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Ils manifestaient pour Soumoud et se retrouvent en prison : qui sont les personnes arrêtées ?

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Par Raouf Ben Hédi

    Ils étaient descendus dans la rue pour soutenir les détenus de la Flottille Soumoud et exprimer leur solidarité avec les défenseurs de la cause palestinienne. Quelques jours plus tard, ils se retrouvent eux-mêmes derrière les barreaux.

    Le dossier judiciaire né de la manifestation organisée le 19 septembre à Tunis présente une galerie de profils loin d’être homogène. De jeunes militants de gauche à des activistes de la société civile, en passant par des figures engagées dans le mouvement étudiant, des militants politiques, une médecin, un homme de 73 ans et même un lycéen : la mobilisation en soutien à Soumoud a désormais sa propre liste de détenus.

    Vendredi 25 septembre 2026, des mandats de dépôt ont été émis contre l’ensemble des personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire. Le dossier du mineur Adam Mbarek a été transmis au juge des enfants, qui a également ordonné son placement en détention. Son audience est fixée au 6 octobre.

    Adam, lycéen à Raoued, derrière les barreaux

    Le plus jeune de cette liste est Adam Mbarek, élève dans un lycée de Raoued et engagé dans l’action associative.

    Arrêté dans le cadre de la mobilisation en soutien aux détenus de la Flottille Soumoud, le jeune homme a été présenté au juge des enfants. Celui-ci a ordonné son placement en détention. Son audience est prévue le 6 octobre.

    Depuis son arrestation, ses camarades et ses enseignants se mobilisent pour réclamer sa libération, faisant de son cas l’un des plus emblématiques de cette affaire.

    Le fait qu’un lycéen se retrouve ainsi détenu dans le cadre d’une mobilisation a suscité de nombreuses réactions dans son entourage scolaire et associatif.

    Une jeunesse militante très présente

    Plusieurs jeunes activistes figurent parmi les personnes arrêtées.

    Meriem Halfaoui est une activiste de la société civile. Elle fait partie du mouvement de soutien qui réclame la libération des participants détenus de la Flottille Soumoud.

    Kaïs Bouzouiza est un militant politique et ancien dirigeant étudiant de l’Union générale tunisienne des étudiants (UGET). Son parcours l’inscrit dans le mouvement étudiant et militant tunisien.

    Marouen Bedhiafi est un activiste de gauche engagé en faveur de la cause palestinienne. Il avait notamment participé à la caravane Soumoud, organisée avant le départ de la flottille.

    Hathemi Hammami, jeune activiste de la société civile, figure également parmi les personnes concernées par la procédure.

    Khalil Abidi est, de son côté, un militant engagé en faveur de la cause palestinienne.

    Des parcours différents, mais un même point de convergence au moment de leur arrestation : leur participation à la mobilisation en soutien aux détenus de la Flottille Soumoud.

    Autre figure du dossier, Rachid Othmani est un activiste engagé en faveur de la cause palestinienne. Il est membre de la Commission nationale de défense des activistes emprisonnés de la Flottille Soumoud.

    Son engagement dans le dossier des détenus de la flottille précédait donc la manifestation du 19 septembre. Il faisait partie de ceux qui se mobilisaient publiquement pour obtenir leur libération.

    Entre engagement politique et société civile

    Parmi les personnes arrêtées figurent également Souhail Chebbi et son épouse Thouraya Chtiba.

    Souhail Chebbi est membre du Conseil de la Choura du mouvement Ennahdha. Son profil tranche avec celui des jeunes militants de gauche ou des activistes issus du mouvement étudiant présents dans le même dossier.

    Son épouse, Thouraya Chtiba, est médecin et engagée dans la société civile.

    Le couple avait été interpellé avec ses deux filles dans le cadre de la même vague d’arrestations. L’interpellation d’une famille entière, dans le prolongement de la manifestation, avait déjà retenu l’attention. Le dossier judiciaire s’est depuis resserré autour des personnes maintenues en détention.

    Leur présence dans cette affaire rappelle que la mobilisation autour de la Flottille Soumoud a réuni des personnes issues d’horizons politiques et associatifs très différents.

    Autre profil politique : Adel Ben Ghazi, membre du Conseil de la Choura d’Ennahdha et président de l’Association des blessés de la révolution.

    Son parcours est lui aussi différent de celui des jeunes activistes de gauche ou des militants pro-palestiniens. Là encore, c’est autour de la question de la Flottille Soumoud et du soutien aux personnes détenues que ces trajectoires se sont retrouvées dans la même mobilisation.

    Mounir Ayadi, 73 ans, interpellé après avoir prêté son véhicule

    Le cas de Mounir Ayadi, âgé de 73 ans, est encore différent.

    Il avait été arrêté jeudi 24 septembre. Selon les informations communiquées autour de son arrestation, il avait prêté son véhicule à des manifestants qui y avaient installé un haut-parleur.

    Son âge contraste avec celui de la majorité des personnes arrêtées : alors que plusieurs jeunes militants figurent dans le dossier, un homme de 73 ans se retrouve lui aussi concerné par les poursuites.

    Une liste qui dépasse les clivages habituels

    Jeunes militants de gauche, activistes pro-palestiniens, acteurs de la société civile, anciens responsables du mouvement étudiant, militants politiques, islamistes, homme de 73 ans et lycéen : les profils des personnes placées en détention ne dessinent pas le portrait d’un seul mouvement ou d’une seule famille politique.

    Ils ont en commun leur participation, à des degrés différents, à la mobilisation en faveur des détenus de la Flottille Soumoud et leur engagement public autour de la cause palestinienne.

    Ces personnes ont été renvoyées devant la juridiction correctionnelle pour un ensemble de délits. Selon nos sources, les poursuites portent notamment sur des faits liés à l’atteinte aux symboles de l’État et à ses institutions, ainsi qu’à des troubles à l’ordre public.

    Les manifestants qui s’étaient rassemblés pour réclamer la libération des détenus de la Flottille Soumoud sont désormais eux-mêmes détenus.

    Une mobilisation qui, en quelques jours, a ainsi produit une nouvelle série de détenus. Et avec elle, une question qui dépasse désormais le seul dossier Soumoud : jusqu’où peut aller l’expression publique d’une solidarité politique et humanitaire en Tunisie ?

    R.B.H

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