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Mahdia : après la colère et les poursuites, la Sonede promet jusqu’à deux heures d’eau par jour

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Par Sarra Hlaoui

    Il aura fallu une mobilisation des habitants, une soirée de tension, des interpellations et des poursuites judiciaires pour qu’une solution provisoire soit annoncée à Borj Erras. À Mahdia, la Sonede prévoit de rétablir à partir de samedi 15 août 2026 un approvisionnement quotidien en eau potable dans cette zone, à raison d’une heure et demie à deux heures par jour.

    Une annonce qui pourrait difficilement être considérée comme un retour à la normale. Après plusieurs semaines de coupure, les habitants et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme évoquent plus d’un mois, tandis que les services du gouvernorat parlent de près de vingt jours, l’eau reviendra donc, mais au compte-gouttes.

    La mesure est présentée comme exceptionnelle et temporaire. Elle devrait être maintenue pendant plus d’une semaine, dans l’attente d’un retour à un approvisionnement « normal et régulier ».

    Le contraste avec les revendications des habitants est pour le moins saisissant. Ceux-ci étaient descendus dans la rue pour réclamer le rétablissement de l’eau, certains demandant simplement quelques heures d’approvisionnement par jour. Leur protestation avait dégénéré jeudi soir et débouché sur des interpellations, tandis que des qualifications pénales particulièrement lourdes, dont celles liées au « complot contre la sûreté intérieure de l’État », ont été évoquées dans le dossier.

    Et voilà donc la réponse apportée quelques heures plus tard : de l’eau, mais seulement une heure et demie à deux heures par jour.

    Une crise qui ne date pas d’hier

    La situation de Borj Erras ne constitue pas un incident isolé. Plusieurs zones de Mahdia, mais aussi de Sousse et de Monastir, connaissent depuis plusieurs semaines des perturbations de l’approvisionnement.

    Selon les services du gouvernorat, les coupures nocturnes interviennent quotidiennement depuis le 5 juillet, entre minuit et 5 heures du matin. Mais même lorsque le réseau est remis en service, certaines zones restent privées d’eau en raison de la faiblesse de la pression.

    Les secteurs situés en hauteur, notamment Borj Erras et Jebel Dar Wajeh, sont particulièrement touchés. Dans certaines habitations, seuls les logements situés au rez-de-chaussée parviennent à être alimentés.

    À Borj Erras, la situation a fini par transformer une difficulté technique en véritable crise sociale. La colère des habitants s’est accumulée au fil des semaines, jusqu’à la manifestation de jeudi soir, alors que les températures estivales rendent l’accès à l’eau encore plus crucial.

    Quand une crise de l’eau devient une affaire judiciaire

    C’est précisément ce qui donne à l’annonce de la Sonede une résonance particulière.

    La contestation provoquée par les coupures d’eau a donné lieu à des interpellations, dont celles de plusieurs mineurs, et à des poursuites dont la gravité a suscité de nombreuses réactions. La section de Mahdia de la LTDH et le Conseil régional de l’Ordre des avocats ont dénoncé la judiciarisation de la protestation et réclamé la libération des personnes retenues, finalement annoncée vendredi soir par la LTDH.

    Dans le même temps, les autorités annoncent une solution consistant à fournir quotidiennement entre une heure et demie et deux heures d’eau aux habitants.

    La séquence a quelque chose d’ironique : la protestation contre l’absence d’eau est devenue une affaire suffisamment sérieuse pour entraîner des poursuites judiciaires, tandis que la réponse apportée au problème de fond reste, elle, une distribution d’eau limitée à quelques heures par jour.

    La crise, elle, n’est donc pas réglée. Elle est simplement aménagée.

    Une pénurie qui dépasse les frontières de Mahdia

    Les services du gouvernorat rappellent que les difficultés d’approvisionnement ne peuvent être expliquées uniquement par une défaillance locale. Elles seraient liées plus largement à la capacité nationale à répondre à la demande en eau potable et à l’état des réserves hydriques.

    Plusieurs réunions et échanges avec les autorités centrales ont été organisés afin de chercher des solutions. Parmi les infrastructures attendues figure notamment la station de dessalement de Sidi Abdelhamid, à Sousse, dont la mise en exploitation a pris du retard et qui doit contribuer à renforcer l’approvisionnement en eau potable de la région.

