Une vidéo largement relayée sur Tiktok affirme que la Tunisie aurait officiellement décidé d’interdire l’accès aux sites pornographiques. Cette affirmation est trompeuse. Si la question du blocage des sites pornographiques a bien été évoquée en Tunisie en 2026, il ne s’agit pas, à ce stade, d’une décision officielle d’interdiction générale entrée en vigueur.

À l’origine de cette confusion se trouve une initiative annoncée en avril 2026 par le député Marouen Zayane, membre du Conseil national des régions et des districts. Le 3 avril 2026, plusieurs médias tunisiens ont rapporté que le député avait annoncé le dépôt d’une proposition visant à renforcer le contrôle de l’espace numérique. Parmi les mesures proposées figuraient notamment le blocage intégral des sites à caractère pornographique, y compris les contenus générés par intelligence artificielle, ainsi que l’interdiction de TikTok.
La proposition évoquait également la mise en place d’un système d’identification numérique et de vérification de l’âge pour l’accès à certains réseaux sociaux, ainsi que des mécanismes permettant aux parents de superviser l’accès de leurs enfants à Internet.
Autrement dit, il y a bien eu une initiative parlementaire concernant le blocage des sites pornographiques en Tunisie. Mais une proposition de loi ne constitue pas, à elle seule, une loi adoptée et applicable.
La formulation utilisée dans la vidéo selon laquelle « la Tunisie a décidé d’interdire l’accès aux sites pornographiques » laisse entendre qu’une mesure générale aurait été définitivement adoptée et mise en application.
Les éléments vérifiés ne permettent pas de confirmer cette affirmation. Le fait exact est beaucoup plus précis un député tunisien a proposé, en avril 2026, le blocage des sites pornographiques dans le cadre d’un projet visant à renforcer le contrôle de l’espace numérique. Il ne faut donc pas confondre une déclaration ou une proposition parlementaire avec un projet de loi en cours de discussion, une loi définitivement adoptée; et une mesure effectivement entrée en vigueur.
Cette affirmation rappelle également une autre séquence de désinformation apparue en Égypte en avril 2026. À partir du 11 avril notamment, des publications ont circulé autour d’un prétendu « blocage officiel des sites pornographiques en Égypte ». Des médias égyptiens ont alors rapporté l’existence de mouvements parlementaires et de propositions visant à lutter contre les contenus pornographiques, mais cela ne signifiait pas qu’une décision générale de blocage de tous les sites pornographiques avait été adoptée.
Il existe par ailleurs en Égypte un cadre juridique permettant certaines restrictions concernant les contenus pornographiques et les sites électroniques. Le Conseil suprême de régulation des médias rappelle notamment, dans le texte officiel de la loi sur la régulation de la presse et des médias, des dispositions concernant les contenus pornographiques et la possibilité de prendre certaines mesures à l’encontre de sites relevant de son champ de compétence.
Mais là encore, l’existence de dispositions juridiques ou de propositions parlementaires ne signifie pas qu’une nouvelle interdiction générale de tous les sites pornographiques vient d’être décidée.
Ainsi, la vidéo est trompeuse. La Tunisie n’a pas, sur la base des éléments vérifiés, annoncé une nouvelle interdiction générale déjà entrée en vigueur concernant l’accès à tous les sites pornographiques, l access est toujours possible.
R.A.












