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Passeport, carte d’identité, permis : les démarches à distance promises avant fin 2026

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Par Imen Nouira

    Demander un passeport, renouveler sa carte d’identité ou son permis de conduire sans multiplier les déplacements, les files d’attente et les allers-retours entre administrations ? Ce qui relève encore, pour de nombreux Tunisiens, du parcours du combattant pourrait bientôt devenir plus simple. Le gouvernement promet de rendre plusieurs de ces démarches accessibles à distance avant la fin de l’année 2026. Une échéance qui approche à grands pas, alors que les citoyens attendent de pouvoir accomplir davantage de formalités administratives sans quitter leur domicile ou leur lieu de travail.

    Le ministre des Technologies de la communication, Sofiene Hemissi, a annoncé, vendredi 6 novembre 2026, le lancement prévu, avant la fin de l’année, de plusieurs services administratifs à distance. Il s’exprimait lors d’une audition parlementaire consacrée à l’examen du projet de budget de son département pour 2027, devant les commissions compétentes de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et du Conseil national des régions et des districts (CNRD), selon les informations rapportées par l’agence TAP.

    Au programme : des démarches qui touchent directement le quotidien des citoyens, de l’obtention de documents d’identité au paiement de certaines taxes, en passant par les formalités liées au permis de conduire. L’objectif affiché est de réduire les déplacements, de limiter les procédures papier et de faciliter les échanges avec l’administration.

    Passeport, carte d’identité, permis : quelles démarches seront possibles à distance ?

    Parmi les principaux services annoncés figurent les demandes de délivrance et de renouvellement de la carte d’identité nationale et du passeport. Le renouvellement du permis de conduire et la demande de certificat de résidence doivent également pouvoir être effectués à distance.

    À ces démarches s’ajoutent le paiement électronique des taxes municipales dans certaines municipalités et la déclaration fiscale à distance pour les personnes physiques.

    Concrètement, ces services devraient permettre aux citoyens d’engager plusieurs procédures administratives sans avoir à se présenter systématiquement aux guichets concernés. Pour une personne qui doit s’absenter de son travail, parcourir une longue distance ou patienter dans une administration pour déposer un dossier, le changement pourrait être appréciable.

    Mais une nuance mérite d’être soulignée. Pouvoir déposer une demande en ligne ne signifie pas nécessairement obtenir le document demandé sans aucun déplacement. Le ministre n’a pas précisé quelles étapes seront entièrement dématérialisées, si une présence physique restera nécessaire pour certaines formalités, ni les délais de traitement prévus.

    La distinction est particulièrement importante pour les documents d’identité, dont la délivrance peut nécessiter des opérations de vérification et de contrôle. À ce stade, les annonces portent sur l’accès à distance aux démarches, sans détailler l’ensemble du parcours que devra suivre l’usager.

    Autre interrogation : le calendrier. À moins de deux mois de la fin de l’année 2026, l’échéance annoncée se rapproche à grands pas. Pourtant, aucune date précise n’a été communiquée pour le lancement de chacun de ces services, laissant entière la question de leur mise à disposition effective dans les prochaines semaines.

    Khadamet : des services déjà accessibles, d’autres encore attendus

    Ces annonces s’inscrivent dans un programme de transformation numérique engagé depuis plusieurs mois. L’un de ses principaux outils est l’application mobile Khadamet, officiellement lancée fin août 2026. Selon Sofiene Hemissi, l’application donne accès à plus de quarante services administratifs grâce à l’identité numérique, dans un environnement sécurisé et unifié. Une nouvelle version doit être lancée début 2027, avec des prestations supplémentaires parmi celles les plus demandées par les citoyens. Le ministre n’a toutefois pas précisé si les nouvelles démarches relatives aux passeports, aux cartes d’identité ou aux permis de conduire seront directement intégrées à Khadamet ou accessibles par l’intermédiaire d’autres plateformes administratives.

    Le 15 août 2026, lors d’un conseil ministériel restreint présidé par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, l’exécutif avait déjà annoncé 114 projets de transformation numérique en cours de réalisation, dont certains affichaient un taux d’avancement supérieur à 90%. Plusieurs démarches aujourd’hui évoquées, notamment celles relatives aux documents d’identité, au permis de conduire et au certificat de résidence, figuraient déjà parmi les engagements présentés à cette occasion.

    Les déclarations du 6 novembre viennent donc fixer une échéance de lancement pour plusieurs projets annoncés depuis des mois, plutôt que présenter des démarches entièrement nouvelles.

    Certaines initiatives ont, entre-temps, commencé à prendre forme. C’est notamment le cas de la demande à distance de traduction en français des extraits de naissance, dont les modalités avaient été présentées par le ministère de l’Intérieur le 31 août 2026. Accessible à travers le Portail du citoyen grâce à l’identité numérique MobileID, ce service permet de déposer une demande sans se rendre à la municipalité du lieu de naissance. Le dossier reste toutefois traité par la mairie compétente, sans qu’un délai précis ait été annoncé pour l’obtention du document traduit.

    Concernant les passeports, Sofiene Hemissi a rappelé qu’un service de dépôt à distance des demandes de renouvellement avait été lancé en juin 2026, avant que le gouvernement n’évoque, en août, sa généralisation.

    La veille de son intervention, jeudi 5 novembre, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, avait également annoncé une phase expérimentale visant à intégrer la délivrance des passeports au système du consulat électronique, avec une généralisation progressive prévue en 2027. Ce dispositif concerne spécifiquement les Tunisiens résidant à l’étranger.

    Pour les citoyens, l’enjeu est désormais de savoir quelles démarches seront effectivement accessibles d’ici au 31 décembre 2026, quelles formalités pourront être accomplies sans déplacement et quels délais seront nécessaires pour obtenir les documents demandés. Car au-delà des annonces et des plateformes numériques, c’est la simplification réelle des procédures qui fera la différence.

    I.N.

    *Photo d’illustration

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