Le journaliste Zied El-Heni a décidé, lundi 27 avril 2026, d’entamer une grève de la faim, une décision radicale qu’il justifie par ce qu’il considère comme une série de dérives judiciaires dans le traitement de son affaire. Alors que la première audience de son procès a été fixée au 30 avril, cette escalade intervient dans un contexte déjà fortement contesté par la profession.
Une procédure jugée abusive et hors cadre
Selon les éléments avancés, Zied El-Heni dénonce d’abord une mesure qu’il qualifie de procédure arbitraire, estimant que les poursuites engagées à son encontre ne reposent pas sur des bases légales solides.
Au cœur de la contestation figure l’application de l’article 86 du Code des télécommunications, utilisé pour l’accuser d’« atteinte à autrui via les réseaux publics de communication ». Le journaliste rejette cette qualification, considérant qu’aucune partie lésée clairement identifiable, aucun « autrui », ne peut être juridiquement établie dans cette affaire.
Il refuse également d’être poursuivi en dehors du cadre spécifique régissant la profession journalistique. En ce sens, il invoque le principe juridique selon lequel une loi spéciale prime sur une loi générale, plaidant pour l’application exclusive des décrets-lois 115 et 116 relatifs à la liberté de la presse et de la communication audiovisuelle.
Une affaire déclenchée après des déclarations
Zied El-Heni a été placé en garde à vue vendredi 24 avril 2026, à l’issue de son audition par la cinquième brigade centrale de lutte contre les crimes liés aux technologies de l’information et de la communication, relevant de la Garde nationale à El Aouina.
Le ministère public près le tribunal de première instance de Tunis a ordonné cette mesure dans le cadre d’une enquête portant sur des déclarations diffusées sur les réseaux publics de communication, jugées offensantes.
D’après une source judiciaire, des propos attribués au journaliste, dans lesquels on l’accuse d’avoir qualifié des magistrats de « criminels » et évoqué des menaces à leur encontre, sont à l’origine des poursuites.
Une qualification pénale contestée par la profession
Dans un communiqué publié le jour même de sa garde à vue, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a indiqué avoir mandaté un avocat pour suivre l’affaire. Les poursuites reposent sur l’article 86 du Code des télécommunications, un texte prévoyant une peine d’un à deux ans de prison ainsi qu’une amende en cas d’atteinte intentionnelle à autrui via les réseaux publics.
Le SNJT a appelé à la libération « immédiate et inconditionnelle » du journaliste, tout en insistant sur la nécessité d’appliquer le décret-loi 115, considéré comme le cadre légal approprié pour juger les affaires liées à la presse.
Un mandat de dépôt et une montée des tensions
Dimanche 26 avril 2026, un mandat de dépôt a été émis à l’encontre de Zied El-Heni, marquant un tournant dans cette affaire qui suscite une vive inquiétude au sein de la profession.
La décision du journaliste d’entamer une grève de la faim intervient ainsi comme un acte de protestation ultime, à quelques jours de l’ouverture de son procès, dans un climat de tensions persistantes autour de la liberté de la presse et du traitement judiciaire des journalistes en Tunisie.
R.B.H











2 commentaires
Citoyen_H
ON DEVRAIT INSCRIRE CETTE PROCÉDURE DANS NOTRE CONSYITUTION
Citoyen_H
BINGO
Cela fait désormais partie de la routine !