Le Conseil national des régions et des districts a approuvé, mercredi 13 mai 2026, les cinq projets de loi relatifs à des conventions de concession pour la production d’électricité à partir de centrales photovoltaïques. Ce nouveau feu vert institutionnel intervient après l’adoption des mêmes textes par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) fin avril, dans le cadre d’un programme présenté comme stratégique pour la transition énergétique tunisienne.
Les projets concernent cinq centrales solaires implantées dans les gouvernorats de Sidi Bouzid, Gafsa et Gabès, avec une capacité de production cumulée estimée à 598 mégawatts et un coût global d’investissement avoisinant 1,64 milliard de dinars.
Des projets répartis sur cinq sites stratégiques
Les conventions approuvées portent sur les centrales photovoltaïques d’El Khabna et de Mezzouna à Sidi Bouzid, d’El Ksar et de Sagdoud à Gafsa, ainsi que de Menzel Habib à Gabès.
Le projet d’El Khabna constitue le plus important du programme avec une capacité de 198 MW et un investissement estimé à près de 500 millions de dinars. Les quatre autres centrales disposeront chacune d’une capacité de 100 MW, pour des investissements variant entre 260 et 305 millions de dinars.
Selon les données présentées lors des débats parlementaires, ces installations devraient produire plus de 1.500 gigawattheures par an.
Un pari sur la réduction de la facture énergétique
Le gouvernement mise sur ces projets pour réduire la dépendance énergétique de la Tunisie, alors que le pays fait face à un déficit énergétique croissant et à une forte pression sur les finances publiques.
Lors des auditions préparatoires devant le Conseil des régions, les représentants du gouvernement avaient souligné que les ressources nationales en énergie primaire sont passées de 8,3 millions de tonnes équivalent pétrole en 2010 à 3,4 millions en 2025, tandis que le déficit commercial énergétique dépasse désormais onze milliards de dinars.
Les autorités avancent également un avantage économique important : les tarifs d’achat de l’électricité solaire négociés dans le cadre de ces conventions oscillent entre 98,8 et 124,4 millimes le kilowattheure, contre un coût estimé à près de 300 millimes pour l’électricité produite à partir du gaz naturel importé.
Des économies attendues sur les importations de gaz
D’après les projections officielles, l’ensemble des projets devrait permettre d’économiser environ 246 millions de dinars en devises et de réduire les importations de gaz naturel de 13,3% par rapport au niveau enregistré en 2024.
Les centrales de Sagdoud et de Menzel Habib devraient chacune produire près de 280 GWh par an et permettre une réduction de consommation équivalente à environ 56.000 tonnes de pétrole par an. Le site d’El Ksar pourrait, lui, générer environ 260 GWh annuels et contribuer à une économie de près de 52 millions de dinars par an en devises.
Des interrogations persistantes autour des concessions
Malgré leur adoption, ces projets continuent de susciter des réserves au sein de la classe politique et de certains experts. Les débats ont notamment porté sur la place accordée aux opérateurs privés dans un secteur jugé stratégique, la durée des contrats de concession pouvant atteindre 25 ans, les mécanismes d’arbitrage ainsi que la capacité du réseau national à absorber cette nouvelle production.
L’intégralité de l’électricité produite sera vendue exclusivement à Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), dans le cadre de contrats d’achat conclus avec les sociétés exploitantes.
S.H











