La crise du médicament en Tunisie franchit un nouveau seuil d’alerte. Alors que les tensions persistent autour de la disponibilité des traitements et de la révision des prix de certains médicaments, la députée Bouthayna Ghanemi a dressé, samedi 8 août 2026, sur Diwan FM, un constat particulièrement alarmant sur la situation de la Pharmacie centrale, décrite comme étant « en état de mort clinique ».
Selon la députée, la Pharmacie centrale se trouve aujourd’hui dans une position devenue particulièrement fragile, alors même qu’elle constitue un maillon essentiel de l’approvisionnement des établissements hospitaliers publics. « Elle est le seul fournisseur pour les hôpitaux », a-t-elle expliqué, en mettant notamment en cause les dettes accumulées ainsi que les difficultés rencontrées dans l’approvisionnement en médicaments.
Cette situation a considérablement réduit les capacités de stockage et de distribution de la Pharmacie centrale. Alors qu’elle était auparavant en mesure d’assurer aux établissements hospitaliers des stocks pouvant atteindre six mois, elle ne disposerait désormais, selon Bouthayna Ghanemi, que d’environ deux semaines de médicaments.
Une évolution qui donne une mesure concrète de la fragilité du système. Car derrière les difficultés financières et les déséquilibres institutionnels, c’est la continuité des traitements qui se retrouve directement exposée. Les patients atteints de maladies chroniques figurent parmi les premières catégories susceptibles de subir les conséquences de ces tensions, leurs traitements nécessitant une disponibilité régulière et, souvent, sans interruption.
Cette alerte intervient quelques jours seulement après la publication, le 4 août, d’un communiqué signé par 17 députés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), consacré à la révision des prix de plusieurs médicaments.
Les parlementaires avaient alors averti que la crise actuelle ne pouvait être réduite à une simple question de tarification. Pour eux, les difficultés qui traversent la chaîne du médicament sont le résultat de déséquilibres beaucoup plus profonds touchant à la fois le financement, la gouvernance, les relations entre les différents acteurs du secteur, la situation des établissements publics et le rôle des caisses sociales.
Leur inquiétude portait également sur les conséquences sociales de toute hausse des prix. Dans un contexte économique déjà difficile pour de nombreux ménages, les patients atteints de maladies chroniques pourraient être particulièrement vulnérables à une augmentation du coût de leurs traitements.
Les députés avaient ainsi refusé que le patient devienne la variable d’ajustement d’un système confronté à des difficultés financières et organisationnelles accumulées au fil des années. À leurs yeux, le médicament ne peut être considéré comme une dépense pouvant être différée : il constitue une composante essentielle du droit aux soins et de la sécurité sanitaire.
N.J












Commentaire
Tunisino
On vous a dit que la Tunisie est en faillite non déclarée, ceci se voit tous les jours et à tous les endroits, surtout dans ce qui est public. Le bricoleur suprême, aventurier et suicidaire, ne fait que gagner du temps, le grand boom est inévitable! Tous est scientifique, le futur se prédit en apprenant du passé, sauf que les littéraires politisés sont limités et irresponsables.