Alors que les coupures d’électricité se multiplient en pleine vague de chaleur et que la Steg annonce de nouveaux délestages à partir de mercredi 26 août, le député Ahmed Saïdani a choisi l’ironie. Dans une publication Facebook mise en ligne mardi 25 août 2026, l’élu s’attaque, sans les nommer directement, aux explications complotistes régulièrement avancées pour expliquer les difficultés du pays.
« Ceux qui conspirent contre nous pour nous couper l’eau et l’électricité, envoyés par les Autres, les étrangers et les sionistes, pourquoi le feraient-ils ? », écrit-il en substance, poussant jusqu’à l’absurde la logique du discours qui attribue les difficultés du pays à des puissances étrangères.
« Les Italiens seraient-ils jaloux des sociétés communautaires qui contribuent à notre souveraineté alimentaire au point de vouloir les torpiller ? Les Français auraient-ils peur du bassin nucléaire des Aghlabides à Kairouan ? Les Américains seraient-ils jaloux de la piscine du Belvédère et de la fontaine de la place Barcelone, qu’ils auraient prises pour des plateformes de lancement de missiles ? Ou ça ne pourrait être que des sionistes contrariés par l’expérience des conseils locaux ? »
« Nous n’avons besoin de personne pour conspirer contre nous »
La chute du message est encore plus explicite. La Tunisie, estime Ahmed Saïdani sur le ton de la dérision, n’a même plus besoin d’un complot étranger : « Ils n’ont aucune raison de comploter contre nous. Nous sommes en train d’accomplir la mission à la perfection. »
Puis vient la formule qui résume sa charge : « Nous n’avons besoin de personne pour conspirer contre nous. Nous comptons sur nous-mêmes, même pour conspirer contre nous-mêmes. »
Derrière l’ironie, le député pose donc une question beaucoup plus sérieuse : jusqu’où peut-on expliquer les difficultés réelles du pays par l’intervention de forces extérieures, avant de devoir regarder du côté des choix, des politiques publiques et des responsabilités nationales ?

Un discours qui vise aussi les promesses du pouvoir
Le sarcasme d’Ahmed Saïdani ne tacle toutefois pas uniquement le récit complotiste porté notamment par le président de la République, qui affirmait encore cette semaine que les coupures d’électricité étaient intentionnelles.
Les références aux sociétés communautaires, à la souveraineté alimentaire ou encore aux conseils locaux renvoient directement à plusieurs piliers du projet porté depuis 2021 par le président Kaïs Saïed.
En les juxtaposant à des images volontairement absurdes — le bassin des Aghlabides transformé en installation nucléaire, la fontaine de la place Barcelone confondue avec une rampe de missiles — le député fait quelque chose de plus corrosif qu’une critique classique : il confronte le récit politique aux résultats concrets que les Tunisiens peuvent observer.
Sa dernière phrase achève le dispositif : « Je ne vais plus dire qu’il faut dire la vérité aux Tunisiens. Les Tunisiens ont compris et tout est clair. »
Saïdani, un critique pas comme les autres
La charge est d’autant plus piquante qu’Ahmed Saïdani n’est pas un opposant au président de la République.
Élu au Parlement en 2022, après la dissolution de l’ancien Parlement par Kaïs Saïed et la mise en place du nouveau système institutionnel, Saïdani appartient à la mouvance parlementaire qui s’est construite autour du nouveau pouvoir et qui a longtemps justifié ses actions.
Il continue d’évoluer dans le paysage institutionnel issu du 25-Juillet, mais s’autorise périodiquement des attaques particulièrement sévères contre le fonctionnement du pouvoir. Certaines lui ont d’ailleurs coûté cher.
En février 2026, il avait été arrêté puis condamné à huit mois de prison pour « atteinte à autrui via les réseaux publics de télécommunications », après une publication Facebook jugée insultante à l’égard du président. Il a finalement été libéré en mai dans le cadre d’une grâce présidentielle.
Cette précédente affaire avait montré jusqu’où pouvait aller le député dans sa critique du président. Quelques mois plus tard, Saïdani récidive, mais dans un registre différent.
Cette fois, il ne s’en prend pas frontalement à la personne de Kaïs Saïed. Il démonte par l’absurde un réflexe devenu récurrent, celui d’expliquer les difficultés du pays par des ennemis extérieurs plutôt que de s’attarder sur les responsabilités et les résultats.
Une critique d’autant plus mordante qu’elle vient de l’intérieur même du système qu’elle vise.
R.B.H











2 commentaires
Roberto Di Camerino
Combien de chefs d »Etat et hauts responsables ont declaré ; THE BUCK STOPS WITH ME,.
traduit par : La responsabilité finale m’incombe.
Mais dans le cas de ce president , tout est la faute de comploeurs et de forces exterieures.
Pas assez de personalité pour avouer ses echecs et en prendre responsabilité
La grande marche Kontorsionnante ou le grand bond à Kôté...
Bof…
Trop peu, trop tard et incomplet, Kamarade Kol mao miaou miaou Tsé Tsé Saidanung !
« On n’a besoin de personne pour conspirer contre nous »…DEPUIS procuration de gestion CONSENTIE des élites post processus décolonial et d’indépendance (partiels, inaboutis, inauthentiques bref mensongers) et dédiée au bénéfice de la Françalgériatrie des généraux et autre Mollah La Land via régimes bounKiba, zaba zinzinzolin et régime parjurant poutchiste des frêres Roi-Mollahs Qaramitas rawafidicKS appuyés de leur Karteron de généraux françalgériatriKS Qômplices et des idiots utiles QawmajiKO-kWA(da)TADicks de têtes Qômplices.
https://m.youtube.com/shorts/a50KfD-tRr4