    La question dépasse ainsi largement le seul cas de Borj Erras : elle renvoie aux limites d’un système confronté à une demande croissante et à des ressources sous pression.

    À Mahdia, la demande augmente mais pas la dotation

    Le gouvernorat met également en avant l’évolution de la consommation d’eau à Mahdia, devenue une destination touristique et balnéaire particulièrement fréquentée durant l’été.

    La consommation augmente avec l’afflux estival, alors que, selon les services régionaux, la dotation en eau accordée au gouvernorat reste inchangée.

    Le problème est donc assez simple à résumer : davantage de besoins, notamment en été, mais une quantité d’eau disponible qui ne suit pas au même rythme.

    Pour les habitants de Borj Erras, cette équation nationale a cependant une traduction très concrète, des robinets à sec pendant des semaines, une mobilisation pour réclamer de l’eau et, désormais, la promesse d’un approvisionnement quotidien limité à une heure et demie ou deux heures.

    Ce n’est pas encore un retour à la normale. C’est, au mieux, une parenthèse dans la soif.

    S.H

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    2 commentaires

    1. Gg

      Répondre
      15 août 2026 | 12h06

      Démographie.
      Lorsque j’étais petit, on apprenait qu’il y avait 2,3 milliards d’humains. Ma fille a appris 4,5 milliards, mon fils 6 millizrds, aujourd’hui nous sommes 8,5 milliards.
      Dans une génération nous serons 12 milliards.
      C’est absolument ingérable.
      Ceci et le réchauffement d’origine humaine + naturel nous impose de ne plus considérer l’eau douce comme une vile marchandise disponible à profusion, mais comme un bien précieux a protéger, gérer, et partager avec l’ensemble du vivant.
      Aujourd’hui un américain moyen consomme globalement 450l d’eau douce par jour. Un européen 250l.
      Dans certains pays on se contente de 10l par jour, dans les pires endroits c’est 1 à 2l par jour.
      Si nous, humains, refusons de voir cela, et si nous continuons à nous multiplier comme des crickets affamés, ce sera la fin de l’humanité.
      Nous devons apprendre à gérer la planète. Il faut 1 à 4 tonnes d’eau douce pour produire une batterie de voiture, c’est intenable, comme il est intenable de puiser l’eau fossile dans les nappes profondes.
      Nous avons peut-être encore le choix… peut-être.

    2. Gg

      Répondre
      15 août 2026 | 7h40

      Bien sûr la gestion, les fuites, mais que peut-on faire quand il n’y a plus d’eau?
      Attendre la pluie. Aucun gvt ne saurait faire pleuvoir. La seule chose que nous pouvons faire, attendre la pluie.
      J’ai de la famille dans un bled du côté de Siliana. Ils n’ont plus d’eau depuis 1 mois, plus du tout.
      En Hollande les canaux sont à sec, les bateaux reposent sur le fond.
      Tous les grands fleuves sont exsangues. Le Rhin a cessé toute navigation, on le traverse à pied. les grands fleuves sont à sec.
      La Loire, à sec. A Toulouse on traverse la Garonne à pied, de l’eau jusqu’aux chevilles.
      Le tiers des centrales nucléaires sont arrêtées, faute d’eau pour les refroidir. Malgré cela, la France exporte 25% de sa production d’électricité, car c’est pire chez les voisins.
      Les nappes sont dans un état de manque jamais vu.
      Les rivières et ruisseaux sont à 80% devenus des lits de cailloux.
      Dans Alpes le permafrost fond. Hier une avalanche de 15.000m³ de roche a dévalé du Mont blanc!
      Toute la nature souffre et meurt.
      Les incendies monstrueux ont ruiné la vie sauvage, maintenant ce qui a survécu meurt de soif.
      On voit des hardes de sangliers, des groupes de cerfs, dans les piscines qui ont su garder de l’eau.
      Les renards viennent dans les villages, faibles, chancelants. On leur donne à boire.
      L’heure n’est plus aux revendications, il faut s’unir et faire le gros dos.
      Courage à vous, bientôt, dans quelques jours ou semaines, l’eau du ciel reviendra…
      Alors nous pourrons nous poser les bonnes questions.

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