Au lendemain du verdict rendu par la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis 1 dans l’affaire dite « El-Moussamara » (cercle de discussion), Mohamed Goumani, condamné à trois ans de prison en première instance, a livré sa version des faits et annoncé son intention de faire appel.
Dans un texte publié mercredi 15 avril 2026, l’intéressé affirme avoir comparu libre, le 14 avril, aux côtés du président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, ainsi que d’autres accusés poursuivis dans cette affaire liée à une « moussamara » organisée en avril 2023 par le Front de salut national.
« Une affaire fondée sur un propos fabriqué »
Revenant sur l’origine du dossier, Mohamed Goumani évoque une procédure entamée à la suite d’un « propos fabriqué » attribué à Rached Ghannouchi lors de cette rencontre politique. Il rappelle que les poursuites portent sur des accusations graves, notamment de complot contre la sûreté intérieure de l’État et de tentative de modification de la forme de l’État, des chefs passibles, selon lui, de peines allant jusqu’à la peine capitale.
Une défense axée sur l’expression d’une opinion
Lors de son audition, Mohamed Goumani affirme avoir nié en bloc les accusations, soutenant n’avoir fait qu’exprimer une opinion politique dans le cadre d’une activité publique. Il insiste sur le fait que son intervention lors de la « moussamara » portait essentiellement sur l’évaluation de l’action du Front de salut national et sur la nécessité de résoudre les différends politiques par des élections.
Dans ce contexte, il souligne avoir défendu une approche légaliste et affirme rejeter toute idée de confrontation ou de recours à la violence, appelant au respect des institutions et du cadre étatique.
« Aucune relation avec les éléments matériels du dossier »
L’ancien dirigeant d’Ennahdha affirme par ailleurs n’avoir aucun lien avec les pièces à conviction évoquées dans le dossier, qu’il s’agisse de documents ou de matériel saisis. Il précise ne pas avoir été interrogé à ce sujet lors de l’instruction.
Ses avocats ont, selon lui, plaidé l’absence d’éléments constitutifs de l’infraction, tant sur le plan matériel que moral, appelant à confirmer la décision initiale du juge d’instruction qui avait prononcé un non-lieu en sa faveur en mai 2024, avant que la chambre d’accusation ne décide de renvoyer l’ensemble des accusés devant la justice.
Un appel annoncé
Malgré la condamnation à trois ans de prison prononcée à son encontre, Mohamed Goumani indique qu’il interjettera appel dans les délais légaux, soulignant que cette procédure suspend l’exécution du jugement.
Se disant « convaincu de son innocence », il exprime l’espoir que la cour d’appel infirmera le jugement de première instance et prononcera un non-lieu.
S.H











