Il y a un mois, Business News constatait l’accélération de la contestation sociale. Depuis, le record établi en juin a été pulvérisé, les mouvements liés à l’eau et à l’électricité se sont multipliés et la colère a gagné les rues de Tunis. À Mahdia, elle a même contraint les autorités à libérer les personnes interpellées et à rétablir l’eau.
Le record n’aura tenu qu’un mois. En juin, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) avait recensé 867 mouvements sociaux, un niveau qui confirmait déjà l’accélération de la contestation observée depuis le début de l’année. En juillet, le compteur est monté à 1.101 mouvements, soit une progression de 27 % en trente jours et un nouveau sommet historique.
Le 14 juillet, Business News titrait : « Tunisie : la colère monte ». Il ne s’agissait pas d’une impression nourrie par quelques grèves ou manifestations isolées. Les chiffres du FTDES montraient que la contestation s’installait progressivement dans le paysage social tunisien et que la rue redevenait, pour de nombreux citoyens, le moyen le plus efficace d’obtenir une réponse.
Un mois plus tard, cette tendance ne s’est pas inversée. Elle s’est renforcée, étendue à l’ensemble du territoire et déplacée vers les besoins les plus élémentaires. L’eau et l’électricité occupent désormais le cœur des revendications. Les habitants ordinaires sont devenus les principaux acteurs des mobilisations. Et, en ce mois d’août, les premiers événements observés montrent que la colère ne s’est pas arrêtée avec les statistiques de juillet.
Le record de juin pulvérisé en juillet
Selon le dernier rapport de l’Observatoire social tunisien relevant du FTDES, 1.101 mouvements sociaux ont été recensés en juillet, contre 867 en juin. La hausse atteint 27 % en un mois. Par rapport à mai, le nombre de mouvements a plus que doublé.
La progression est d’autant plus significative que les mobilisations sociales ont habituellement tendance à ralentir pendant l’été. Cette fois, juillet n’a pas constitué une parenthèse. Il a prolongé et amplifié le mouvement observé au deuxième trimestre.
Le chiffre de 1.101 mouvements ne signifie évidemment pas que 1.101 cortèges ont traversé les villes tunisiennes. Le FTDES recense des formes de protestation très diverses : rassemblements, sit-in, grèves, barrages routiers, manifestations de colère, ports de brassards, grèves de la faim, appels au secours ou mobilisations relayées par les réseaux sociaux et les médias.
Cette diversité ne réduit pas la portée du constat. Elle montre au contraire que la protestation s’exprime désormais par tous les moyens disponibles. Lorsque les démarches administratives, les plaintes et les demandes adressées aux autorités restent sans réponse, les citoyens cherchent d’autres canaux pour se faire entendre.
La contestation a ainsi touché les 24 gouvernorats. Tunis arrive en tête avec 166 mouvements, mais la mobilisation ne se limite plus à la capitale ni aux grands bassins sociaux traditionnels. Kairouan, Monastir, La Manouba, Tozeur, Nabeul, Mahdia, Sidi Bouzid, Le Kef, Sfax, Bizerte, Gafsa, Sousse ou encore Kébili figurent également parmi les régions concernées. La colère n’est donc plus concentrée : elle se diffuse sur l’ensemble du territoire.











