La Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS) a annoncé, lundi 22 juin 2026, le démarrage du versement des pensions de retraite au titre du mois de juin.
Dans un communiqué, la caisse indique que les pensions versées par virement bancaire ont commencé à être créditées dès ce lundi 22 juin 2026. Pour les pensions versées par voie postale, les opérations débuteront à partir de mardi 23 juin 2026.
Ce versement anticipé intervient à la veille de la grève générale observée dans le secteur bancaire. Sans que la CNRPS n’établisse de lien officiel, cette avance d’une journée pourrait être interprétée comme une mesure destinée à limiter les désagréments pour les retraités face aux perturbations attendues.
Un accès aux pensions qui pourrait être compliqué
Si les virements bancaires ont bien été lancés, l’accès effectif aux pensions pourrait s’avérer plus compliqué pour une partie des retraités. La grève doit en effet toucher l’ensemble des banques, des établissements financiers et des compagnies d’assurance du pays, avec une absence totale des employés dans les sièges, directions et agences, selon les consignes de la Fédération générale des banques, des établissements financiers et des compagnies d’assurance relevant de l’UGTT.
Cette situation risque de perturber les opérations réalisées habituellement aux guichets bancaires. Or, de nombreux retraités continuent de privilégier les retraits en agence ou l’assistance du personnel bancaire pour accéder à leurs revenus, sans recourir aux services numériques ou aux distributeurs automatiques.
Les bénéficiaires des pensions versées via la Poste peuvent, quant à eux, être moins affectés par ce mouvement social, les transferts postaux devant commencer mardi 23 juin.
Un conflit social toujours dans l’impasse
Pour rappel, la grève a été décidée par la Fédération générale des banques, des établissements financiers et des compagnies d’assurance pour protester contre la dégradation du pouvoir d’achat des salariés du secteur, l’absence d’augmentations salariales au titre de 2025 et le blocage des négociations sociales depuis 2024.
Les syndicats dénoncent également les répercussions de la Loi de finances 2025 sur les revenus des employés des banques et des assurances. Malgré plusieurs tentatives de médiation et de reprise du dialogue, aucun accord n’a été trouvé à ce jour entre les représentants des salariés et les organisations patronales.
À la veille du mouvement, la fédération syndicale a renouvelé son appel à une participation massive des employés, confirmant le maintien de la grève dans l’ensemble des établissements concernés.
Ainsi, même si la CNRPS semble avoir pris les devants en avançant le versement des pensions avant le déclenchement de la grève, cette précaution ne suffira pas nécessairement à éviter les difficultés que pourraient rencontrer de nombreux retraités pour accéder à leurs fonds durant les prochains jours en raison de la paralysie attendue du réseau bancaire.
I.N.












Commentaire
HatemC
Incomprehenssible ce bled …
La dépendance culturelle au guichet (Le « Chèque-Guichet »)
En Tunisie, une part très importante de la population âgée n’utilise pas de carte bancaire.
Beaucoup de retraités refusent d’avoir une carte pour éviter les frais bancaires annuels ou simplement par habitude.
Ils préfèrent retirer l’intégralité de leur pension en une seule fois, au guichet, en remplissant un chèque de retrait ou en présentant leur livret.
Satané UGTT
En Tunisie, parce que le « cash est roi » et que l’infrastructure numérique des banques reste lourde, fermer les agences revient littéralement à couper le courant de l’économie nationale. C’est pour cela que l’UGTT utilise cette grève comme une arme de pression massive : elle sait qu’elle bloque le pays tout entier, pas seulement les retraités ….
Un pays encore sous developpé et n’a pas fait le saut numérique
On ne peut pas réussir une transition numérique (la « numérisation » ou le digital) si une partie majeure de la population ne sait ni lire ni écrire, ou souffre d’ILLECTRONISME (l’illettrisme numérique, c’est-à-dire l’incapacité à utiliser les outils technologiques).
Tant que les réformes de fond sur l’éducation de base, l’alphabétisation des adultes et l’inclusion numérique ne seront pas menées, la Tunisie restera otage du « tout-cash ».
Une simple grève des banques continuera d’avoir le pouvoir de paralyser la vie de millions de personnes, simplement parce que l’alternative numérique n’est pas une option viable pour la majorité des citoyens.
Le développement économique ne se mesure pas au nombre d’ingénieurs que l’on forme pour l’export, mais à la capacité du citoyen le plus modeste à s’en sortir de manière autonome dans sa vie de tous les jours…. HC