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Prisons : l’Organisation contre la torture en Tunisie alerte sur les conditions de détention

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Par Myriam Ben Zineb

    L’Organisation contre la torture en Tunisie (OCTT) a exprimé, mercredi 2 septembre 2026, sa vive préoccupation face à la situation dans les établissements pénitentiaires, notamment dans un contexte de fortes chaleurs, de surpopulation carcérale et de prise en charge sanitaire qu’elle estime insuffisante. Elle appelle à des mesures urgentes pour améliorer les conditions de détention et réduire le recours à l’emprisonnement.

    Dans son communiqué, l’organisation évoque notamment des décès de détenus qui ont été signalés récemment par des familles ou des avocats, à l’intérieur des prisons ou après des transferts vers des services d’urgence. Ces informations n’ont toutefois pas fait l’objet, à ce stade, d’un bilan ou d’une communication officielle permettant d’en établir le nombre et les circonstances.

    L’OCTT affirme que les signalements se sont multipliés durant l’été, marqué par une vague de chaleur particulièrement intense. Elle pointe, plus largement, les risques liés à la chaleur, à la surpopulation des cellules et aux limites de la prise en charge sanitaire en milieu carcéral.

    L’organisation rappelle qu’une privation de liberté ne doit pas entraîner la privation des autres droits fondamentaux, notamment du droit aux soins. Elle met en garde contre une dégradation des conditions de détention susceptible, à ses yeux, de porter atteinte à l’intégrité physique, à la dignité, à la santé et à la vie des personnes incarcérées.

    Réduire la surpopulation carcérale

    Face à cette situation, l’OCTT réclame des mesures immédiates pour réduire la surpopulation dans les prisons. Elle demande notamment la libération des personnes détenues pour des délits mineurs, qu’elles soient en détention provisoire ou déjà condamnées, ainsi que celle des détenus âgés et des personnes atteintes de maladies chroniques.

    Elle appelle également à limiter le recours aux peines de prison et à privilégier davantage les sanctions alternatives, notamment le travail d’intérêt général, les amendes et le bracelet électronique.

    L’organisation réaffirme à ce titre que la liberté doit demeurer le principe et la détention l’exception. Elle insiste également sur le respect de la présomption d’innocence.

    Des mesures face aux fortes chaleurs

    L’OCTT demande également aux autorités d’adapter les établissements pénitentiaires aux conséquences du changement climatique. Elle préconise une révision des infrastructures ainsi qu’un renforcement de leur entretien et de leur maintenance afin, notamment, de mieux faire face aux épisodes de chaleur extrême.

    Le communiqué réclame par ailleurs la libération de ceux que l’organisation qualifie de « prisonniers d’opinion », ainsi que des personnes condamnées sur la base du décret-loi 54 ou du Code des télécommunications.

    Enfin, l’OCTT demande que les organisations de défense des droits humains puissent accéder aux informations relatives à la situation des détenus, visiter les établissements pénitentiaires et exercer un contrôle indépendant des conditions de détention. Elle considère ce droit de regard comme une garantie essentielle pour prévenir d’éventuelles violations.

    M.B.Z

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