La députée Fatma Mseddi interpelle le ministère de la Santé sur le bilan sanitaire de la vague de chaleur exceptionnelle qui a marqué la Tunisie durant l’été. Dans une publication diffusée mardi 8 septembre 2026, sur sa page Facebook, elle réclame la publication de données nationales précises sur les conséquences de cet épisode climatique sur la santé des Tunisiens.
« Où sont les chiffres ? »
Fatma Mseddi reconnaît « le caractère exceptionnel » de la vague de chaleur et ses conséquences potentielles sur la santé, notamment dans un contexte marqué, selon elle, par des perturbations dans l’approvisionnement en électricité et en eau. Mais la députée estime que le bilan doit désormais être établi sur la base de données précises et transparentes.
Elle demande ainsi au ministère de la Santé de communiquer le nombre de personnes affectées, les admissions dans les établissements hospitaliers, les cas ayant nécessité une prise en charge en réanimation ainsi que le nombre de décès enregistrés pendant la période de fortes chaleurs. « Où sont les chiffres ? », interroge-t-elle, appelant à la publication d’un «bilan national clair et transparent».
Distinguer les décès directement liés à la chaleur
Au-delà du simple décompte des décès enregistrés pendant la vague de chaleur, Fatma Mseddi demande également une évaluation scientifique permettant de déterminer les décès directement imputables aux températures élevées.
Elle évoque également la nécessité de mesurer l’augmentation du nombre de décès observée durant une période donnée par rapport au niveau habituellement enregistré.
Pour la députée, une telle évaluation permettrait de disposer d’une vision plus précise de l’impact réel de l’épisode caniculaire sur la santé publique.
Les décès en détention au cœur de sa prise de position
Fatma Mseddi aborde également la question des décès survenus dans les établissements pénitentiaires. Elle affirme ne voir « aucun problème » à ce qu’une enquête soit ouverte sur tout décès en détention, estimant que chaque décès dans un lieu de privation de liberté doit faire l’objet d’une recherche de la vérité et, le cas échéant, d’une identification des responsabilités.
Elle s’interroge toutefois sur ce qu’elle considère comme une différence de traitement entre ces décès et ceux de citoyens ordinaires survenus hors des lieux de détention.
La députée cite notamment les personnes susceptibles d’être décédées à leur domicile, dans la rue, sur leur lieu de travail sous de fortes températures ou à la suite de l’aggravation d’un problème de santé pendant la vague de chaleur.
« La vie du Tunisien ne se mesure pas au lieu de son décès »
Dans son intervention, Fatma Mseddi insiste sur le principe d’égalité face au décès, affirmant que la valeur d’une vie ne devrait dépendre ni du lieu où la personne est morte, ni de son appartenance politique ou de sa situation sociale.
Elle estime que les droits humains ne doivent pas être appliqués de manière « sélective » et que la compassion ne devrait pas devenir un instrument politique.
La députée appelle ainsi à une approche globale permettant de prendre en compte l’ensemble des victimes potentielles de la vague de chaleur, qu’elles soient décédées en détention ou en dehors de celle-ci.
Un appel à la transparence du ministère de la Santé
Fatma Mseddi demande finalement au ministère de la Santé de rendre publics les chiffres disponibles ainsi que la méthodologie utilisée pour établir le bilan sanitaire de la vague de chaleur.
Si des données préliminaires existent, elle demande qu’elles soient publiées. Si le lien entre les températures extrêmes et certains décès nécessite une étude spécifique, elle appelle à sa réalisation et à la publication de ses conclusions.
Pour la députée, l’enjeu est de disposer d’un bilan fondé sur « la transparence, la science et l’égalité » entre les citoyens.
Elle conclut son message en soutenant que « chaque vie tunisienne a la même valeur et chaque famille ayant perdu l’un de ses membres a le droit de connaître la vérité ».

S.H













Commentaire
Nahor Guëttam
En d’autres mots, la députée Mseddi réclame une sorte d’égalité « mortuaire » plutôt que pointer en accusation la dérive de l’État de Droit et le manquement présidentiel face à ses promesses électorales non réalisées comme la flagornerie de l’ « État social » et de la « démocratie d’en bas », ainsi que l’abandon des responsabilités engagées avec les articles de la Constitution, principalement la vraie indépendance de la Justice, l’application des Droits Humains, la création d’une Cour Constitutionnelle… Au moment même qu’on demande à l’UE un « partenariat d’égal à égal » dans la tentative évidente de secourir en grand retard un pays en faillite socio-économique et institutionnelle !
Outre le triste bilan humain en nombre des décès, à combien doit être estimé la PERTE FINANCIÈRE ET EN CAPITAL HUMAIN DE TRAVAIL ET DE SOINS POUR LA TUNISIE ⁉️
Sûrement beaucoup plus de la dernière aide offerte par la République Fédérale Allemande, sûrement très très préoccupée par les conséquences migratoires d’un effondrement de l’État facilement prévisible dans les conditions actuelles.
Merci en tout cas à Mme Mseddi pour son appel.
N.G.M.