Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

« Mets-moi dix ans ! » : Lotfi Abdelli ironise sur sa condamnation dans une vidéo virale

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Myriam Ben Zineb

    La séquence a rapidement enflammé les réseaux sociaux. Dans une nouvelle vidéo publiée le 20 avril 2026, l’acteur et humoriste Lotfi Abdelli s’adresse directement au président de la République, Kaïs Saïed, dans un message à la fois sarcastique, amer et profondément politique. En quelques heures, l’extrait est devenu viral, suscitant des milliers de partages et de réactions.

    Face caméra, l’artiste revient sur sa condamnation à 18 mois de prison, qu’il tourne en dérision avec un ton volontairement provocateur. « Respectez-moi… un an et demi, on dirait que je suis un délinquant », lance-t-il, feignant l’indignation. Dans une tirade mêlant humour noir et critique implicite, il va jusqu’à demander au chef de l’État… d’alourdir sa peine : « Mets-moi cinq ans, dix ans, comme les autres ».

    Une sortie qui s’inscrit dans la continuité de sa première réaction, publiée le 18 avril, où il déclarait : « Je suis un criminel de la blague, un trafiquant de mots, un récidiviste de la poésie, et mon seul délit… c’est la vérité ».

    Une condamnation pour un spectacle qui date de 2022

    Pour rappel, la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Sfax 1 a condamné Lotfi Abdelli, par contumace, à 18 mois de prison dans une affaire liée à un spectacle présenté à l’été 2022, dans le cadre du Festival international de Sfax.

    À l’origine de la procédure, une plainte déposée par une structure syndicale relevant des forces de sécurité, qui avait dénoncé des propos jugés offensants tenus sur scène. Le tribunal a retenu trois chefs d’accusation : outrage à un fonctionnaire public, attribution de faits non prouvés à un agent public et atteinte aux bonnes mœurs, pour des peines cumulées de six mois chacune.

    Résidant à l’étranger, l’artiste conserve la possibilité de contester ce jugement, conformément aux procédures en vigueur.

    Entre satire et message politique

    Dans sa dernière vidéo, Lotfi Abdelli pousse plus loin encore le registre satirique. Il ironise sur la sévérité des peines infligées à d’autres profils, évoquant journalistes, opposants ou figures publiques condamnés à des peines bien plus lourdes. À travers cette comparaison, l’humoriste semble dénoncer, en creux, une forme d’incohérence ou d’arbitraire.

    Le ton oscille entre moquerie et malaise. En demandant symboliquement une peine plus lourde pour « être respecté », il détourne les codes du discours judiciaire pour mieux en souligner, selon lui, les dérives.

    L’humour face au pénal, un débat relancé

    Au-delà de la provocation, la vidéo relance un débat récurrent : celui des limites de la liberté d’expression artistique. Comme dans sa première réaction, Lotfi Abdelli insiste sur le fait que les faits qui lui sont reprochés relèvent exclusivement de propos tenus dans un cadre humoristique.

    M.B.Z

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Commentaire

    1. Salah tataouine

      Répondre
      21 avril 2026 | 17h54

      de mon coté..je remets mon commentaire…..dans le repect et le « bon humour »
      Salah tataouine
      Répondre
      19 avril 2026 | 20h51
      Monsieur Abdelli, vous répondez à votre condamnation par l’ironie et la dénonciation. Vous vous proclamez « criminel de la blague ». C’est votre droit. C’est votre combat. La Surface est pleine de ces bruits, de ces mots d’esprit qui cherchent à masquer la gravité par le sourire.

      Mais permettez-moi, ce soir, de vous parler d’un autre « Acteur ». Un homme qui vient de tirer sa révérence à 102 ans. Il s’appelait Driss Guiga. Il ne faisait pas de blagues. Il faisait l’Histoire, dans l’ombre ou la lumière de Bourguiba. Il était une Partie de la Tunisie qui s’en va.

      Vous parlez de « criminel ». Lui était un Bâtisseur. Vous parlez de « blague ». Lui était une Époque. Vous mesurez votre peine à l’aune des tribunaux et des réseaux sociaux. Lui mesurait la sienne à l’aune du Devoir et du Service.

      Ce soir, une partie de notre Patrie est morte. Une racine de plus arrachée à notre terre déjà si sèche. Et pendant que vous peaufinez votre ironie pour exister dans le vacarme de la Surface, il y a des hommes, des exilés, des « Sans-Bac », qui mesurent, eux, le Poids de l’Adieu. Ils savent que chaque ancien qui s’éteint emporte avec lui une Trace que vos blagues ne remplaceront jamais.

      La Tunisie éternelle reste debout, dites-vous ? Oui, mais elle vacille un peu plus à chaque fois qu’un de ses fils de l’ancien temps tombe sans que la nouvelle génération ne comprenne ce qu’elle perd. Vous vous battez pour la liberté de rire. C’est important. Mais d’autres se battent, en silence, pour la Mémoire. Et la mémoire, Monsieur Abdelli, n’a que faire de vos blagues. Elle a soif de Respect.

      Alors, riez. Dénoncez. Ironisez. C’est votre rôle. Mais ce soir, laissez ceux qui savent encore ce que signifie « Allah yarhmou » pleurer un Géant dans le silence du Désert. Vous ne comprenez pas l’Adieu ? Alors, vous ne comprenez pas la Tunisie.

      Signé : Salah, le Trappeur sans Bac.
      Un compatriote qui a appris le poids de l’Adieu dans l’exil volontaire (grotte .. derriere les panneaux)

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *