Treize personnes interpellées dans la nuit de dimanche à lundi 21 septembre 2026, après la mobilisation réclamant la libération des détenus de la Flottille Soumoud, ont été placées en garde à vue. Parmi elles figure un mineur, selon la Coordination de défense des activistes de la Flottille Soumoud.
Des sources proches du dossier avaient affirmé à Business News, lundi 21 septembre 2026, que la décision de placement en garde à vue avait été prise à l’encontre des activistes et participants interpellés dans le cadre de cette affaire.
La coordination de défense a, depuis, confirmé ces placements en garde à vue et précisé que les avocats des personnes concernées n’avaient pas encore été informés des accusations qui leur étaient imputées.
Elle a également indiqué qu’une famille entière avait été interpellée durant la nuit, avant que deux de ses membres ne soient remis en liberté. Les premières informations recueillies faisaient état de l’interpellation de Souhail Chebbi, de Thouraya Chtiba et de leurs deux filles. Des informations avaient ensuite circulé faisant état de la libération de ces dernières. Le communiqué de la coordination confirme la remise en liberté de deux membres de la famille, sans toutefois préciser leur identité.
Les interpellations sont survenues quelques heures après la manifestation organisée samedi 19 septembre dans les rues de Tunis en soutien aux quatre membres de la coordination tunisienne de la Flottille Soumoud actuellement détenus à la prison de la Mornaguia.
Les premières informations avaient fait état d’une quinzaine d’interpellations. Parmi les personnes concernées figurent notamment Adam Mbarek, Ghaith Hamrouni, Kais Bouzouiza, Souhail Chebbi, Thouraya Chtiba, Marouen Bedhiafi, Rachid Othmani, Meriem Halfawi et Adel Ben Ghazi. La coordination de défense a indiqué qu’elle communiquerait la liste définitive des personnes maintenues en garde à vue dès qu’elle aurait été informée des accusations retenues contre elles.
Treize gardes à vue, mais toujours pas d’accusations communiquées aux avocats
Les premières informations diffusées après les arrestations ne permettaient pas encore de connaître le statut juridique exact des personnes interpellées. Le communiqué de la coordination de défense vient désormais le préciser.
À ce stade, selon la coordination de défense, les avocats des personnes gardées à vue n’ont pas encore été informés des accusations qui leur sont imputées.
Dans les heures ayant suivi les arrestations, des informations provenant de milieux proches du pouvoir avaient évoqué des faits qui relèveraient de « l’atteinte aux symboles de l’État et à ses institutions ». Cette version n’avait toutefois pas, à ce moment-là, fait l’objet d’une notification judiciaire officielle communiquée aux avocats ou rendue publique.
Les arrestations avaient également provoqué une forte mobilisation des avocats. Plusieurs défenseurs avaient tenté, durant la nuit, d’obtenir des informations sur le sort des personnes interpellées, sans parvenir immédiatement à déterminer où elles avaient été conduites ni dans quel cadre elles étaient retenues.
Cette difficulté à obtenir des informations précises avait alimenté l’inquiétude des proches et des militants, alors que les interpellations étaient intervenues quelques heures seulement après une manifestation publique organisée avec le soutien de plusieurs organisations syndicales et de défense des droits humains.
La coordination de défense avait, pour sa part, indiqué ne pas disposer immédiatement d’informations précises sur le nombre définitif des personnes arrêtées, leurs lieux de détention ou les motifs de leur interpellation. Son nouveau communiqué apporte donc des précisions sur le nombre de personnes maintenues en garde à vue, sans que les accusations qui les visent aient, selon elle, encore été communiquées à leurs avocats.
Une manifestation pour réclamer la libération de quatre détenus
Ces interpellations interviennent dans le prolongement de la mobilisation organisée samedi dans le centre de Tunis. Plusieurs centaines de personnes avaient défilé depuis le siège du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) pour réclamer la libération de Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri, Nabil Chennoufi et Wael Naouar.
La marche avait réuni, dans un même cortège, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’Ordre national des avocats, la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, le Syndicat national des journalistes tunisiens, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux et l’Association tunisienne des femmes démocrates.
Les manifestants avaient scandé des slogans en faveur de la Palestine, mais aussi contre les poursuites visant les membres de la Flottille Soumoud. « Criminaliser la solidarité avec la Palestine est une haute trahison », proclamait notamment une banderole placée en tête du cortège. D’autres slogans dénonçaient les poursuites contre les militants et réclamaient la libération des détenus politiques et d’opinion.
Les quatre membres de la coordination tunisienne de la Flottille Soumoud sont incarcérés depuis le 6 mars 2026. Leur détention provisoire a récemment été prolongée de quatre mois dans le cadre d’une enquête judiciaire portant notamment sur des infractions financières présumées liées à l’organisation de la flottille.
Selon la coordination de défense, Wael Naouar en est, lundi, à son 37e jour de grève de la faim. Nabil Chennoufi, Ghassen Henchiri et Ghassen Boughdiri en sont à leur douzième jour. L’avocat et militant Ayachi Hammami poursuit également une grève de la faim : il en est à son quatrième jour, en solidarité avec Wael Naouar et les autres détenus.
Les interpellations survenues après cette manifestation ajoutent ainsi un nouveau volet à un dossier déjà marqué par la détention des quatre membres de la Flottille Soumoud. Reste désormais à connaître les accusations retenues contre les treize personnes maintenues en garde à vue. Selon la coordination de défense, elles n’avaient toujours pas été communiquées à leurs avocats au moment de son communiqué.
I.N.










