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Face à la controverse, le député Tarak Mahdi invoque une « décontextualisation » et contourne les accusations 

Par Nadya Jennene

Le député Tarak Mahdi a tenté, lundi soir 13 avril 2026 à l’Assemblée, de se défendre face à la vive polémique déclenchée par ses propos sur la question migratoire et les violences sexuelles, en invoquant une « décontextualisation » de ses déclarations et en affirmant n’avoir « jamais eu l’intention de justifier ni d’encourager » de tels actes.

Devant ses collègues, son intervention s’est largement éloignée du cœur des critiques formulées à son encontre. Plutôt que de répondre de manière directe aux propos qui ont suscité l’indignation, l’élu a recentré son discours sur un échange de « vingt-cinq minutes » avec le ministre de l’Intérieur, portant sur plusieurs dossiers, dont celui des migrants et des difficultés qu’ils posent, selon lui, sur le territoire national. 

Il a insisté sur le fait que « vingt-deux secondes » seulement de cet échange avaient été reprises et diffusées sur les réseaux sociaux et a dénoncé une supposée « instrumentalisation » de ses propos, estimant que cette sélection a faussé la compréhension de ses propos.

Tarak Mahdi a également rejeté toute responsabilité dans la controverse, contestant fermement toute intention « d’encourager, de justifier ou de banaliser des violences sexuelles ». Il a soutenu que ses déclarations visaient à répondre à des informations qu’il juge infondées, faisant état d’agressions attribuées à des citoyens tunisiens, sans fournir d’éléments concrets pour étayer ces affirmations. 

Cette ligne de défense, centrée sur la mise en cause des réseaux sociaux et sur la durée de son échange avec le ministre, a toutefois laissé de côté les principales critiques formulées, notamment sur la teneur même de ses propos et leurs implications.

Il a néanmoins rappelé, de manière générale, la nécessité de « respecter la dignité humaine, quelle que soit la nationalité », tout en appelant à une plus grande prudence dans la diffusion de l’information. Concluant son intervention, il a affirmé que si ses propos avaient pu être perçus comme attentatoires à la dignité des « Tunisiennes », il en prenait acte, tout en réitérant qu’ils n’avaient, selon lui, « aucun objectif de stigmatisation ni de provocation », appelant à « dépasser les polémiques ».

Cette tentative de clarification intervient après des déclarations tenues en plénière, lors de l’audition du ministre de l’Intérieur Khaled Nouri. Dans un débat portant notamment sur les accusations de violences sexuelles visant des femmes migrantes, le député avait adopté un ton particulièrement polémique.

Affirmant que « ces gens-là doivent partir coûte que coûte » et que « toutes les lignes rouges ont été dépassées », il a surtout suscité une forte réaction en déclarant : « Qu’une ‘Africaine’ soit violée, cela ne peut pas arriver. En Tunisie, on a la beauté ».

Ces propos ont été largement dénoncés pour leur gravité et leurs implications. Ils traduisent d’abord une banalisation problématique des violences sexuelles, présentées comme impossibles dans un certain cadre, ce qui revient à en minimiser la réalité et à fragiliser la parole des victimes. L’argument de la « beauté » mobilisé pour écarter l’idée même d’un viol révèle une confusion manifeste entre violence sexuelle et critères physiques, révélant une lecture profondément erronée des mécanismes de domination et d’abus.

Ces déclarations s’inscrivant en plus dans une logique de racialisation du discours public, en opposant implicitement les femmes selon leur origine et en instaurant une hiérarchisation symbolique entre Tunisiennes et femmes dites « africaines », dans un contexte déjà marqué par une forte tension autour des questions migratoires.

N.J

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