Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Équipements médicaux : les difficultés financières commencent à peser sur les stocks

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Imen Nouira

    Les difficultés financières des entreprises de dispositifs et d’équipements médicaux commencent à avoir des conséquences concrètes sur leurs capacités d’approvisionnement. La profession fait désormais état d’un manque de certains dispositifs et équipements médicaux, alors que les tensions de trésorerie continuent de peser sur le financement des importations et le maintien de stocks suffisants. La Chambre syndicale nationale des entreprises de dispositifs et d’équipements médicaux réclame ainsi une accélération du règlement des créances dues par les structures publiques de santé.

    Dans un communiqué publié mercredi 9 septembre 2026, la chambre, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), est revenue sur les conclusions de son assemblée générale tenue lundi 7 septembre, en présence des représentants des entreprises adhérentes.

    Cette réunion était consacrée au suivi des travaux de la commission mixte entre le ministère de la Santé et la chambre ainsi qu’à l’évaluation de la situation actuelle du secteur.

    Les professionnels ont salué la mise en place de cette commission et les démarches visant à accélérer le traitement des dossiers en suspens. Parmi les principaux dossiers figurent le paiement des créances accumulées au profit des entreprises auprès des établissements et structures publics de santé ainsi que les procédures relatives à la levée des garanties bancaires.

    Des difficultés financières qui persistent

    Mais, parallèlement à ces discussions, les difficultés financières persistent. Les représentants des entreprises ont fait part de leur inquiétude face aux pressions qu’elles exercent sur leur capacité à financer leurs opérations d’importation et à conserver des stocks suffisants.

    La chambre signale surtout un manque de certains dispositifs et équipements médicaux. Un constat qui donne une dimension supplémentaire aux difficultés financières dénoncées depuis plusieurs mois par la profession : les tensions ne concernent plus seulement la trésorerie des entreprises, mais affectent également leur capacité à maintenir les niveaux de stocks nécessaires.

    Face à cette situation, les professionnels appellent à poursuivre la recherche de solutions « pratiques et urgentes ». Ils demandent notamment d’accélérer le paiement des créances accumulées et de régler les situations financières en suspens, afin de permettre aux entreprises de poursuivre leur activité, d’honorer leurs engagements et d’assurer la continuité de l’approvisionnement des structures sanitaires.

    La chambre affirme, de son côté, être disposée à poursuivre la coordination et le dialogue avec le ministère de la Santé et les autres parties concernées afin de surmonter les difficultés actuelles et de préserver la stabilité du secteur ainsi que la continuité de l’approvisionnement.

    Du cri d’alarme de juillet à l’échéance du 31 août

    Cette nouvelle mise en garde s’inscrit dans une crise qui dure depuis plusieurs mois. Début juillet, les représentants du secteur avaient expliqué que l’accumulation des impayés des structures publiques de santé, qui remonte à plusieurs années, avait fortement détérioré la trésorerie des entreprises.

    Certaines sociétés avaient déjà été contraintes, depuis janvier 2026, de suspendre l’approvisionnement de certains établissements de santé pour concentrer leurs efforts sur le recouvrement de leurs créances. Les professionnels avaient également alerté sur la diminution des stocks de dispositifs et de matériels médicaux ainsi que de pièces de rechange nécessaires à la maintenance des équipements hospitaliers.

    La majorité de ces produits étant importée, les difficultés de trésorerie avaient également commencé à compromettre la capacité des entreprises à passer de nouvelles commandes. Le président de la chambre syndicale, Lotfi Ben Yedder, avait alors expliqué que certains fournisseurs étrangers devenaient plus réticents à accorder des délais de paiement aux opérateurs tunisiens.

    Le 7 juillet, le vice-président de la chambre, Slim Ammar, avait averti que, si les créances dues à plus de 600 entreprises n’étaient pas réglées avant le 31 août 2026, le secteur se retrouverait dans une situation de « force majeure ». Les professionnels avaient précisé ne pas vouloir interrompre leurs activités, mais ne plus disposer des moyens financiers leur permettant de poursuivre normalement les livraisons et les prestations de maintenance.

    Quelques jours plus tard, le ministère de la Santé avait engagé des discussions avec la profession. Lotfi Ben Yedder avait annoncé, le 11 juillet, qu’une première réunion s’était tenue avec le ministre de la Santé et que le département, en coordination avec le ministère des Affaires sociales, s’était engagé à mobiliser des financements durant juillet et août pour alléger les tensions de trésorerie. Aucun montant n’avait alors été annoncé.

    Une commission mixte avait parallèlement été décidée pour examiner les dossiers en suspens, notamment les garanties bancaires et les pénalités de retard liées aux perturbations de l’approvisionnement. C’est cette même commission dont la chambre salue aujourd’hui les travaux et dont elle souhaite voir les démarches accélérées.

    Le communiqué du 9 septembre intervient toutefois après l’échéance du 31 août. Il ne précise ni le montant des créances éventuellement réglées depuis les engagements pris en juillet, ni celui des financements effectivement mobilisés. Il ne revient pas non plus sur la situation de « force majeure » évoquée par la profession. Une chose ressort néanmoins du nouveau constat dressé par la chambre : les difficultés financières demeurent, continuent de peser sur les importations et les stocks et s’accompagnent désormais d’un manque de certains dispositifs et équipements médicaux.

    I.N.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *