Des coupures d’électricité en pleine journée et jusque tard dans la soirée, des robinets à sec pendant des heures, parfois près d’une journée, et de l’eau embouteillée qu’il faut chercher de commerce en commerce, au prix de longues files d’attente et sans garantie d’en trouver. Depuis plusieurs semaines, accéder à deux besoins aussi élémentaires que l’eau et l’électricité est devenu, aux quatre coins du pays, un véritable parcours du combattant. La canicule a reflué par rapport aux pics de la fin août, mais les délestages persistent et les perturbations de l’approvisionnement en eau continuent. Dans les foyers comme dans la rue, l’exaspération monte.
« Nous sommes revenus à l’âge de pierre ». La formule, lancée par un habitant de la banlieue sud confronté simultanément aux coupures d’eau et d’électricité, résume brutalement le sentiment qui s’exprime depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux.
Un autre ironise sur l’achat d’un climatiseur alors que « l’électricité est coupée, ainsi que l’eau, par 46 degrés ». D’autres racontent les appareils électriques endommagés, les enfants contraints de travailler à la bougie ou les journées désormais organisées autour d’une question devenue presque banale : quand l’eau ou le courant reviendront-ils ?
Et quand le robinet ne coule plus, une autre course commence : celle de l’eau embouteillée.
Des consommateurs racontent parcourir plusieurs commerces, attendre les arrivages, faire de longues files ou chercher pendant des heures quelques packs d’eau. Avec, parfois, le même résultat au bout du parcours : rentrer bredouilles. Un témoignage résume à lui seul l’absurdité de la situation : après deux jours sans eau au robinet, il fallait se rabattre sur l’eau minérale… devenue elle aussi difficile à trouver. La solution de secours est ainsi devenue une nouvelle source
La situation n’appartient pas au passé. Mercredi 2 septembre 2026, des habitants de Ben Arous affirmaient être privés d’eau depuis la veille, certains évoquant près de 24 heures de coupure. À Ennasr, d’autres signalaient un débit fortement réduit, tandis que des perturbations prolongées étaient rapportées dans la banlieue sud.
La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a confirmé des interruptions et perturbations dans plusieurs zones de Tunis et Ben Arous, mais aussi à Zaghouan et Nabeul. Pour cet épisode précis, elle invoque un incident technique soudain sur l’axe d’adduction alimentant le sud du Grand Tunis, survenu dans un contexte de forte consommation. La reprise de l’approvisionnement devait intervenir progressivement à partir de 22 heures le même jour, une fois achevées les opérations d’ajustement des réseaux de distribution et des réservoirs.
Autrement dit, en ce début septembre, le problème demeure entier : pour certains Tunisiens, ouvrir un robinet ou appuyer sur un interrupteur n’offre plus nécessairement le résultat attendu.
La chaleur recule, les délestages restent
Sur le front de l’électricité, les coupures tournantes se poursuivent. En journée, mais aussi en soirée et jusque tard dans la nuit.
Les communiqués de la Steg se succèdent depuis plusieurs semaines, couvrant progressivement une large partie du territoire. Grand Tunis, Nord, Nord-Ouest, Centre, Sahel, Sfax, Sud et Sud-Ouest : les délestages tournants concernent désormais de nombreuses régions, avec des plages annoncées aussi bien en journée qu’en soirée et jusque tard dans la nuit.
Les plages durant lesquelles les délestages sont susceptibles d’intervenir se sont, elles aussi, progressivement élargies. En journée, les coupures annoncées entre 13 et 17 heures le 25 août pouvaient, deux jours plus tard, intervenir entre 9h30 et 18 heures. Le phénomène a également débordé sur la soirée et la nuit : après une première fenêtre comprise entre 22 heures et minuit, celle-ci a ensuite été prolongée jusqu’à 2 heures du matin. Mercredi 2 septembre, des délestages étaient encore annoncés entre 20 heures et 1 heure. Ces plages ne correspondent pas à la durée de la coupure subie par chaque foyer. Elles désignent les périodes pendant lesquelles des délestages tournants et intermittents peuvent être opérés. Mais leur élargissement est révélateur : la tension sur le réseau ne se concentre plus sur quelques heures critiques de l’après-midi. Elle s’étend désormais sur une grande partie de la journée et jusque tard dans la nuit. D’autant que le thermomètre a commencé à s’éloigner des niveaux extrêmes de la fin août.
