L’Association tunisienne des jeunes avocats (ATJA) a dénoncé, mardi 15 septembre 2026, la publication sur plusieurs pages des réseaux sociaux de photos et de données personnelles de confrères, en lien avec des faits faisant actuellement l’objet d’enquêtes de la part des autorités compétentes.
Dans un communiqué, l’association condamne fermement toute forme de diffamation visant des personnes faisant l’objet d’enquêtes, estimant que la diffusion de leurs photos et informations personnelles transforme des dossiers encore au stade de l’instruction en matière de « dénonciation » et de condamnation préalable.
La présomption d’innocence rappelée
L’ATJA souligne que le fait qu’une personne soit recherchée ou interpellée dans le cadre d’une affaire, quelle qu’en soit la nature, ne signifie pas qu’elle est coupable et ne saurait engager sa responsabilité pénale avant l’achèvement des investigations, le procès et le prononcé d’un jugement définitif.
L’association rappelle ainsi que la présomption d’innocence constitue l’un des principes fondamentaux d’un procès équitable : toute personne mise en cause demeure présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par une décision judiciaire définitive.
Pour l’ATJA, le respect de l’indépendance de la justice ne saurait être confondu avec l’acceptation de « procès » menés sur les réseaux sociaux. Elle estime au contraire que le respect de la justice implique de laisser les autorités judiciaires compétentes accomplir leur mission à l’écart des pressions, de la diffamation et des tentatives d’influencer ou d’orienter l’opinion publique.
L’ATJA annonce des poursuites
L’association dénonce également la diffusion de photos, d’identités et d’informations personnelles, notamment celles d’une consœur, dans le but de porter atteinte à sa réputation et à sa considération professionnelle et personnelle.
Elle affirme que la publication, en dehors des cadres prévus par la loi, de photos et de données liées à une affaire judiciaire encore au stade de l’enquête est susceptible d’engager les responsabilités légales correspondantes.
L’ATJA annonce avoir commencé à surveiller et à recenser les pages, comptes et personnes ayant délibérément publié, ou repartagé, notamment la photo de la consœur, dans des publications ou commentaires comportant des éléments de diffamation ou de condamnation préalable.
Elle indique qu’elle prendra les mesures juridiques nécessaires et déposera des plaintes auprès des autorités compétentes contre toute personne dont la responsabilité serait établie, tout en se réservant l’ensemble des droits et procédures prévus par la loi.
« Les jugements sont rendus par les tribunaux »
Tout en réaffirmant son respect total de la justice et des investigations en cours, l’Association tunisienne des jeunes avocats appelle à mettre fin à la logique de « procès avant le procès » et à l’utilisation des réseaux sociaux comme espaces de condamnation.
L’association insiste sur un principe : les jugements sont rendus par les tribunaux et non par les pages des réseaux sociaux.
Elle précise enfin que la défense de la présomption d’innocence ne constitue ni une défense du crime ni une justification d’un acte, mais une défense de l’État de droit et des garanties d’un procès équitable, dont chacun est susceptible de bénéficier.
S.H











