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Électricité : après l’été des délestages, le gouvernement promet de renforcer les capacités de production avant 2027

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Par Sarra Hlaoui

    Après un été éprouvant, marqué par des coupures d’électricité inédites, le gouvernement annonce une série de projets censés renforcer les capacités de production, développer les énergies renouvelables et réduire la pression sur le réseau. Plusieurs centaines de mégawatts supplémentaires sont annoncés, avec un objectif affiché, éviter que l’été 2027 ne mette de nouveau le système électrique à rude épreuve. Reste à savoir si les projets seront réalisés dans les délais.

    L’été 2026 a rappelé, brutalement, les limites du système électrique tunisien. Alors que les températures grimpaient et que la climatisation devenait indispensable dans de nombreux foyers, les coupures et les délestages ont rythmé le quotidien de plusieurs régions, alimentant les interrogations sur la capacité du pays à répondre aux pics de consommation. À l’approche de l’hiver, le gouvernement met désormais sur la table une série de projets censés consolider les capacités de production et mieux préparer le réseau aux prochaines périodes de forte demande.

    Réunie vendredi 9 octobre 2026 sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, un conseil ministériel restreint a été consacré au suivi du plan d’action exécutif des projets énergétiques à court, moyen et long termes. Présenté par le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari, ce programme entend agir sur plusieurs fronts : remettre à niveau des capacités de production existantes, mobiliser de nouvelles installations, accélérer les projets renouvelables et contenir la demande aux heures de pointe.

    Cette annonce intervient alors que des experts mettent déjà en garde contre le risque d’un été 2027 plus difficile encore si les mesures nécessaires ne sont pas engagées à temps. L’enjeu dépasse donc l’énumération de projets. Il s’agit de savoir si les capacités promises pourront effectivement être mobilisées avant les prochaines chaleurs.

    Des capacités supplémentaires, mais à quel rythme ?

    Le plan présenté par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) prévoit d’abord d’améliorer le rendement des installations existantes. Le gouvernement mise notamment sur l’installation de systèmes de refroidissement de l’air à l’entrée des turbines, une solution destinée à limiter les pertes de performance lorsque les températures augmentent. Le gain annoncé avoisine les 250 mégawatts.

    À cette mesure s’ajoutent plusieurs projets destinés à augmenter ou à rétablir les capacités de production. La Steg prévoit ainsi l’acquisition et l’installation de moteurs à gaz d’une puissance de 200 mégawatts, ainsi que l’acquisition et la mise en service d’une troisième turbine à gaz à la centrale de Borj El Amri, d’une capacité de 300 mégawatts.

    Le programme prévoit également de récupérer l’intégralité des capacités de production des centrales de Kchabta et de Mateur, estimées à environ 190 mégawatts. Autrement dit, il ne s’agit pas uniquement de construire de nouvelles installations puisqu’une partie de la réponse gouvernementale consiste aussi à remettre pleinement en service des capacités existantes.

    Le stockage de l’électricité figure également parmi les mesures annoncées, avec l’installation d’un système de batteries d’une puissance de 300 mégawatts et d’une capacité de stockage de 600 mégawattheures. Ce dispositif doit permettre de mieux gérer la disponibilité de l’électricité et de soutenir le réseau lorsque la demande augmente.

    Ces différents projets dessinent une stratégie qui combine renforcement de la production, récupération des capacités indisponibles et stockage. Mais les chiffres annoncés correspondent à des objectifs de puissance et de stockage, et non à des capacités dont la disponibilité immédiate serait déjà acquise. Le calendrier de réalisation et la mise en service effective des installations seront déterminants, à quelques mois d’une nouvelle saison estivale.

    Le solaire et l’éolien attendus avant l’été 2027

    Le gouvernement entend également accélérer le développement des énergies renouvelables, dont la contribution doit progressivement réduire la pression sur le système électrique.

    L’objectif annoncé est d’intégrer environ 300 mégawatts issus de projets renouvelables avant l’été 2027. À cette capacité s’ajouteraient près de 40 mégawatts supplémentaires dans le cadre de la cinquième tranche du régime des autorisations.

    Le plan prévoit par ailleurs l’extension du parc éolien de Sidi Daoud, avec une capacité additionnelle d’environ 30 mégawatts, ainsi que la réalisation de deux centrales photovoltaïques.