Lors des épisodes les plus sévères, les maximales avaient atteint 44 à 48 degrés Celsius sur une grande partie du territoire. Le 30 août, elles oscillaient encore entre 34 et 39 degrés sur les côtes du Nord et du Centre ainsi que sur les hauteurs, et entre quarante et 45 degrés Celsius ailleurs. Le 1er septembre, elles étaient comprises entre 32 et 37 degrés Celsius près des côtes et sur les hauteurs et entre 38 et 41 degrés Celsius ailleurs, avec une pointe à 45 degrés Celsius dans le Sud-Ouest. Mercredi 2 septembre, elles se situaient généralement entre 35 et quarante degrés Celsius, avant une nouvelle légère baisse annoncée jeudi dans le Nord, le Sahel et sur les hauteurs.
Il fait donc toujours chaud, particulièrement dans le Sud, et la baisse n’est pas linéaire. Mais les températures se sont nettement éloignées des niveaux caniculaires les plus extrêmes sur une partie du pays. Les délestages, eux, n’ont pas disparu. La situation rappelle surtout ce que les professionnels du secteur répètent depuis plusieurs semaines : la chaleur a considérablement aggravé le problème, mais elle ne suffit pas à l’expliquer.
Le secrétaire général de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, Elyes Ben Ammar, estime que la demande a dépassé 6.400 MW cet été alors que les projections tablaient sur des pointes comprises entre 5.000 et 5.700 MW. Il évoque un déficit pouvant atteindre 2.000 MW aux moments de forte consommation et estime qu’au moins quatre nouvelles centrales seraient nécessaires pour rétablir une marge suffisante.
L’ingénieur en énergie Foued Ali pointe, lui aussi, un manque de capacités et des investissements qui n’ont pas suivi l’évolution de la demande. Selon lui, environ 870 MW susceptibles de renforcer le système n’ont toujours pas été intégrés au réseau.
La canicule a donc joué le rôle d’accélérateur et de révélateur. Lorsque la consommation s’est emballée, le système n’avait tout simplement pas suffisamment de marge pour l’absorber.
Et lorsque l’électricité vacille, les conséquences ne s’arrêtent ni aux ampoules ni aux climatiseurs.
Les cafés, restaurants, commerces, pharmacies et entreprises peuvent également subir des ruptures de chaîne du froid, des marchandises détériorées, des équipements endommagés, des arrêts de production et des pertes de revenus. À Ben Arous, les témoignages recueillis ces derniers jours évoquent aussi des boulangeries confrontées aux difficultés provoquées par le manque d’eau.
Pour celui qui travaille comme pour celui qui rentre chez lui, la coupure a donc un coût.
Souvent, la coupure électrique coupe aussi l’eau. Les 14 et 15 juillet, les installations de pompage de la Sonede avaient enregistré entre 700 et mille interruptions électriques quotidiennes, selon Mounir Dridi, directeur régional de l’exploitation et de la distribution du Grand Tunis. Une interruption peut arrêter les équipements, empêcher le remplissage des réservoirs et provoquer une baisse de pression ou une rupture de l’approvisionnement. Le retour du courant ne signifie d’ailleurs pas nécessairement celui de l’eau. Selon le responsable, cinq, six, voire sept heures peuvent être nécessaires pour redémarrer les installations, remplir les réservoirs et rétablir normalement la pression.
Le cercle devient alors particulièrement difficile à supporter. L’électricité est coupée, le pompage peut être perturbé. L’eau disparaît du robinet, les ménages se rabattent davantage sur les bouteilles. La demande d’eau embouteillée explose au moment même où les délestages affectent également les unités chargées de la produire.
Quand même la solution de secours vient à manquer
Le ministère du Commerce a fini par reconnaître cette mécanique. Au plus fort de la pénurie, la demande d’eau embouteillée aurait pu atteindre jusqu’à dix fois son niveau habituel. La chaleur a fait bondir la consommation, les perturbations du réseau de la Sonede ont poussé davantage de ménages vers les bouteilles et les délestages ont, parallèlement, affecté les lignes d’embouteillage. Une chaîne industrielle arrêtée ne retrouve pas instantanément sa cadence lorsque le courant revient.
