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Mohamed Yousfi : seize organisations et associations appellent à sa libération

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Par Myriam Ben Zineb

    Seize organisations et associations ont exprimé, mercredi 9 septembre 2026, leur soutien au journaliste Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média d’investigation Alqatiba, placé la veille sous mandat de dépôt. Elles ont appelé à sa libération et à l’abandon des poursuites engagées à son encontre.

    Dans un communiqué commun, les organisations signataires sont revenues sur les conditions dans lesquelles le mandat de dépôt a été délivré mardi par le juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier.

    Elles affirment que la décision a été prise avant l’achèvement de l’interrogatoire du journaliste et des plaidoiries de la défense. Ces éléments avaient déjà été avancés par le comité de défense et relayés par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT).

    Les signataires évoquent également l’état de santé de Mohamed Yousfi, qui aurait subi une intervention chirurgicale après son interpellation vendredi dernier. Le SNJT avait lui aussi fait état de cette intervention et alerté à plusieurs reprises sur la nécessité d’assurer au journaliste un suivi médical.

    Les qualifications judiciaires contestées

    Le communiqué indique que Mohamed Yousfi est poursuivi notamment pour des faits qualifiés de « constitution d’une entente en vue de porter atteinte aux personnes et aux biens », « blanchiment d’argent » et « enrichissement illicite ».

    Les organisations signataires contestent cependant les fondements de ces poursuites. Se référant aux déclarations du comité de défense, elles affirment que le dossier ne comporterait pas de rapports faisant état de transferts financiers suspects, d’opérations bancaires suspectes ou de documents immobiliers susceptibles, selon elles, d’étayer ces accusations.

    Une source judiciaire citée précédemment par l’agence Tap avait indiqué que l’enquête portait notamment sur des soupçons d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent.

    Les signataires considèrent, pour leur part, que l’affaire Mohamed Yousfi doit être replacée dans un contexte plus large de restrictions visant les acteurs de la société civile, les journalistes, les syndicalistes et les opposants.

    Elles dénoncent notamment ce qu’elles considèrent comme une utilisation des législations relatives au terrorisme et au blanchiment d’argent pour poursuivre des activités relevant, à leurs yeux, des libertés d’expression, de publication, de la presse et de l’opposition politique.

    Un appel à la mobilisation

    Les organisations expriment leur « solidarité absolue » avec Mohamed Yousfi, sa famille, Alqatiba et, plus largement, avec la presse. Elles appellent les composantes de la société civile et politique à se mobiliser en faveur de sa libération et pour la défense des droits et libertés.

    Le communiqué a été signé par Al Bawsala, Legal Agenda, l’Association des journalistes de Nawaat, la coalition contre la criminalisation de l’action civile, le Front pour les droits des femmes et l’égalité, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), l’association Beity, le Forum Ettajdid, I Watch, Aswat Nissa, l’association Al Khatt, Inkyfada, l’association Nachaz, l’association Ifriqiya, l’Association tunisienne de défense des libertés individuelles (ADLI) et l’association Rou’ya Horra.

    Mohamed Yousfi avait été interpellé vendredi 4 septembre devant les locaux d’Express FM, où il devait participer à une émission consacrée à la politique de l’eau. Après son placement puis la prolongation de sa garde à vue, un mandat de dépôt a été émis à son encontre mardi 8 septembre.

    M.B.Z

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