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Crédits sur l’honneur : les banques ont commencé à débloquer les financements

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Par Myriam Ben Zineb

    Dix-huit jours après l’entrée en vigueur du dispositif des crédits sur l’honneur, les banques ont commencé à débloquer les premiers financements. Le spécialiste du secteur bancaire et expert-comptable Sofiene Lourimi a fait le point, lundi 19 octobre 2026, sur le traitement des demandes, les délais de réponse et les principaux motifs de refus, lors de son intervention sur Mosaïque FM.

    Sofiene Lourimi a indiqué que la majorité des établissements bancaires avaient déjà répondu aux demandes de leurs clients, favorablement ou défavorablement, et que les premiers déblocages de fonds avaient commencé.

    Il a rappelé que les banques disposaient d’un délai légal de dix jours ouvrables à compter du dépôt de la demande pour communiquer leur décision. En cas de refus, celui-ci doit être motivé. Les clients peuvent déposer une réclamation si cette procédure n’est pas respectée.

    Les modalités de traitement diffèrent toutefois d’un établissement à l’autre. Certaines banques examinent les dossiers en une seule étape, tandis que d’autres procèdent à une étude préliminaire avant de réclamer des documents complémentaires.

    Des enveloppes rapidement épuisées pour les particuliers

    L’expert a précisé que la plupart des banques avaient recours à des systèmes automatisés pour traiter les demandes, en tenant compte notamment de la conformité des dossiers et de la capacité de remboursement des clients.

    Il a également confirmé que les enveloppes réservées aux particuliers avaient été rapidement épuisées dans plusieurs établissements, contrairement à celles destinées aux entreprises.

    Le dispositif, entré en vigueur le 1er octobre 2026, prévoit l’octroi de crédits sans intérêts ni garanties. Les banques sont tenues d’y consacrer au moins 8% de leurs bénéfices nets de l’exercice précédent, dont la moitié au minimum est réservée aux PME et aux entreprises communautaires.

    Sur la base des résultats financiers de 2025, l’enveloppe minimale théorique avait été estimée à quelque 142 millions de dinars. La part destinée aux particuliers permettrait ainsi de financer près de 14.000 bénéficiaires, dans l’hypothèse de crédits de 5.000 dinars chacun.

    Les principaux motifs de refus

    Sofiene Lourimi a expliqué que les rejets étaient principalement liés à une capacité de remboursement jugée insuffisante ou au classement bancaire de certains demandeurs auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

    Il a relevé que ce classement pouvait parfois résulter de situations ne traduisant pas nécessairement de graves difficultés financières. Le simple oubli d’un ancien compte bancaire pouvait ainsi entraîner une classification défavorable et conduire au rejet automatique d’une demande.

    L’expert a estimé nécessaire de revoir les dispositions applicables afin de remédier à ces situations et de faciliter l’accès au financement pour les clients concernés.

    Il a enfin attiré l’attention sur les obligations de remboursement des bénéficiaires, qu’ils aient demandé une période de grâce ou non. Il a souligné l’importance d’anticiper les échéances et de tenir compte de sa capacité réelle de remboursement.

    Le dispositif prévoit, pour rappel, des crédits plafonnés à 5.000 dinars pour les particuliers, 10.000 dinars pour les porteurs de petits projets et 25.000 dinars pour les PME et les entreprises communautaires, remboursables sur une durée maximale de deux ans, avec un différé pouvant atteindre six mois.

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    M.B.Z

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