Le plus révélateur reste peut-être l’état des stocks : les réserves qui devaient théoriquement permettre de tenir jusqu’à la fin août étaient déjà épuisées aux alentours du 15 juillet.
Dans le Grand Tunis, les autorités ont dû mettre en œuvre un programme exceptionnel. Plus de neuf millions de bouteilles de formats familiaux ont été distribuées en quatre jours, avec 156 camions chargés quotidiennement pour approvisionner grandes et moyennes surfaces, grossistes et autres circuits de distribution. Des millions de bouteilles injectées, donc. Et pourtant, des consommateurs continuaient à chercher, attendre et faire la queue.
Les pratiques spéculatives existent bien. En août, plus de 750 infractions économiques liées au marché de l’eau embouteillée ont été relevées, dont 357 concernant des dépassements de prix ou des pratiques monopolistiques. Trente-sept opérations ciblées ont permis la saisie de 648.000 litres.
Mais là encore, les chiffres méritent d’être remis à leur place. Les besoins du marché pouvaient approcher dix millions de litres lors d’une journée de très forte demande. Les 648.000 litres saisis représentent donc environ 6,5% de cette consommation quotidienne exceptionnelle.
Cela ne permet évidemment pas d’exclure l’existence d’autres stocks dissimulés. Mais les saisies documentées ne suffisent pas, à elles seules, à expliquer plusieurs semaines de rayons
D’autant que le discours officiel a lui-même évolué. À la fin juillet, alors que les bouteilles commençaient déjà à manquer, l’Office national du thermalisme et de l’hydrothérapie assurait que les quantités disponibles étaient suffisantes. Sa directrice de la communication parlait alors d’une « crise artificielle », alimentée notamment par les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux et les achats excessifs. Le lendemain, un représentant des producteurs reconnaissait déjà l’existence d’un manque. Quelques semaines plus tard, les autorités chiffraient finalement une demande exceptionnelle, reconnaissaient l’épuisement anticipé des stocks et l’impact des délestages sur les unités de production.
Entre les deux diagnostics, les Tunisiens, eux, ont fait la queue. Il existe pourtant une solution beaucoup plus simple que de courir derrière les arrivages : ouvrir le robinet. La Sonede assure que l’eau qu’elle distribue est potable et conforme aux normes en vigueur. Une affirmation confortée par l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (INSSPA), qui indique que les analyses officielles réalisées jusqu’ici sur l’eau distribuée par les réseaux publics montrent la conformité des échantillons aux normes sanitaires et leur aptitude à la
Dans une situation où les bouteilles manquent, boire l’eau du robinet lorsqu’elle est disponible constitue donc l’une des réponses les plus immédiates pour réduire la pression sur le marché de l’eau embouteillée. Encore faut-il avoir de l’eau au robinet.
C’est précisément le commentaire sarcastique qui revient chez plusieurs Tunisiens confrontés aux coupures : difficile de leur conseiller de boire l’eau de la Sonede lorsque celle-ci ne coule tout simplement pas. Les perturbations prolongées enregistrées ces derniers jours donnent à la remarque une résonance particulière.
Et lorsque l’eau revient, une deuxième difficulté apparaît : convaincre ceux qui s’en sont détournés de la
Les interruptions répétées, les modifications temporaires d’aspect, de goût ou d’odeur parfois constatées après la reprise de l’alimentation et l’état de certaines portions du réseau ont progressivement érodé la confiance d’une partie des consommateurs. Les contrôles de la Sonede et de l’INSSPA permettent de répondre à la question sanitaire. Ils ne suffisent pas nécessairement à effacer une défiance construite au fil des coupures.
Le paradoxe est cruel : pour soulager la pénurie de bouteilles, il faudrait davantage boire l’eau du robinet ; mais pour convaincre les Tunisiens de revenir au robinet, encore faudrait-il pouvoir leur garantir qu’il ne restera pas à sec.
Des crises qui durent, des explications qui se font attendre
À cette accumulation de difficultés s’ajoute une communication publique qui peine à suivre la durée et l’ampleur de la crise.
Au plus fort de la canicule de juillet, quelques responsables de la Steg et de la Sonede sont intervenus pour expliquer les tensions. Depuis, les deux entreprises continuent de publier des communiqués opérationnels : zones susceptibles d’être concernées par les délestages pour l’une, incidents et perturbations d’approvisionnement pour l’autre.
