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Prix de l’ABA à Ayachi Hammami : l’Onat réaffirme sa demande de libération

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Par Raouf Ben Hédi


    L’Ordre national des avocats de Tunisie (Onat) a publié, vendredi 25 septembre 2026, un communiqué dans lequel il félicite l’avocat et défenseur des droits humains Ayachi Hammami, actuellement détenu, pour l’obtention du Prix international des droits humains décerné par l’American Bar Association (ABA).

    La distinction lui a été remise ce vendredi à Londres, à l’occasion de la conférence d’automne de la section de droit international de l’ABA. En raison de sa détention, c’est sa fille, Fida Hammami, qui a réceptionné le prix en son nom.

    Un avocat engagé depuis plusieurs décennies

    L’Onat souligne qu’Ayachi Hammami est une figure de la défense des droits humains en Tunisie depuis l’époque de Zine el-Abidine Ben Ali. Au cours de sa carrière, il a notamment défendu des journalistes, des militants politiques et des syndicalistes.

    Après la révolution de 2011, il a siégé à la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution et participé à l’élaboration du décret-loi n°88 relatif à la liberté d’association. Il a également présidé la section de Tunis de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme et été membre du bureau exécutif d’EuroMed Droits, rappelle l’Onat.

    Son engagement lui a également valu d’être poursuivi dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État », dans laquelle il assurait la défense de plusieurs opposants et militants. Arrêté en décembre 2025, Ayachi Hammami purge actuellement une peine de cinq ans de prison dans le cadre de cette affaire.

    Vendredi 18 septembre 2026, il avait annoncé depuis la prison de Mornaguia avoir entamé une grève de la faim en solidarité avec son codétenu Wael Naouar, membre de la Coordination tunisienne de la Flottille Al Soumoud. Ce dernier avait observé une grève de la faim pendant plus d’un mois avant de suspendre son mouvement en raison de la détérioration de son état de santé.

    Un hommage à la profession d’avocat

    Au-delà de la personne d’Ayachi Hammami, l’Onat présente cette distinction comme un hommage à l’ensemble de la profession d’avocat, qu’il inscrit dans une mission historique de défense des droits, des libertés, de l’indépendance de la justice et de la protection des justiciables.

    L’Ordre rappelle à ce titre que la profession d’avocat tunisienne compte parmi ses distinctions collectives le prix Nobel de la paix 2015, attribué au Quartet du dialogue national tunisien, dont elle faisait partie.

    L’Onat rend également hommage à Ayachi Hammami et, à travers lui, à « toute avocate et tout avocat détenu et privé de sa liberté pour ses opinions et sa défense du droit à l’activité politique et civile ».

    Selon l’Ordre, Me Hammami restera inscrit dans les annales de la profession comme un avocat ayant porté les causes de la liberté, de la justice et des droits humains, et ayant fait de leur défense « un engagement, une pratique et une position ».

    L’Onat estime par ailleurs que l’attribution de ce prix à un avocat tunisien actuellement détenu intervient dans un contexte de recul des libertés publiques dans le pays. Il évoque notamment des restrictions touchant la liberté d’expression, d’organisation et de manifestation, ainsi que des interrogations sur l’indépendance de la justice et les garanties d’un procès équitable.

    L’Ordre réitère ainsi sa demande de libération d’Ayachi Hammami et de l’ensemble des personnes concernées, ainsi que la levée de toutes les mesures restrictives à leur encontre.

    L’Onat conclut son communiqué en réaffirmant son attachement à une profession d’avocat « libre et indépendante ».

    R.B.H

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