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Bach Chaouch : la propagande officielle qui passe sous silence les circonstances de son arrestation

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    Vendredi 12 juin au soir, la Télévision et la Radio publiques ont diffusé une courte information affirmant que l’ancien ministre de la Culture Ezzeddine Bach Chaouch se trouve au service de cardiologie de l’hôpital Charles-Nicolle, où il reçoit « les soins nécessaires » et bénéficie d’un « suivi médical continu ».

    Le texte, repris ensuite quasiment mot pour mot par quelques médias, dont Attessia, commence par une formule intrigante : « contrairement à ce qui circule sur certaines pages des réseaux sociaux ».

    Contrairement à quoi ? Le lecteur ne le saura pas.

    La dépêche ne précise ni les informations qu’elle entend démentir ni les publications auxquelles elle fait référence. Elle se contente d’annoncer la présence d’Ezzeddine Bach Chaouch à l’hôpital, comme s’il s’agissait d’un simple point de situation médicale déconnecté de tout contexte.

    Or c’est précisément ce contexte qui constitue l’information.

    Âgé de 88 ans, l’ancien ministre de la Culture fait partie des cinq personnes visées par des mandats de dépôt émis mercredi 10 juin par la chambre d’accusation près la Cour d’appel de Tunis dans le cadre d’une affaire liée à la gestion et à la cession d’un terrain relevant de la municipalité de Carthage.

    Vendredi, l’avocat de la famille, Sami Ben Ghazi, a livré une version particulièrement préoccupante des circonstances de son arrestation. Selon les informations communiquées par sa sœur, le mandat de dépôt a été exécuté tard dans la nuit du 10 juin. Des agents sont venus le chercher alors qu’il se trouvait dans son lit médicalisé. L’avocat affirme également qu’il n’a pas été autorisé à emporter la bouteille d’oxygène qu’il utilise pour respirer.

    Dans son texte, la télévision nationale ne dit rien de ces éléments.

    Elle ne dit rien non plus de l’âge du détenu, de son état de santé, ni des circonstances ayant conduit à son hospitalisation.

    À lire la dépêche, Ezzeddine Bach Chaouch est simplement présenté comme un patient hospitalisé et pris en charge par les services médicaux. La question de savoir pourquoi un homme de 88 ans, décrit par ses proches comme dépendant d’une assistance respiratoire et incapable de se déplacer seul, se retrouve aujourd’hui dans un service de cardiologie après son placement sous mandat de dépôt est soigneusement évacuée.

    Plus troublant encore, la dépêche ne répond à aucune des interrogations soulevées depuis deux jours. Elle ne fournit aucun élément sur la décision judiciaire, aucun éclairage sur les conditions d’exécution du mandat de dépôt et aucune explication sur les raisons ayant nécessité son admission à l’hôpital.

    Elle se limite à assurer que l’intéressé reçoit les soins nécessaires.

    La question qui agite une partie de l’opinion publique depuis la révélation de l’affaire n’est pas de savoir si Ezzeddine Bach Chaouch est soigné. Elle est de comprendre comment les autorités ont pu juger nécessaire l’incarcération préventive d’un homme de 88 ans dans un état de santé aussi fragile, et dans quelles conditions cette décision a été mise en œuvre.

    En évacuant l’ensemble de ce contexte, les médias publics ont transformé un sujet judiciaire et humain sensible en simple communiqué sanitaire.

    L’exercice n’a rien du travail journalistique. Il relève davantage d’une communication propagandiste visant à répondre à l’émotion suscitée par l’affaire sans répondre aux questions qu’elle soulève.

    La reprise quasi mécanique du même texte par quelques médias rappelle d’ailleurs à quel point la machine de propagande officielle continue de fonctionner à plein régime. Une information minimale, dépourvue de contexte et attribuée à de mystérieuses « sources concordantes », est diffusée simultanément par les médias publics puis relayée ailleurs sans vérification, sans enrichissement et sans le moindre regard critique.

    Au final, cette dépêche prétend corriger une information. Elle réussit surtout à en faire disparaître une autre, celle qui dérange.

    La diffusion de cette dépêche a rapidement suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, notamment parmi les internautes suivant de près l’actualité politique et judiciaire. Beaucoup ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une opération de communication destinée à occulter les circonstances réelles de l’arrestation d’Ezzeddine Bach Chaouch et la décision de justice ayant conduit à son placement sous mandat de dépôt.

    L’avocat Faouzi Maalaoui a réagi avec ironie à la version relayée par les médias publics. « Selon ce que j’ai compris du communiqué de la télévision nationale, sur la base de sources concordantes, contrairement à ce que prétendent certains avocats et certaines pages rémunérées, M. Bach Chaouch était malade chez lui et ses enfants refusaient de le soigner, ce qui a contraint l’autorité judiciaire à intervenir d’urgence en émettant un mandat de dépôt afin de le transférer de force à l’hôpital Charles-Nicolle pour garantir son droit aux soins », a-t-il écrit.

    Un ancien conseiller parlementaire s’est, lui aussi, interrogé sur la nature même du message diffusé. « Est-ce une information, un démenti officiel ou de la propagande ? », a-t-il demandé, relevant que la télévision nationale évoquait des informations diffusées « contrairement à ce qui a été relayé » sans préciser qui était visé ni sur quelles sources elle s’appuyait. Il a également questionné l’absence de documents, de preuves ou d’identification claire de l’institution à l’origine de cette version des faits.

    Le journaliste Fahem Boukadous a, de son côté, publié une analyse plus approfondie sur ce qu’il considère comme un glissement préoccupant de l’information publique vers la communication institutionnelle. Selon lui, le principal problème ne réside pas dans l’exactitude de l’information selon laquelle Ezzeddine Bach Chaouch est hospitalisé, mais dans l’effacement du contexte qui lui donne son sens.

    Il relève ainsi que la télévision tunisienne, suivie par plusieurs autres médias, a choisi de mettre en avant l’hospitalisation de l’ancien ministre et archéologue âgé de 88 ans, tout en reléguant au second plan, voire en passant sous silence, l’élément central de l’affaire : l’émission d’un mandat de dépôt à son encontre et les interrogations soulevées par les conditions de son exécution.

    Pour Fahem Boukadous, une information peut être factuellement exacte tout en devenant trompeuse lorsqu’elle est privée des éléments essentiels permettant au public de la comprendre. Il rappelle qu’en journalisme, la vérité ne réside pas uniquement dans l’exactitude des faits rapportés, mais également dans leur hiérarchisation et leur contextualisation. Dans le cas présent, estime-t-il, l’hospitalisation constitue une conséquence d’un événement beaucoup plus important : une décision judiciaire controversée ayant suscité un vif débat public. Faire de cet élément secondaire le cœur du récit médiatique revient, selon lui, à présenter aux citoyens une vision incomplète de la réalité.

    R.B.H

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    Commentaire

    1. Ca s appelle la Kulture du silenciage et son système merdiatiK exéKutif.

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      13 juin 2026 | 12h39

      ImamatriKulés QômcepSion…

      LIBERTE DIGNITE DE TRAITEMENT ET SOLIDARITE SANS EKSCEPTIONS AUX CENTAINES DE DETENU.E.S POLITIQUES COMME D OPINIONS, VICTIMES DES ACHARNEMENTS ET HARCELEMENTS JUDICIAROSEKURITAIRES KAFKAIESKS DU REGIME TRIPLEMENT ILLEGITIME DE ROI MOLLAH ZAIFOUN DERNIER QARAMITA, NAOUFELON SECOND ET KARTERON PLUS DEUX DE GENERAUX QÔMPLICES FRANCALGERIATRIKS.

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