Mais une liste de quartiers et une plage horaire ne répondent pas à toutes les questions.
Pourquoi les délestages persistent-ils ? Jusqu’à quand ? Pourquoi les fenêtres s’étendent-elles jusque tard dans la soirée alors que les températures ont commencé à refluer ? Quelles capacités supplémentaires seront réellement disponibles et quand ? Comment éviter que des coupures électriques ne viennent à nouveau perturber le pompage de l’eau ou la production des bouteilles ?
Aucune communication gouvernementale globale, régulière et pédagogique n’est venue, jusqu’ici, donner une lecture d’ensemble de ces crises et des réponses envisagées pour traiter leurs causes structurelles. Une grande partie des explications de fond disponibles ces dernières semaines est venue de professionnels et de responsables syndicaux du secteur électrique.
La pénurie d’eau embouteillée en offre une illustration saisissante : entre la « crise artificielle » évoquée fin juillet et la reconnaissance, quelques semaines plus tard, d’une demande hors norme, de stocks prématurément épuisés et d’usines perturbées par les délestages, le diagnostic officiel a fini par rattraper une réalité que les consommateurs avaient déjà rencontrée dans les rayons.
La réponse venue du sommet de l’État a, elle, emprunté une autre voie. Kaïs Saïed a affirmé fin août que des enquêtes avaient démontré que certaines coupures d’eau et d’électricité ne résultaient pas de pannes ordinaires, mais d’« actes prémédités » destinés à « attiser la situation ». Lors d’une tournée à Kairouan, Sousse et Mahdia, le chef de l’État avait également évoqué des actes intentionnels visant des canalisations et des câbles électriques.
Les communiqués de la présidence rendus publics ne précisent toutefois ni les coupures concernées, ni leur proportion dans l’ensemble des perturbations, ni leurs auteurs présumés, ni les éléments des enquêtes permettant d’en apprécier publiquement l’ampleur.
Pendant ce temps, responsables et professionnels des secteurs concernés ont documenté des causes beaucoup plus matérielles : déficit de capacités électriques aux pointes, projets retardés, consommation exceptionnelle sous l’effet de la chaleur, délestages destinés à préserver l’équilibre du réseau, stations de pompage affectées par les interruptions électriques, incidents techniques sur les conduites, casses, fuites et vieillissement d’une partie des infrastructures hydrauliques.
Ces éléments ne permettent pas d’exclure l’existence d’actes intentionnels. Ils empêchent, en revanche, de réduire la crise actuelle à cette seule explication. Et surtout, les délestages programmés par la Steg pour maintenir l’équilibre du système électrique ne sauraient être assimilés aux coupures intentionnelles évoquées par le président de la République.
Pour celui qui attend le retour de l’eau ou de l’électricité, la bataille des explications change de toute façon peu la réalité.
Le ras-le-bol a d’ailleurs depuis longtemps quitté les seuls réseaux sociaux.
En juillet, l’Observatoire social tunisien relevant du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a recensé 1.101 mouvements de protestation, le niveau le plus élevé enregistré pour un mois de juillet depuis dix ans. Parmi eux, 373 étaient liés aux problèmes d’accès à l’eau potable et 305 aux coupures d’électricité. À eux seuls, ces deux services essentiels ont ainsi concentré 678 mouvements, soit plus de 60% des protestations recensées durant le mois.
Le 20 août, plusieurs centaines de personnes ont encore manifesté à Tunis à l’appel du mouvement Nafas. Les revendications étaient plus larges, mêlant libertés, coût de la vie, médicaments et chômage, mais les difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité y occupaient également une place.
Fin août, le FTDES a qualifié la situation de « crise sociale structurelle étouffante » et mis en garde contre les conséquences de l’accumulation des tensions.
Et ce jeudi 3 septembre, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’Ordre national des avocats de Tunisie et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) ont, à leur tour, cité les crises de l’eau et de l’électricité parmi les manifestations de la dégradation des conditions de vie.
Le signal devient difficile à ignorer. Ce qui se joue ne se résume plus à un problème de mégawatts, de réservoirs ou de bouteilles à injecter dans les circuits de distribution. Quand l’accès à l’eau et à l’électricité devient incertain, c’est le quotidien lui-même qui devient source de tension.
