Critiquée, moquée et largement commentée depuis plusieurs jours, la délégation gouvernementale présente à La Mecque ne semble pas troubler Ahmed Bouhali. Lundi 25 mai 2026, le ministre des Affaires religieuses a salué « le succès de la première phase de la saison du Hajj », affichant un satisfecit total malgré la polémique qui continue d’agiter les réseaux sociaux tunisiens.
La mission officielle tunisienne comprend plusieurs ministres et hauts responsables de l’État, notamment les titulaires de l’Agriculture, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ainsi que de la Jeunesse et des Sports, aux côtés d’un conseiller auprès de la Présidence de la République, d’une haute responsable du service de santé militaire et du PDG de la Société des services nationaux et des résidences (SNR). Une composition qui avait rapidement transformé le déplacement religieux en polémique politique et symbolique sur les priorités du pouvoir.
Un satisfecit ministériel malgré la polémique
Dans un communiqué publié lundi, le ministère des Affaires religieuses est revenu sur une réunion tenue samedi 23 mai à La Mecque, en présence des membres du bureau des pèlerins tunisiens, de la mission officielle, du PDG de la Société des services nationaux et des résidences (SNR) ainsi que de représentants diplomatiques tunisiens en Arabie saoudite.
Le ministère affirme que les pèlerins tunisiens ont exprimé leur satisfaction quant à l’organisation du Hajj, tandis qu’Ahmed Bouhali a insisté sur la nécessité de respecter les consignes sanitaires et les directives des autorités saoudiennes durant les rites. Plusieurs recommandations ont également été adressées aux membres de la mission, notamment concernant la protection des pèlerins contre les fortes chaleurs et l’accompagnement des personnes âgées et malades.
Une communication institutionnelle classique… mais qui intervient dans un climat beaucoup moins apaisé en Tunisie.
Ironie et critiques sur les réseaux sociaux
Très vite, la délégation XXL s’est retrouvée au cœur d’un flot de critiques et de commentaires sarcastiques sur les réseaux sociaux.
La polémique a d’autant plus pris de l’ampleur que le gouvernement avait récemment invoqué des priorités exécutives et des dossiers urgents pour justifier l’indisponibilité des ministres au Parlement durant tout le mois de mai.
La députée Syrine Mrabet avait notamment estimé que « le mois de mai devrait être consacré au travail gouvernemental », en référence aux nombreux dossiers économiques et sociaux encore en suspens.
La journaliste Hajer Boujemaa avait, elle, résumé le malaise sur un ton sarcastique : « Le gouvernement est parti accomplir le pèlerinage… afin de prier pour vous, bande de traîtres. »
Même ironie du côté du dirigeant d’Attayar, Nabil Hajji, qui avait attribué à chaque ministre une « mission spirituelle » liée à son portefeuille.
Entre communication officielle soigneusement calibrée et avalanche de commentaires sarcastiques, la polémique autour de la délégation gouvernementale continue ainsi de coller au Hajj tunisien édition 2026.
I.N.










