La condamnation à un an de prison prononcée par défaut contre les journalistes Hamza Belloumi et Insaf Boughdiri ne produira pas ses effets. Réunie mardi 21 juillet 2026, la chambre correctionnelle estivale de la Cour d’appel de Tunis a accepté l’opposition formée par les deux journalistes, annulant ainsi le jugement rendu en leur absence et ordonnant un nouvel examen de l’affaire.
La juridiction a fixé une nouvelle audience au 2 décembre 2026, date à laquelle le dossier sera réexaminé sur le fond.
Une affaire qui remonte à 2015
Le dossier trouve son origine dans une plainte déposée par l’ancien président de la République, Moncef Marzouki, après la diffusion, en mai 2015, d’une vidéo le concernant dans l’émission « Le Huitième Jour » (Al Youm Athamen), diffusée sur Al Hiwar Ettounsi.
À l’époque, la séquence avait été présentée comme contenant des propos appelant à la violence, suscitant une vive polémique. Il est apparu par la suite que la vidéo avait été sortie de son contexte. Moncef Marzouki avait engagé une procédure contre plusieurs personnes impliquées dans la diffusion de cette séquence.
Hamza Belloumi et Insaf Boughdiri avaient, de leur côté, reconnu une erreur professionnelle. Un correctif ainsi que des excuses publiques avaient été présentés, les deux journalistes estimant que cette faute relevait des mécanismes de rectification propres au travail journalistique et non d’une infraction pénale.
Une condamnation vivement contestée
Le 18 juillet dernier, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) avait dénoncé la condamnation en appel des deux journalistes à un an de prison et 8.000 dinars d’amende, exprimant sa solidarité avec eux et appelant la Cour d’appel à revenir sur sa décision.
Le syndicat avait notamment critiqué le recours à un jugement rendu par défaut, estimant qu’il privait les journalistes de leur droit à la défense et des garanties d’un procès équitable.
Le SNJT avait également rappelé sa position constante : les litiges liés au travail journalistique doivent être appréciés à la lumière des spécificités de la profession. Selon lui, une erreur professionnelle ne saurait être automatiquement assimilée à une infraction pénale, en particulier lorsqu’aucun élément ne permet d’établir une intention de diffuser une information fausse.
L’affaire rejugée
L’opposition introduite par Hamza Belloumi et Insaf Boughdiri a été acceptée par la Cour d’appel. Conformément à la procédure, cette décision annule les effets du jugement rendu par défaut et rouvre entièrement le dossier devant la juridiction d’appel.
La condamnation prononcée précédemment n’est donc plus exécutoire. L’affaire sera désormais rejugée lors de l’audience du 2 décembre 2026, au terme de laquelle la Cour d’appel se prononcera à nouveau sur le fond du dossier.
S.H










