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Recours de la LTDH contre sa suspension : la justice reporte l’examen du dossier

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Par Nadya Jennene

    L’examen du recours introduit par la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) contre la suspension de ses activités n’a finalement pas eu lieu, mercredi 6 mai 2026. Saisie en référé, la justice a décidé de reporter l’audience à une date ultérieure, à la demande de la défense, a annoncé le président de la Ligue, Bassem Trifi.

    Ce recours constitue le cœur de la riposte engagée par la LTDH face à une décision de suspension qu’elle juge « arbitraire ». Pour ses avocats, il s’agit désormais de préparer une réponse structurée aux arguments avancés par le représentant de l’autorité publique. D’où la demande de report, acceptée par la chambre des référés près le Tribunal de première instance de Tunis, afin de disposer du temps nécessaire pour examiner les observations de la partie adverse.

    Autour de cette bataille judiciaire, la mobilisation s’organise. Selon Bassem Trifi, pas moins de 180 avocats et avocates se sont constitués pour assurer la défense de l’organisation, un chiffre qui illustre l’ampleur de l’enjeu et la sensibilité du dossier.

    À l’origine de cette procédure, une décision de suspension d’un mois notifiée à la Ligue le 24 avril 2026. Immédiatement, la LTDH a dénoncé une mesure infondée et annoncé son intention de la contester par les voies légales, tout en appelant à la mobilisation pour défendre la liberté associative.

    Au-delà du cas de la Ligue, l’affaire s’inscrit dans un climat de pressions croissantes sur les organisations de la société civile. Plusieurs structures ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’elles perçoivent comme un tournant préoccupant.

    Parmi elles, Association des magistrats tunisiens a dénoncé une décision prise « sans motif valable », mettant en garde contre un recul des libertés fondamentales, notamment celles d’expression, de réunion et d’association.

    Même son de cloche du côté de Ordre national des avocats de Tunisie, qui a exprimé dès le 27 avril sa « vive inquiétude », estimant que la suspension de la LTDH s’inscrit dans une série de mesures visant les associations. L’Ordre a réaffirmé son soutien à la Ligue, saluant son rôle historique dans la défense des droits humains.

    Enfin, Union générale tunisienne du travail a, elle aussi, tiré la sonnette d’alarme. Son bureau exécutif national considère que cette suspension constitue un précédent dangereux, susceptible d’éroder un acquis majeur des Tunisiens : la liberté d’action associative.

    Dans l’attente de la prochaine audience, le recours de la LTDH reste donc suspendu, mais loin d’être abandonné.

    N.J

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