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Tunisie : il achète un véhicule hybride pour en faire un taxi touristique et dit se heurter à un refus administratif

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Par Imen Nouira

    Alors que la Tunisie multiplie les incitations pour encourager l’acquisition de véhicules électriques et hybrides, un propriétaire de voiture hybride rechargeable se retrouve dans une situation pour le moins paradoxale. Après avoir acheté un véhicule destiné à être exploité comme taxi touristique, il affirme s’être vu refuser la carte d’exploitation en raison de sa motorisation. Il a décidé de porter publiquement son cas devant les autorités. Une affaire qui interpelle, d’autant que des taxis hybrides et électriques circulent déjà sur les routes tunisiennes depuis plusieurs années.

    Dans une publication diffusée jeudi 8 octobre 2026 sur les réseaux sociaux, le propriétaire d’un Chery Tiggo 8 PHEV, un SUV hybride rechargeable, a adressé un appel au ministre du Transport et au directeur général du transport terrestre pour solliciter leur intervention.

    Il affirme que les services de l’Agence technique des transports terrestres (ATTT) de Ben Arous ont refusé de lui délivrer la carte d’exploitation nécessaire à son activité de taxi touristique, au motif que son véhicule est hybride et que cette motorisation ne figure pas dans la loi n°2004-33 du 19 avril 2004, relative à l’organisation des transports terrestres.

    Face à cette situation, il demande aux autorités de lui accorder une autorisation exceptionnelle lui permettant d’exploiter son véhicule.

    Son appel soulève une question : comment un professionnel peut-il se retrouver confronté à un tel obstacle alors que les pouvoirs publics encouragent précisément l’adoption de véhicules électriques et hybrides ?

    Des taxis hybrides circulent pourtant depuis 2023

    Le cas est d’autant plus étonnant que les véhicules hybrides ne sont pas une nouveauté dans le secteur du transport professionnel tunisien.

    En juillet 2023, Business News rapportait déjà la livraison de la première Toyota Yaris Hybride Taxi, un modèle destiné aux professionnels du secteur. Quelques mois plus tard, en février 2024, plusieurs propriétaires de ce modèle partageaient leur expérience, mettant notamment en avant les économies de carburant réalisées.

    Les véhicules entièrement électriques ont également commencé à faire leur apparition dans le secteur. En mai 2025, lors d’un événement organisé par BYD Tunisie, le propriétaire d’un taxi électrique témoignait de son expérience après six mois d’exploitation.

    Autrement dit, les motorisations alternatives ont déjà trouvé leur place dans le transport professionnel tunisien.

    Une différence mérite toutefois d’être soulignée : les Toyota Yaris concernées sont des hybrides non rechargeables, tandis que le Chery Tiggo 8 PHEV est un hybride rechargeable. Par ailleurs, ces précédents concernent des taxis ordinaires, alors que le propriétaire du Chery souhaite exercer une activité de taxi touristique.

    Cette distinction ne permet donc pas de conclure que les mêmes conditions d’exploitation s’appliquent à tous ces véhicules. Elle n’enlève toutefois rien à l’intérêt de l’appel lancé aux autorités.

    L’État encourage pourtant la mobilité électrique, y compris chez les taxis

    La situation apparaît d’autant plus paradoxale que les pouvoirs publics ont engagé plusieurs mesures destinées à favoriser l’électrification du parc automobile tunisien.

    Le 25 septembre 2026, l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) annonçait ainsi la sélection de 23 propriétaires de taxis pour bénéficier chacun d’une subvention de 10.000 dinars destinée à l’acquisition d’un véhicule entièrement électrique.

    Parallèlement, l’État a instauré plusieurs avantages fiscaux pour favoriser l’acquisition de véhicules électriques et hybrides rechargeables, notamment des exonérations de droits de douane et de consommation, une TVA réduite à 7% et des allègements des taxes d’immatriculation et de circulation.

    D’un côté, les pouvoirs publics encouragent donc les automobilistes et les professionnels à investir dans des technologies moins énergivores. De l’autre, un propriétaire affirme se voir refuser la possibilité d’exploiter un véhicule hybride rechargeable dans le transport touristique.

    Il ne s’agit pas pour autant de conclure que l’administration aurait enfreint la réglementation. Les conditions applicables aux taxis touristiques peuvent différer de celles des taxis ordinaires, et le témoignage publié ne permet pas d’établir l’ensemble des circonstances du refus.

    Mais le motif invoqué, tel que rapporté par le propriétaire, mérite des éclaircissements. Si certaines motorisations ne sont pas admises pour des activités particulières de transport professionnel, les règles applicables doivent être suffisamment claires pour permettre aux intéressés d’investir en connaissance de cause.

    En attendant une éventuelle réponse des autorités, le propriétaire du Chery Tiggo 8 PHEV sollicite une autorisation exceptionnelle pour pouvoir exercer son activité. Son appel soulève une question qui dépasse son seul cas : à quoi bon encourager les professionnels à investir dans des véhicules moins polluants si leur exploitation se heurte ensuite à des obstacles administratifs ?

    I.N.

    *Photo d’illustration

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