À force de coupures, de files d’attente, de commerces parcourus pour rien et d’explications qui arrivent souvent après la crise, c’est désormais la patience qui vient à manquer. Car derrière les chiffres, les communiqués et les diagnostics, la demande des Tunisiens reste d’une simplicité désarmante : pouvoir appuyer sur un interrupteur et ouvrir un robinet sans se demander si, cette fois, la lumière s’allumera et si l’eau coulera.
Imen NOUIRA











9 commentaires
Du rire aux larmes...
https://m.youtube.com/shorts/WFqQOhu4PCc
(7:20 )
https://m.youtube.com/watch?v=9hTQTI82QX0&pp=ygVt2LnZhNmJINio2KfYqCDYp9mE2YXYs9ik2YjZhCDYp9mE2K3ZhNmC2Kkg2YXYuSDYsdim2YrYsyDYp9mE2KzZhdmH2YjYsdmK2Kkg2YXYrdmF2K8g2YXZhti12YEg2KfZhNmF2LHYstmI2YLZig%3D%3D
Mhammed Ben Hassine
En résumé et en caractères gras
DES RESPONSABLES POLITIQUES INCOMPÉTENTS
SILS NE LE SONT PAS ET QUILS BUTENT DUR DES PROBLEMES QUI LEURS DÉPASSENT L’AFFAIRE EST SIMPLES QUILS PLIENT BAGAGED LA TETE HAUSSE
Mhammed Ben Hassine
ras-le-bol….!
Ne vous faites et ne vous inquiétez pas sa passera et on retrouvera le calme une fois ce ras le bol se dissipera sans bavures. une qualité tun ce qui s’échauffe vite se refroidi vite
jamel.tazarki
Crise de l’eau en Tunisie : L’illusion de la bouteille face à l’urgence du réseau public
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A) L’absurdité de l’alternative plastique:
Face aux pénuries d’eau qui frappent régulièrement la Tunisie, en particulier lors des pics de chaleur estivaux, l’idée de pallier les défaillances du réseau public par une distribution massive d’eau minérale en bouteille est une impossibilité matérielle, logistique et écologique. Pour une population de près de 13 millions d’habitants, garantir un minimum vital de 3 litres d’eau par jour et par personne exigerait la production et l’acheminement de 39 millions de bouteilles quotidiennes. Cette équation est irréalisable pour le pays :
– Un outil industriel saturé : Les stations de conditionnement nationales atteignent péniblement une capacité maximale d’environ 10 millions de litres par jour en été.
– Un défi routier herculéen : Transporter un tel volume nécessiterait la rotation quotidienne de plus de 1 500 camions semi-remorques, saturant immédiatement le réseau routier.
– Un désastre environnemental : Le pays devrait gérer l’afflux ingérable de 14 milliards de bouteilles en plastique jetables par an.
B) Le mécanisme de la crise : le transfert de charge:
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b1) La demande extrême en eau minérale observée au cœur de l’été n’est pas un choix de confort, mais la conséquence directe et mécanique de l’absence d’eau au robinet des ménages. Lorsque les coupures du réseau public se prolongent, les circuits commerciaux et les épiceries deviennent le seul refuge de survie pour les familles. Ce basculement brutal engendre immédiatement des ruptures de stock, des phénomènes de spéculation et des hausses de prix intolérables pour le pouvoir d’achat des citoyens.
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b2) Comment cela a-t-il pu fonctionner jusqu’à mi-juillet, sans pénurie d’eau minérale en bouteille ? La réponse est évidente : avant cette date, l’eau du robinet était le plus souvent disponible avec de courtes coupures. Mais, avec l’arrivée de la grande chaleur, elle se faisait rare pendant plusieurs jours dans les grands quartiers et les grandes villes du pays. On savait que le système de canalisation finirait par craquer, un jour ou l’autre. Mais on ne s’attendait pas à ce que cela se produise, au pire moment de la canicule et des délestages.
C) Le nœud du problème : l’interdépendance Eau-Électricité
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c1) Comment cela a-t-il pu fonctionner jusqu’à mi-juillet, sans pénurie d’eau minérale en bouteille? La réponse est évidente : avant cette date, l’eau du robinet était le plus souvent disponible avec de courtes coupures. Mais, avec l’arrivée de la grande chaleur, elle se faisait rare pendant plusieurs jours dans les grands quartiers et les grandes villes du pays. On savait que le système de canalisation finirait par craquer, un jour ou l’autre. Mais on ne s’attendait pas à ce que cela se produise, au pire moment de la canicule et des délestages.
