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Le SNJT dénonce la procédure visant Al Khatt et alerte sur une atteinte à la liberté de la presse

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Par Myriam Ben Zineb

    Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a exprimé, jeudi 23 avril 2026, sa « profonde inquiétude » face à la procédure judiciaire visant la dissolution de l’association Al Khatt, éditrice du média d’investigation Inkyfada. Dans un communiqué, il met en garde contre une dérive susceptible de porter atteinte à la liberté de la presse et à l’existence des médias indépendants.

    Le SNJT souligne que la demande de dissolution, qui doit être examinée le 11 mai prochain par le tribunal de première instance de Tunis, s’inscrit dans une dynamique plus large de pressions croissantes sur le tissu associatif et médiatique indépendant en Tunisie.

    Une « cible indirecte » : Inkyfada

    Le syndicat insiste sur le fait que cette procédure dépasse le cadre d’une association pour toucher directement un acteur médiatique. Il considère que les mesures engagées, bien qu’enrobées d’un cadre légal et administratif, tendent en réalité à fragiliser une plateforme journalistique reconnue et à réduire au silence une voix importante du journalisme d’investigation.

    Pour le SNJT, une telle évolution constituerait un précédent « dangereux », susceptible d’ouvrir la voie à des actions similaires contre d’autres médias indépendants.

    Un parcours conforme à la loi, selon le syndicat

    Le communiqué rappelle que l’association Al Khatt, fondée en 2013 sous le régime du décret-loi 88 relatif aux associations, a joué un rôle clé dans le soutien au journalisme indépendant, notamment à travers la création et la gestion d’Inkyfada, ainsi que des initiatives liées à l’éducation aux médias et à l’accompagnement de la société civile.

    Le syndicat relève également que l’association s’est conformée, tout au long de son activité, aux obligations légales, répondant aux demandes d’audit et aux correspondances administratives.

    Il dénonce en revanche une série de mesures engagées depuis fin 2023, évoquant un « processus d’épuisement » marqué par des blocages de financements et une multiplication des procédures administratives et judiciaires, susceptibles de menacer la continuité de ses activités.

    Un contexte de réforme sensible

    Le SNJT replace cette affaire dans un contexte plus large, marqué par les débats en cours à l’Assemblée des représentants du peuple autour de la réforme du cadre juridique des associations. La question du financement, notamment étranger, cristallise les tensions, avec des propositions visant à renforcer les mécanismes de contrôle et de transparence.

    Dans ce climat, le syndicat met en garde contre un usage des outils administratifs, financiers et judiciaires qui pourrait restreindre la liberté d’organisation et d’expression, et fragiliser les fondements d’un journalisme libre.

    Appel à respecter les libertés fondamentales

    Le SNJT réaffirme que la liberté de la presse et le travail associatif constituent des droits fondamentaux, garantis par la Constitution et les conventions internationales, et ne sauraient être remis en cause.

    Il exprime sa solidarité avec l’association Al Khatt et les équipes d’Inkyfada, dénonce la procédure de dissolution et appelle les autorités à respecter leurs engagements en matière de protection de la liberté d’expression.

    Le syndicat affirme enfin qu’il se tient prêt à engager toutes les formes de mobilisation légales pour défendre la liberté de la presse et garantir aux journalistes un environnement de travail libre et indépendant.

    M.B.Z

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