La Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’Homme (LTDH) a condamné, mardi 14 avril 2026, l’émission d’un mandat de dépôt à l’encontre de l’ancien bâtonnier et ex-président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc), Chawki Tabib, qualifiant la procédure d’« arbitraire » et de contraire aux garanties d’un procès équitable.
Dans un communiqué publié le jour même, l’organisation estime que la décision du juge d’instruction près du pôle judiciaire économique et financier a été prise en « violation manifeste » des procédures légales, soulignant que le mandat de dépôt a été émis sans audition préalable de l’intéressé.
Des garanties procédurales jugées bafouées
La LTDH considère que cette mesure constitue une atteinte aux droits de la défense ainsi qu’au principe de la présomption d’innocence, érigé en garantie fondamentale devant être assurée à tout justiciable.
L’organisation va plus loin en dénonçant ce qu’elle perçoit comme une instrumentalisation de la justice, évoquant une « nouvelle illustration » de l’usage du pouvoir judiciaire pour exercer des pressions sur des acteurs de la société civile, des responsables politiques, des journalistes et des avocats.
Réaffirmant son rejet de toute atteinte aux libertés individuelles et collectives, la Ligue met en garde contre toute tentative de restreindre le rôle des avocats dans la défense des justiciables.
Dans ce contexte, la LTDH appelle à la libération de Chawki Tabib et à l’abandon des poursuites engagées contre lui. Elle insiste également sur la nécessité de respecter scrupuleusement les procédures légales et de garantir les droits de la défense à toutes les étapes des poursuites.
Enfin, l’organisation exhorte à mettre un terme à toute instrumentalisation de la justice et à assurer son indépendance effective, tout en renouvelant son appel à la libération de l’ensemble des prisonniers d’opinion et détenus politiques.
S.H










