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Rentrée scolaire : l’UGTT alerte sur la dégradation de l’école publique et se dit prête à la mobilisation

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Par Myriam Ben Zineb

    Les fédérations générales et les syndicats représentant les différents corps de l’éducation au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) ont dressé, à l’occasion de la rentrée scolaire, un constat particulièrement critique de la situation de l’école publique. Manque de moyens humains et matériels, infrastructures dégradées, remise en cause d’accords antérieurs et absence de réforme globale figurent parmi les principaux points soulevés.

    Réunis au siège de l’UGTT, les représentants syndicaux ont estimé, dans un communiqué rendu public ce lundi 7 septembre 2026, que les difficultés continuaient de s’accumuler dans la majorité des établissements scolaires.

    Ils ont notamment pointé le manque d’équipements et d’espaces ainsi que la détérioration des infrastructures, considérant que ces problèmes affectaient à la fois les conditions de travail, l’apprentissage, l’accompagnement pédagogique et, plus largement, la vie scolaire.

    Un « manque criant » de ressources humaines

    Les syndicats ont également alerté sur un « manque criant » de ressources humaines. Ils l’attribuent notamment à la faiblesse des recrutements et au non-remplacement des départs à la retraite, avec pour conséquence une pression professionnelle accrue sur les personnels des différents corps de l’éducation.

    Le communiqué dénonce, parallèlement, un recul sur plusieurs droits et acquis ainsi qu’une remise en cause de certains accords conclus précédemment. Les structures syndicales évoquent notamment l’exclusion des représentants des éducateurs du mouvement de mutation, désormais géré unilatéralement, d’après elles, par le ministère.

    Elles dénoncent également une remise en cause des accords relatifs au volume horaire de travail, avec des conséquences telles que les dépassements de service et les compléments horaires.

    Autre grief : « l’improvisation » et l’absence d’une réforme éducative « réelle et globale », capable d’accompagner les évolutions scientifiques et les transformations de la société. Les syndicats critiquent également une gestion qu’ils jugent strictement administrative de certaines situations professionnelles, humaines, sanitaires et sociales, sans prise en compte suffisante de leurs spécificités.

    « Affaiblir l’école publique » menace l’égalité des chances

    Pour les structures syndicales, la dégradation de l’école publique ne concerne pas uniquement ses personnels. Elle touche directement le droit de tous les élèves à un enseignement de qualité et à l’égalité des chances.

    Elles considèrent ainsi que l’affaiblissement de l’école publique menace « l’un des fondements les plus importants de la société tunisienne » et, au-delà, l’avenir du pays.

    Face à ce constat, les syndicats réclament la reprise des négociations et l’ouverture d’un « dialogue sérieux et responsable » avec les représentants des différents corps de l’éducation. Ils demandent également le respect des droits et des acquis, ainsi que l’arrêt de toutes les formes de pression et de « harcèlement » visant les personnels.

    Le communiqué appelle aussi à traiter les situations sanitaires, sociales et professionnelles en tenant compte de leur dimension humaine, à garantir des établissements sûrs, décents et correctement équipés et à adopter une politique salariale permettant aux personnels de l’éducation et à leurs familles de vivre dignement.

    Une réforme qui touche programmes, méthodes et temps scolaire

    Les structures syndicales réclament surtout le lancement d’une réforme éducative « réelle et participative », qui ne se limiterait pas à des ajustements ponctuels.

    Celle-ci devrait, d’après le communiqué, englober les programmes et les curricula, les méthodes d’enseignement et d’évaluation, le temps scolaire, l’information et l’orientation, l’accompagnement pédagogique, la vie scolaire, la formation ainsi que la gestion des établissements. Cette réforme devrait également s’appuyer sur l’expérience des acteurs de terrain et les résultats de la recherche en sciences de l’éducation.

    Les représentants syndicaux demandent, en outre, que les enseignants et l’ensemble des personnels soient considérés comme des « partenaires et acteurs essentiels du processus éducatif » et non comme de simples exécutants des décisions administratives.

    Enfin, ils réaffirment leur attachement à la défense de l’école publique et des droits et acquis des personnels de l’éducation. Ils appellent les professionnels du secteur, les parents, la société civile et « toutes les forces vives du pays » à unir leurs efforts pour défendre l’enseignement public.

    Les syndicats concluent en affirmant leur disponibilité à défendre leurs droits matériels et moraux « par toutes les formes de lutte ».

    M.B.Z

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