    La première, située à Beni Mhira, doit afficher une puissance de 50 mégawatts et être équipée d’un système de stockage de 20 mégawattheures. La seconde, à Tataouine, doit atteindre une puissance de 200 mégawatts, avec une capacité de stockage de 100 mégawattheures.

    Ces projets s’inscrivent dans un objectif plus large : porter à 35% la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à l’horizon 2030. La cheffe du gouvernement a insisté sur l’accélération de leur réalisation, quel que soit le mécanisme mobilisé : autoconsommation, autorisations ou concessions.

    L’échéance de 2030 donne une direction à la stratégie énergétique nationale, mais le rendez-vous le plus immédiat reste celui de l’été prochain. L’intégration des nouvelles capacités annoncées avant cette échéance constituera l’un des tests concrets de la capacité de l’État à traduire ses objectifs en moyens de production disponibles.

    Réduire la consommation pour soulager le réseau

    Augmenter la production ne suffira pas nécessairement à éviter les tensions si la demande continue de grimper fortement aux heures de pointe. Le plan prévoit donc aussi d’agir sur la consommation, avec un objectif de réduction de la demande de 300 mégawatts pendant les périodes les plus chargées.

    Le gouvernement annonce, en parallèle, une amélioration du dispositif de délestage. Cette mesure intervient après un été durant lequel les coupures ont mis en évidence les difficultés rencontrées par le système électrique lors des pics de consommation. Le communiqué ne précise toutefois ni les modalités de cette amélioration ni les garanties permettant d’évaluer son effet sur les prochaines périodes de forte demande.

    La cheffe du gouvernement a également appelé à moderniser le réseau électrique, à déployer des compteurs intelligents, à augmenter les capacités de stockage et à renforcer l’efficacité énergétique dans les différents secteurs de l’économie. Elle a insisté sur la nécessité d’associer les citoyens et les entreprises aux programmes de maîtrise de la consommation, en particulier pendant les heures de pointe.

    Cette dimension est essentielle : la sécurité énergétique ne dépend pas uniquement de la puissance installée, mais aussi de la capacité du réseau à transporter l’électricité et à équilibrer l’offre et la demande au moment où elles se tendent le plus.

    Des annonces à l’épreuve du calendrier

    Au terme de la réunion, Sarra Zaâfrani Zenzri a appelé à accélérer l’ensemble des projets présentés par la Steg, en soulignant la nécessité d’un suivi sur le terrain pour atteindre les objectifs fixés. Elle a également réaffirmé la priorité accordée à la sécurité énergétique, « conformément aux orientations du président de la République, Kaïs Saïed« .

    Le gouvernement justifie cette priorité par la hausse de la demande, les défis climatiques et les fluctuations géopolitiques sur les marchés de l’énergie. Il invoque aussi la nécessité de garantir la continuité de l’approvisionnement électrique, d’améliorer l’efficacité de la production, de réduire le déficit énergétique et les coûts de production, tout en préservant la compétitivité de l’économie nationale et en répondant aux besoins des ménages et des entreprises.

    Reste que le communiqué détaille les mesures envisagées sans préciser, pour chacun des projets, les échéances de réalisation, l’état d’avancement des travaux, les financements mobilisés ou les éventuels obstacles à leur mise en œuvre. Ces éléments seront pourtant déterminants pour apprécier la portée réelle du programme.

    Après un été où les délestages ont parfois rappelé aux Tunisiens que l’accès à l’électricité ne pouvait être tenu pour acquis, la question n’est donc plus seulement de savoir combien de mégawatts le gouvernement entend ajouter au système. Elle est de savoir combien seront effectivement disponibles, dans quels délais et avec quelle capacité à répondre aux pointes de consommation.

    À quelques mois de l’été 2027, le calendrier devient aussi important que les chiffres. Si le plan affiche des ambitions à court, moyen et long termes, c’est bien sa première échéance qui sera scrutée : celle d’un été durant lequel les Tunisiens espèrent ne pas retrouver les mêmes coupures, au moment même où la demande d’électricité atteint ses sommets.

    S.H

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    Commentaire

    1. Hannibal

      Répondre
      9 octobre 2026 | 21h50

      La machine à promesses reprend du service

    Répondre

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