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c2) L’accès à l’eau courante pendant les vagues de chaleur se heurte à un obstacle technique majeur : le lien indissociable entre la distribution d’eau et la disponibilité de l’énergie. Pour acheminer l’eau vers les réservoirs et les quartiers situés en altitude (à l’instar de Sidi Bou Saïd ou des hauteurs des grandes agglomérations), la SONEDE dépend de puissantes stations de pompage électriques. Or, la saison estivale coïncide avec les pics de consommation électrique dus à la climatisation, contraignant la STEG à procéder à des délestages. Sans électricité, les pompes s’arrêtent instantanément, provoquant des coupures d’eau totales dans les zones en hauteur, indépendamment du niveau des réserves de distribution.
D) Pistes de solutions à court et moyen termes –> Pour remédier à cette crise sans basculer dans la panique, deux mesures immédiates doivent être instaurées :
d1) Limiter la durée des coupures : Les interruptions de service doivent être contenues sous un seuil tolérable de 3 à 5 heures maximum pour préserver la salubrité publique et éviter les ruptures de canalisations dues aux variations de pression.
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d2) Planifier et informer : La mise en place d’un système d’alerte transparent (par SMS ou communiqués locaux) permettrait d’avertir les résidents à l’avance. Connaissant les plages horaires de coupure, chaque foyer pourrait constituer une réserve d’eau minimale, stabilisant ainsi la demande sur le marché de l’eau en bouteille.
E) Conclusion stratégique : Où faut-il investir ?
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e1) Investir des dizaines de millions de dinars pour étendre les capacités de l’industrie privée de l’embouteillage et la production d’eau minérale, à l’image des investissements lourds de grands groupes privés. Ceci serait une erreur économique globale. Cette option déplace le problème vers un produit final qui coûte 800 fois plus cher au citoyen que l’eau publique, tout en aggravant la dépendance au plastique. –> La seule décision rationnelle et souveraine consiste à orienter les financements publics et les appuis internationaux vers la résilience énergétique et structurelle du réseau de la SONEDE. Cela implique :
– L’autonomisation des stations de pompage critiques face aux délestages de la STEG, grâce à l’installation de parcs solaires photovoltaïques et de groupes électrogènes de secours.
– La modernisation active des canalisations pour réduire le taux de fuite national et optimiser la pression hydraulique.
– C’est uniquement en sécurisant l’énergie des infrastructures publiques que la Tunisie garantira un accès durable, équitable et économique à l’eau potable pour l’ensemble de sa population.
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e2) L’aberration financière des usines d’embouteillage–> Un gouffre financier pour un impact limité : Multiplier les usines de production d’eau minérale nécessite d’investir des dizaines de millions de dinars par site (terrains, forages profonds, lignes automatisées d’embouteillage). Pourtant, comme le souligne l’investissement de 75,7 millions de DT de Délice Holding en 2026, l’outil industriel met des années à atteindre sa pleine capacité et à impacter réellement le marché.
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e3) Le coût caché des transports : L’investissement industriel n’inclut pas le coût d’achat et d’entretien de la flotte de camions nécessaire pour déplacer ces milliards de bouteilles à travers le pays, ni le coût environnemental de la gestion des déchets plastique qui pèse sur l’État.
e4) Financer la transition énergétique de la SONEDE, l’autonomie des stations de pompage et l’entretien des canalisations du réseau de distribution d’eau potable (de robinet) est un investissement structurel en faveur de la souveraineté. Subventionner ou encourager l’expansion du plastique privé est une dépense à perte, car elle ne fait que déplacer le problème sans jamais traiter la racine de la crise hydrique.
Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien
PS: Je m’excuse pour les fautes de frappe et d’inattention, je n’ai eu qu’une heure de temps pour rédiger ce commentaire.
jamel.tazarki
Je cite Business News TN: « M. Belhadj affirme disposer de nombreuses photos et recevoir régulièrement des vidéos envoyées par différentes personnes pour documenter cette situation. Les dernières, précise-t-il, concernent la qualité de l’eau du robinet. Il explique cependant avoir choisi de ne pas les publier, considérant qu’une telle diffusion ne servirait pas nécessairement l’image de la Tunisie, aussi bien à l’intérieur qu’à l’étranger, et pourrait « faire plus de mal que de bien».
voir le lien web: https://businessnews.com.tn/2026/09/03/aram-belhadj-si-les-derives-se-poursuivent-letat-finira-reellement-par-seffondrer/1416747/
–>
que faire dans ce cas afin de purifier 20L d’eau de robinet rapidement et sans gaspillage:
a) Ce qu’il vous faut :
– Un tissu en coton propre (pagne, canevas)
– Des filtres à café en papier (très hygiéniques et économiques)
– Un entonnoir propre et une petite tasse vide
– Une marmite, du feu et un bidon propre de 20 litres
b) Étape 1 : Le pré-filtrage au tissu (Gain de temps): Versez l’eau brute à travers un tissu en coton. Cela retient la boue et le sable en quelques secondes.
b) Étape 2 : L’ébullition (Obligatoire pour tuer les microbes): Faites bouillir l’eau pré-filtrée à gros bouillons pendant 1 minute complète (3 minutes en montagne). La chaleur détruit les microbes (choléra, typhoïde). Laissez refroidir.
c) Étape 3 : Le filtrage au filtre à café (contre le calcaire et autres particules): L’ébullition crée un dépôt de calcaire blanc et autres particules au fond de la marmite. Versez l’eau refroidie dans le bidon final à travers un filtre à café placé dans l’entonnoir.
d) Pour ne pas boucher le filtre –> Des dépôts blancs de calcaire et autres particules vont s’accumuler au fond du filtre et ralentir l’écoulement. Ne jetez pas le filtre ! Dès que le dépôt apparaît, il faut:
d1) Retirez délicatement l’entonnoir du bidon.
d2) Renversez les dernières gouttes d’eau chargées de calcaire et autres particules dans une petite tasse pour vider le filtre de ses impuretés.
d3) Replacez l’entonnoir sur le bidon et continuez à verser votre eau. C’est rapide, hygiénique et économique !
e) Étape 4 : Redonner du bon goût à l’eau –> l’eau bouillie devient fade. Que faire:
e1) Secouez vigoureusement le bidon fermé pendant une minute pour y remettre de l’air.
e2) ajoutez un filet de jus de citron.
f) ATTENTION SÉCURITÉ : Pour l’Étape 3, l’entonnoir, la tasse, le bidon et vos mains doivent être lavés au savon. Ne réintroduisez pas de microbes dans l’eau pure !
Mhammed Ben Hassine
Mais quel casse tête chinois
Tu penses réellement que c’est pratique
J’en doute
Nahor Guëttam
Chère Iman Nouira et rédaction B.N..
Je dois vous faire remarquer que Vos articles sont excessivement long, des phrases restent incomplètes, d’autres retournent dans le même sens! Arrêtez SVP de produire des articles ennuyants, redondants, passés à l’I.A. (ChatGpt etc.). Vous détruisez le journalisme d’enquête et vous étouffez votre créativité et votre sens de la concision !
N.G.M. -libre activiste
Hannibal
Toutes les personnes et les entreprises ayant subi des dégâts matériels ou physiques devront déposer des plaintes pour déterminer les responsabilités et obtenir des indemnisations.
Vous vous dîtes que je suis utopiste avec la police et la justice que nous avons. Peut-être. De quels autres moyens légitimes dispose-t-on pour faire valoir nos droits et éviter que de tels événements honteux ne se reproduisent ?
EL OUAFI
Effectivement le ras-le-bol des Tunisiens !
Si ça continue à cette allure ?
La révision du retour au pays est remis en question ❓️
Non trop c’est trop !
Ces coups de bélier à répétition son̈t devenus insupportables, galèrer entre coupures de courant manque d’eau potable,( bouteilles) et même celle du robinet pour faire ses tâches les plus élémentaires, douche, cuisine que toutes personnes a besoin quotidiennement.
Exténué par cette torride canicule qui nous empêche de circuler paisiblement sur le terrain !
Non le ras-le-bol des, et ceux qui viennent passer quelques jours subir ce calvaire autant rester chez soit (en Europe ça serait plus sage !
Ou moduler le séjour suivant le climat et les événements locaux. )
Dépenser des milliers de Dinars pour des désagréments à répétitions !
Autant s’en passer.