À la veille de l’Aïd el Kebir, alors que les prix de la viande ovine atteignent des niveaux records sur plusieurs marchés, la Société Ellouhoum a annoncé, mardi 26 mai 2026, la mise à disposition de viande de mouton locale au prix de 46,500 dinars le kilogramme dans plusieurs points de vente à Tunis.
Avec cette opération, l’entreprise publique cherche à répondre à une partie de la demande au moment où de nombreux ménages peinent à acheter un mouton ou même quelques kilogrammes de viande pour célébrer la fête.
Une vente encadrée, mais des quantités inconnues
Dans son communiqué, Ellouhoum a indiqué que cette viande sera commercialisée à travers quatre points de vente : El Ouardia, cité Ibn Sina, l’avenue de la Liberté et le Marché central.
La société n’a toutefois fourni aucune précision sur les quantités disponibles, un point qui soulève déjà des interrogations sur la portée réelle de cette initiative.
Ces opérations de vente à prix encadrés attirent généralement une forte affluence. Lors de précédentes distributions similaires, des scènes de bousculade avaient parfois été enregistrées sous l’effet de la forte demande.
Des prix qui étouffent les ménages
Cette annonce intervient alors que la flambée des prix de la viande rouge continue de peser lourdement sur le pouvoir d’achat.
Lundi 25 mai 2026, la vice-présidente de l’Organisation tunisienne de défense du consommateur (ODC), Thouraya Tabassi, avait tiré la sonnette d’alarme face à une situation particulièrement difficile pour de nombreuses familles tunisiennes.
Elle avait indiqué que le kilogramme de viande d’agneau, vendu autour de 64 dinars quelques jours auparavant, avait grimpé jusqu’à 82 dinars dans certains points de vente.
La responsable avait également dénoncé la hausse des prix de plusieurs produits de grande consommation, notamment les légumes et les abats, eux aussi devenus hors de portée pour une partie des ménages.
Une fête sous pression
Pour de nombreux Tunisiens, acheter un mouton pour l’Aïd est devenu impossible. Certains tentent désormais d’acheter seulement quelques kilos de viande pour préserver un minimum l’esprit de la fête.
Dans plusieurs marchés et points de vente, la frustration monte face à des prix excessifs, tandis que de nombreuses familles disent ne plus être en mesure de préparer l’Aïd comme les années précédentes. L’ODC avait également alerté sur le rôle des circuits parallèles et de certains revendeurs informels, accusés d’alimenter la spéculation et de désorganiser davantage le marché.
Hier, le président de la République, Kaïs Saïed, a lui aussi évoqué la question des dérives spéculatives lors d’une réunion au palais de Carthage consacrée notamment aux opérations menées contre des réseaux de monopole et de spéculation dans plusieurs régions. Il a réaffirmé la poursuite des interventions de l’État pour mettre fin à ce qu’il a qualifié de « hausse criminelle et excessive des prix », alors que le pouvoir d’achat reste sous forte pression à la veille de l’Aïd el Kebir.
M.B.Z












