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Menzel Bouzelfa : l’usine de mouches ravagée par les flammes après des semaines de tensions

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Par Nadya Jennene

    Dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 octobre 2026, l’usine de production de mouches de Menzel Bouzelfa, au cœur d’une vive contestation locale depuis plusieurs semaines, a été entièrement ravagée par un incendie. Le sinistre survient dans un climat de tension exacerbé par la mort de Houcine Dridi, un habitant de la région décédé dans un accident de la route alors qu’un mouvement de protestation se poursuivait devant le site industriel. Pour la députée de la circonscription, Rym Sghaier, ce drame aurait pu être évité si les décisions de fermeture annoncées avaient été effectivement mises à exécution.

    L’incendie a embrasé l’ensemble de l’usine. Interrogée jeudi matin sur les circonstances des événements, la députée Rym Sghaier a confirmé, sur les ondes de Jawhara FM, que le feu avait ravagé la totalité du site. Elle a toutefois laissé aux investigations sécuritaires le soin de déterminer les causes du sinistre et d’en établir les circonstances exactes.

    À ce stade, rien ne permet d’établir un lien entre l’incendie et l’accident de la route qui a coûté la vie à Houcine Dridi. Les deux événements s’inscrivent néanmoins dans un même contexte de crispation autour de cette installation industrielle, dont la présence au cœur de la ville suscite une opposition persistante.

    Depuis plusieurs semaines, l’usine de mouches cristallise les inquiétudes et la colère d’une partie des habitants de Menzel Bouzelfa. Le mouvement de protestation s’était traduit par un sit-in ouvert et pacifique devant l’établissement, situé dans une zone urbaine que la députée décrit comme particulièrement sensible en raison de la proximité des habitations, d’un établissement hospitalier et d’une école préparatoire.

    C’est dans ce climat tendu que des altercations auraient éclaté entre des citoyens et des personnes fréquentant l’usine, selon le récit livré par l’élue locale. La nature exacte de ces affrontements et le rôle des différentes personnes présentes restent à établir.

    Mais c’est surtout la mort de Houcine Dridi qui a donné à cette affaire une dimension tragique. L’homme a perdu la vie dans un accident de la circulation survenu sur une route située à quelque distance de l’usine. D’après la députée, il participait au mouvement de protestation.

    Présentant ses condoléances à la famille du défunt, elle a mis en cause la gestion du dossier par les autorités locales et régionales. Elle a déploré que l’absence d’une réponse administrative à la hauteur de la contestation avait contribué à la dégradation de la situation. 

    Au-delà de l’incendie, la députée a pointé un décalage entre les décisions de fermeture qui auraient été prises concernant l’usine et les mesures effectivement appliquées sur le terrain.

    Selon les informations dont elle dit disposer, et sur la base de ses échanges avec les ministères concernés, des décisions officielles de fermeture avaient été prises à l’encontre de l’usine de Menzel Bouzelfa ainsi que d’un établissement similaire situé à Grombalia. Elle a affirmé également que les autorisations correspondantes avaient été retirées.

    Or, selon son récit, les autorités régionales se seraient limitées à dépêcher une commission chargée de relever les irrégularités, sans procéder à l’exécution effective de la décision de fermeture.

    La députée a avancé qu’une intervention rapide aurait permis d’apaiser les tensions et d’éviter que le conflit ne s’envenime.

    La destruction de l’usine par les flammes constitue un nouveau tournant dans cette affaire. Elle ne clôt cependant ni le débat sur la légalité de l’exploitation du site ni celui sur la manière dont les autorités ont géré les contestations.

    Les investigations sécuritaires devront déterminer l’origine du feu, les circonstances dans lesquelles il s’est propagé à l’ensemble de l’établissement et les éventuelles responsabilités pénales. La députée a expressément appelé à laisser les enquêteurs accomplir leur travail avant de tirer des conclusions sur les événements de la nuit.

    Pour la députée, l’affaire dépasse désormais le seul cas de l’usine de Menzel Bouzelfa. Elle remet sur la table la question du cadre réglementaire applicable aux installations industrielles qui élèvent des mouches ou leurs larves dans le but de produire des protéines destinées à différents usages.

    Elle a affirmé que le Code de l’environnement avait fait l’objet d’un travail de révision et qu’une nouvelle étape législative devrait encore intervenir au Parlement. Cette évolution permettrait, à son sens, d’examiner les conditions dans lesquelles de telles activités peuvent être autorisées et de déterminer si les règles actuelles sont suffisamment adaptées à leurs particularités.

    L’enjeu est d’autant plus important que la production de protéines à partir d’insectes s’inscrit dans un secteur industriel émergent, dont les applications peuvent concerner l’alimentation animale ou d’autres filières. Son développement suppose cependant un encadrement précis des autorisations, des contrôles environnementaux et sanitaires, ainsi que des conditions d’implantation des installations.

    N.J

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