer.

    Invité le 20 août sur Jawhara FM, l’ingénieur spécialisé dans l’énergie Foued Ali avait lui aussi attribué les délestages au manque de marge entre la production disponible et la demande estivale. Il avait notamment souligné l’effet de l’humidité, qui pousse les climatiseurs à fonctionner davantage, ainsi que celui de la chaleur sur les installations de production, dont les performances peuvent diminuer au moment même où la demande augmente.

    Foued Ali avait également pointé le recul des investissements et les retards pris par plusieurs projets. Il avait évoqué quelque 870 mégawatts de capacités susceptibles de renforcer le système électrique, mais qui n’avaient toujours pas été intégrées au réseau.

    Des « actes prémédités » évoqués par Kaïs Saïed

    Ces annonces interviennent quelques heures après une réunion au sommet de l’État consacrée notamment aux coupures d’eau et d’électricité enregistrées ces derniers temps dans plusieurs régions du pays.

    Dans un communiqué publié jeudi 27 août 2026 à 2h51, la présidence de la République a indiqué que Kaïs Saïed avait réuni, la veille au palais de Carthage, la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat et chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, ainsi que les PDG de la Steg, Fayçal Trifa, et de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede), Abdelhamid Menja.

    Le chef de l’État a affirmé que des enquêtes avaient établi que certaines coupures d’eau et d’électricité enregistrées dans plusieurs régions n’étaient pas dues à de simples « pannes ordinaires », mais résultaient d’« actes prémédités ». Selon lui, leurs auteurs chercheraient à attiser les tensions.

    La présidence n’a toutefois fourni aucun élément sur la nature de ces actes, les régions ou les coupures précisément concernées, leurs auteurs présumés ou encore les enquêtes auxquelles Kaïs Saïed faisait référence.

    Ces déclarations ne permettent donc pas d’assimiler les interruptions évoquées par le président de la République aux délestages tournants et intermittents annoncés par la Steg. Ces derniers répondent, selon les explications fournies par Elyes Ben Ammar et d’autres spécialistes du secteur, à la nécessité de maintenir l’équilibre du réseau lorsque la demande dépasse les capacités disponibles.

    Jusqu’à 48 degrés Celsius et 23 gouvernorats en vigilance orange

    Cette nouvelle journée de délestages coïncide avec la poursuite d’une chaleur particulièrement intense sur la quasi-totalité du pays.

    Selon le bulletin quotidien de l’Institut national de la météorologie (INM), les températures maximales seront généralement comprises, jeudi, entre 44 et 48 degrés Celsius. Elles avoisineront 41 degrés Celsius dans le Centre-Ouest ainsi que près des côtes orientales du Nord et du Centre, avec des coups de sirocco.

    La carte de vigilance météorologique publiée jeudi à 6h49 place 23 des 24 gouvernorats du pays en vigilance orange. Kasserine est le seul gouvernorat placé en vigilance jaune. La carte, qui fait état de températures élevées accompagnées de coups de sirocco, reste valable jusqu’au vendredi 28 août à 7 heures.

    Ces températures entretiennent une forte demande en électricité, notamment à travers l’utilisation intensive des climatiseurs. Mais leur effet ne disparaît pas avec le coucher du soleil : la chaleur accumulée dans les bâtiments pendant la journée continue de peser sur les besoins de refroidissement durant la soirée.

    Dans l’immédiat, Elyes Ben Ammar appelle les consommateurs à suivre les recommandations de maîtrise de la consommation diffusées notamment par la Steg et l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), en particulier le réglage des climatiseurs à 26 degrés Celsius. Chaque mégawatt économisé peut, selon lui, contribuer à alléger la pression durant les périodes les plus tendues, sans pour autant résoudre le déséquilibre structurel du système.

    Les conséquences de cette crise dépassent par ailleurs la seule alimentation électrique. Les 14 et 15 juillet, entre 700 et mille interruptions quotidiennes de courant avaient été enregistrées au niveau des installations de pompage de la Sonede. À chaque coupure, les pompes s’arrêtaient, perturbant le remplissage des réservoirs et faisant baisser la pression dans les conduites. Plusieurs heures pouvaient ensuite être nécessaires pour un retour complet à la normale.

    Les professionnels ont également subi les effets des coupures répétées. Marchandises détériorées, rupture de la chaîne du froid, équipements électriques endommagés, arrêts de production, fermetures temporaires et manque à gagner ont touché cafés, restaurants, commerces, pharmacies et entreprises industrielles.

    Pour Elyes Ben Ammar, aucune solution immédiate ne permettra désormais d’inverser la situation durant l’été 2026. L’enjeu consiste à maintenir le réseau en équilibre et à limiter les conséquences des pointes de consommation. Son avertissement porte déjà sur la prochaine saison : après les fortes tensions enregistrées en juillet et en août, il appelle à accélérer les projets, à mobiliser les solutions disponibles et à préparer dès maintenant l’été 2027.

    La Steg invite les habitants des zones concernées à prendre les précautions nécessaires. Pour signaler une urgence ou obtenir davantage d’informations, elle met à la disposition de ses clients le numéro 71 239 222.

    I.N.

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