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Permis de Rhemoura : Mahmoud El May dénonce une « propagande populiste »

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    L’expert du secteur pétrolier Mahmoud El May a réagi, dans une publication Facebook partagée le 7 septembre 2026, à la polémique autour du prétendu « non-renouvellement du permis de Rhemoura ». Il estime que le débat public s’appuie, une nouvelle fois, sur des raccourcis qui ne résistent pas à l’examen des faits et des données contractuelles. En effet, un grand nombre de publications sur les réseaux sociaux reprend une rumeur infondée selon laquelle des ordres auraient été donnés pour ne pas renouveler les contrats d’exploitation des champs pétroliers en Tunisie. Une élue a même publié un message sur Facebook traitant du même sujet. « Encore une fois, la propagande populiste prend le dessus sur les faits », écrit Mahmoud El May en introduction de sa publication.

    Selon lui, présenter la situation de Rhemoura comme une décision récente de l’État tunisien visant à écarter une compagnie étrangère est trompeur. Il rappelle que Rhemoura est une concession dont l’échéance est fixée au 14 janvier 2039.

    La structure de l’actionnariat est également mise en avant par l’expert, l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (ETAP) détient 51% de la concession, tandis que les 49% restants sont détenus par Panoro UK. « Alors, de quel “non-renouvellement” parle-t-on exactement ? », s’interroge-t-il.

    Mahmoud El May estime que le cas de Rhemoura doit également être replacé dans le contexte plus large de la politique énergétique tunisienne. Il cite à cet égard la concession Sabeh, accordée par l’État tunisien en 2025 pour une durée de 30 ans, soit jusqu’en 2055. Le partenariat implique trois acteurs, le groupe italien ENI, avec une participation de 42%, l’ETAP avec 30% et le groupe autrichien OMV avec 28%. Pour l’expert, cet exemple vient contredire le discours selon lequel la Tunisie chercherait actuellement à « chasser les étrangers de son pétrole ».

    « Pendant qu’on entretient dans l’opinion l’idée d’une Tunisie qui “chasse les étrangers de son pétrole”, l’État tunisien vient lui-même d’accorder en 2025 une concession de 30 ans à un partenariat comprenant ENI et OMV », souligne-t-il.

    Au-delà du cas de Rhemoura, Mahmoud El May appelle à un débat énergétique fondé sur les données contractuelles et économiques plutôt que sur les seuls arguments politiques ou émotionnels. « La politique énergétique ne peut pas être construite sur des slogans, des approximations ou une exploitation populiste de l’émotion nationale », affirme-t-il.

    L’expert considère que la question de la souveraineté énergétique doit être abordée à partir d’éléments concrets : les contrats conclus par l’État, les dates d’échéance des concessions, les participations de l’ETAP, les investissements réalisés ou attendus ainsi que les retombées économiques pour la Tunisie.

    Pour Mahmoud El May, l’objectif prioritaire reste la sécurité énergétique du pays. « La souveraineté énergétique mérite mieux que le populisme. Les chiffres et les contrats sont là pour le démontrer », écrit-il, avant de rappeler que « la sécurité énergétique doit être notre but premier ».

    R.A.

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