Le député Mohamed Ali a vivement critiqué, jeudi 9 juillet 2026, le projet de Plan de développement 2026-2030, lors de la séance plénière de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), estimant que les députés étaient appelés à approuver un document sans avoir été réellement associés à son élaboration et sans disposer des éléments permettant d’en apprécier la crédibilité.
« Un chèque en blanc » accordé pour cinq ans
Dès l’entame de son intervention, le député a dénoncé une procédure qu’il juge purement formelle. « Aujourd’hui, il ne nous est pas demandé de voter une loi ordinaire, mais d’accorder un chèque en blanc pour cinq ans », a-t-il déclaré.
Selon lui, le Parlement est invité à approuver un plan dont il n’a pas participé à la préparation et qui ne laisse aucune place à de véritables amendements. « Ce n’est pas un débat, mais la dernière étape d’une procédure de ratification », a-t-il affirmé, s’interrogeant sur le rôle de l’Assemblée.
Des objectifs économiques insuffisamment étayés
Mohamed Ali a ensuite remis en cause les hypothèses économiques retenues par le gouvernement. Il a rappelé que le plan prévoit plus de 102 milliards de dinars d’investissements et vise un taux de croissance annuel moyen de 4,2%, tout en estimant que le document ne présente aucune étude démontrant la faisabilité de ces objectifs.
Il s’est interrogé sur les analyses ayant conduit à ces projections, notamment en matière d’investissement, de productivité et d’emploi, ainsi que sur l’absence de scénarios alternatifs prenant en compte une hausse des prix de l’énergie, une aggravation des tensions géopolitiques ou un ralentissement de la demande européenne.
Le député a également estimé que le gouvernement n’avait pas démontré sa capacité à mener à bien un programme d’une telle ampleur, rappelant que les taux de réalisation de l’investissement public sont restés inférieurs aux attentes ces dernières années.
Des interrogations sur le financement
Abordant le volet financier, Mohamed Ali a jugé les prévisions peu crédibles au regard de la situation des finances publiques. Il a rappelé que la dette publique avoisine, selon lui, 147 milliards de dinars, soit plus de 80% du produit intérieur brut (PIB), alors que le budget demeure déficitaire et que le taux d’épargne nationale reste faible.
Il a demandé des précisions sur les sources de financement des investissements annoncés, les conditions de leur mobilisation, les hypothèses retenues concernant le taux de change, la ventilation de la dette entre dette intérieure et dette extérieure, ainsi que sur les plans de secours en cas de dégradation de la conjoncture internationale.
Selon lui, le plan recense également un nombre important de projets sans établir une hiérarchisation claire des priorités ni démontrer la capacité de l’administration à les mettre en œuvre.
« Le passé ne peut pas tout expliquer »
Le député a par ailleurs critiqué le discours des autorités consistant, selon lui, à attribuer systématiquement les difficultés actuelles aux gouvernements précédents.
S’il a reconnu que la Tunisie avait hérité de lourds déséquilibres économiques et de décennies de mauvaise gouvernance, il a estimé que les sept dernières années devaient elles aussi être soumises à une évaluation. « La reddition des comptes se fait sur les résultats », a-t-il affirmé, considérant que les citoyens sont en droit de demander ce qui a été accompli durant cette période.
Appel à voter contre le projet
En conclusion, Mohamed Ali a assuré que son opposition ne portait pas sur le principe même de la planification, mais sur un projet qu’il juge dépourvu d’hypothèses économiques réalistes, de financement clairement identifié et de mécanismes efficaces de suivi et d’évaluation.
Estimant que le développement devait répondre aux besoins des régions marginalisées, des catégories vulnérables, des jeunes sans emploi, des agriculteurs et des travailleurs, il a appelé les députés à voter contre le projet de Plan de développement 2026-2030, afin de défendre, selon ses termes, « le droit du peuple à un développement réel, et non à un développement sur le papier ».
M.B.Z













2 commentaires
Citoyen_H
VU L’ÉTAT DANS LEQUEL,
vos prédécesseurs ont laissé le pays, je vous conseille de vous mettre en veilleuse et de ne pas vous faire remarquer !
le financier
La mediocrité a pris le pouvoir et la lacheté la regarde