Le plafonnement des marges bénéficiaires sur les eaux minérales conditionnées, décidé par le ministère du Commerce mercredi 19 août 2026, intervient dans un contexte de forte tension sur le marché. Alors que les consommateurs signalent depuis plusieurs semaines des difficultés d’approvisionnement et des écarts de prix, les producteurs assurent que la situation ne s’explique pas par une baisse générale de la production.
Invité sur Jawhara FM jeudi 20 août 2026, Lassâad Mzah, président de la Chambre syndicale des boissons non alcoolisées, a apporté des précisions sur la disponibilité des eaux embouteillées, l’évolution des prix et les raisons de la tension observée dans certains points de vente.
Il a rappelé que la nouvelle tarification concernait aussi bien le commerce de gros que la vente au détail. Le ministère du Commerce a fixé la marge bénéficiaire brute maximale à 15% par bouteille pour les grossistes et à 15% pour les détaillants, calculée sur la base du prix d’achat net indiqué sur les factures.
Parallèlement, des prix maximums de vente au public ont été fixés. La bouteille de 0,5 litre ne doit ainsi pas dépasser 600 millimes, celle d’un litre 800 millimes, celle de 1,5 litre 850 millimes et celle de deux litres 950 millimes.
Lassâad Mzah a insisté toutefois sur un point : ces montants constituent des prix plafonds, et non nécessairement des prix obligatoires. Une bouteille peut donc être commercialisée à un tarif inférieur lorsque les conditions d’achat et de distribution le permettent.
Cette précision est importante dans un marché où les prix ont pu varier sensiblement d’un point de vente à l’autre, alors que les producteurs assurent ne pas avoir augmenté leurs prix.
Ce que change concrètement le plafonnement
Le président de la Chambre syndicale a assuré que les producteurs n’avaient pas procédé à une augmentation des tarifs malgré la progression de leurs coûts, soulignant que les professionnels avaient choisi, en coordination avec le ministère du Commerce, de ne pas répercuter immédiatement la hausse des coûts sur les consommateurs.
La question du prix doit par ailleurs être distinguée de celle de la disponibilité du produit, selon le responsable. La tension observée dans certains commerces n’avait, selon ses dires, aucun rapport avec les discussions autour des prix de vente.
Interrogé sur une éventuelle diminution de la production, il s’est montré catégorique : la production nationale n’a pas enregistré de baisse générale.
Des perturbations ponctuelles ont certes été enregistrées, notamment en raison de coupures d’électricité ayant affecté certaines unités pendant quelques journées. Mais ces incidents ne suffisent pas, selon lui, à expliquer une baisse globale de la production.
La réponse se trouve, selon le responsable, dans l’écart entre une production relativement stable et une consommation qui a brutalement augmenté.
Une demande dopée par la chaleur, des stocks sous pression
Les fortes températures enregistrées ces dernières semaines ont provoqué une hausse exceptionnelle de la consommation d’eau embouteillée.
Cette progression rapide de la demande a notamment entraîné une forte sollicitation des stocks régulateurs constitués pour absorber les variations du marché. Or, ces stocks avaient déjà été largement entamés.
La situation n’est par ailleurs pas uniforme sur l’ensemble du territoire.
Certaines régions ont connu davantage de tensions que d’autres, obligeant les producteurs et les autorités à réorienter les approvisionnements.
Lassâad Mzah a cité notamment des zones du Sahel où un effort particulier a été consenti afin de renforcer la distribution et d’éviter que le manque de bouteilles ne s’installe.
La coordination avec le ministère du Commerce permet ainsi, selon lui, d’identifier les zones en difficulté et d’y concentrer les quantités disponibles.
Les producteurs transmettent également des informations quotidiennes sur leur niveau de production afin d’adapter la distribution aux besoins du marché.
Pour le président de la Chambre syndicale des boissons non alcoolisées, l’évolution des températures sera déterminante dans les prochaines semaines.
N.J










