Les épreuves écrites de la session principale du baccalauréat 2026 ont démarré mercredi 3 juin 2026 dans un climat déjà marqué par la polémique. Quelques minutes seulement après le lancement de l’épreuve de philosophie, des publications circulant sur les réseaux sociaux ont évoqué une fuite du sujet ainsi que des opérations de fraude organisées dans plusieurs régions du pays.
Une enseignante de philosophie, Chiraz Jaziri, a notamment diffusé une vidéo en direct ainsi qu’un message publié sur Facebook dans lesquels elle affirme que le sujet de philosophie aurait circulé dès 8h02. Elle évoque également l’existence de groupes actifs sur les réseaux sociaux et d’échanges via WhatsApp destinés à faciliter la triche pendant les examens.

Dans sa vidéo, largement relayée sur la toile, l’enseignante présente plusieurs captures d’écran et publications qu’elle considère comme des preuves de fuite du sujet et d’utilisation d’équipements électroniques destinés à contourner les contrôles dans les centres d’examen.
Une polémique autour du brouillage des réseaux
Cette affaire a rapidement provoqué des réactions politiques. La députée Syrine Mrabet a notamment réagi au brouillage des réseaux de communication autour des centres d’examen, estimant que cette mesure n’a pas empêché la fuite du sujet malgré les perturbations provoquées.
Dans une publication diffusée mercredi 3 juin 2026, elle a considéré que le sujet avait malgré tout circulé « avec preuves à l’appui », tout en dénonçant les perturbations causées aux citoyens et aux communications urgentes. Elle a également qualifié cette solution « d’échec », estimant qu’elle n’avait fait qu’entraver les usagers sans empêcher la fraude.
La députée a par ailleurs appelé à accélérer la mise en place du Conseil supérieur de l’éducation afin d’engager, selon elle, « une véritable réforme » du système éducatif.
Ces accusations interviennent alors que les autorités tunisiennes avaient multiplié, ces dernières semaines, les mises en garde contre la fraude aux examens nationaux.

162.435 candidats concernés cette année
Au total, 162.435 candidats se présentent cette année aux épreuves du baccalauréat. Les examens se poursuivront les 4, 5, 8, 9 et 10 juin 2026, tandis que les résultats de la session principale seront annoncés le 23 juin.
Selon les données du ministère de l’Éducation, les élèves des établissements publics représentent 83% des inscrits, contre 12% issus des établissements privés. Les candidats libres constituent, quant à eux, 5% des effectifs.
La filière Économie et gestion demeure la plus représentée avec 56.201 candidats, devant les Sciences expérimentales (28.780) et les Lettres (26.685). Les filières Techniques, Informatique, Mathématiques et Sport complètent la répartition des candidats.
Des dispositifs spécifiques ont également été mis en place pour certains candidats. Des sujets adaptés sont prévus pour les élèves en situation de handicap, notamment grâce à l’agrandissement des caractères et à la mise à disposition d’épreuves en braille pour les malvoyants. Plus d’un millier de candidats bénéficieront également d’un temps supplémentaire.
Cette session est aussi marquée par la participation de trente candidats détenus dans des établissements pénitentiaires ainsi que de trois enfants atteints de xeroderma pigmentosum, surnommée la « maladie des enfants de la lune ».
Des réseaux de fraude de plus en plus structurés
À quelques jours du démarrage des épreuves, le ministère de l’Éducation avait rappelé les sanctions prévues contre toute fraude ou tentative de fraude, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation menée sur les réseaux sociaux.
Le ministère avait notamment insisté sur l’interdiction d’introduire des téléphones portables, tablettes, écouteurs ou tout autre dispositif électronique permettant la transmission ou la réception d’informations dans les centres d’examen.
Des espaces spécifiques ont également été aménagés dans les centres d’examen afin de permettre aux candidats de déposer téléphones portables et appareils électroniques avant le début des épreuves.
Les autorités avaient par ailleurs évoqué un renforcement des opérations contre les réseaux spécialisés dans la triche scolaire. Ces derniers mois, plusieurs saisies de mini-oreillettes, stylos Bluetooth, cartes SIM, batteries et autres équipements électroniques destinés à la fraude avaient été annoncées.
Fin avril 2026, Sahbi Amri chef de service à la sous-direction de la recherche économique et financière au département de la police judiciaire relevant du ministère de l’Intérieur, avait expliqué, sur les ondes de la Radio nationale tunisienne, que les réseaux de fraude fonctionnaient désormais comme de véritables organisations structurées, actives principalement sur les réseaux sociaux et proposant parfois des « packs VIP » aux candidats.
Le responsable avait également estimé que la mise en place d’un brouillage des communications autour des centres d’examen demeurait techniquement complexe, en raison des perturbations qu’elle pourrait provoquer pour les structures et services situés à proximité des établissements scolaires.
I.N.










