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Bouderbala célèbre la coordination des institutions pendant que les ministres désertent le Parlement

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Par Raouf Ben Hédi

    Alors que l’Assemblée des représentants du peuple traverse depuis plusieurs jours une séquence délicate autour de la suspension des activités de contrôle parlementaire en raison de l’indisponibilité annoncée des ministres durant tout le mois de mai, le président du Parlement, Brahim Bouderbala, a choisi de mettre en avant, face à une délégation canadienne, le bon fonctionnement des institutions tunisiennes.

    Recevant lundi 11 mai 2026 au palais du Bardo le président de la Chambre des communes du Canada ainsi qu’une délégation parlementaire canadienne, le président de l’ARP a notamment tenu à présenter « les prérogatives attribuées au Parlement conformément à la Constitution de juillet 2022 ».

    Mais c’est surtout un passage précis du communiqué officiel qui n’a pas manqué d’attirer l’attention dans le contexte politique actuel. Brahim Bouderbala y affirme que « les fonctions exécutive, législative et judiciaire jouissent chacune d’une indépendance totale dans l’exercice de leurs missions et travaillent dans l’harmonie et la coordination ».

    Une précision institutionnelle livrée avec beaucoup de solennité au moment même où le Parlement tunisien traverse une polémique inédite autour de l’absence programmée des membres du gouvernement des séances parlementaires et des auditions en commission durant tout le mois de mai.

    Depuis plusieurs jours, députés et observateurs s’interrogent en effet sur les conséquences de cette décision gouvernementale sur la mission de contrôle parlementaire. Plusieurs séances de questions orales et auditions ont déjà été reportées, tandis que le Bureau de l’ARP continue officiellement d’afficher un fonctionnement « normal » des travaux parlementaires.

    Dans ce contexte, l’évocation par Brahim Bouderbala d’institutions travaillant « en harmonie et en coordination » face aux invités canadiens ressemble presque à une manière élégante de reformuler la situation actuelle. Une harmonie institutionnelle visiblement si parfaite que l’exécutif peut désormais suspendre sa présence au Parlement pendant un mois entier sans provoquer de véritable crise politique.

    Le contraste reste d’autant plus saisissant que cette déclaration intervient quelques jours seulement après une séquence ayant mis en lumière les limites très concrètes de la capacité du Parlement à exercer son contrôle sur le gouvernement.

    Officiellement, tout fonctionne donc en parfaite « indépendance » et dans un « équilibre harmonieux ». Même lorsque les députés continuent d’adresser des questions écrites à des ministres temporairement absents de l’hémicycle. Une conception du dialogue institutionnel qui a au moins le mérite de démontrer une certaine créativité administrative.

    R.B.H

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